Le Jura Agricole et Rural
Les producteurs d'AOC s'inquiètent
Réforme de l'OCM viticole
Jura agricole et rural
Publié le:  11 mai 2007
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Lors d’une rencontre le 26 avril, les producteurs français et italiens de vins de qualité ont vivement déploré que Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’agriculture, ne semble pas mesurer les conséquences liées à la libéralisation des plantations dans les zones d’appellation.

Un constat identique a également été fait par l’assemblée des régions européennes (Arev) qui, dans une résolution adoptée le 21 avril, demande à la Commission européenne de corriger le tir avant la présentation de sa proposition législative prévue le 4 juillet. Les deux plus importantes organisations européennes de producteurs de vins de qualité la Cnaoc (confédération nationale des producteurs de vin et eaux-de-vie de vin à appellation d’origine contrôlée-France) et la Federdoc (confederazione nazionale dei consorzi volontari per la tutela delle denominazione di origine-Italie) reprochent à la Commission de pas prévoir les instruments nécessaires à l’adaptation et à la gestion des vins AOC. Une telle demande, soulignent-elles, a été faite le 19 avril par les producteurs de vins de qualité allemands, espagnols, français, italiens et portugais. « C’est une vue de l’esprit d’imaginer que l’on peut gérer la production des vins de qualité si l’on ne maîtrise plus collectivement les surfaces plantées, et par conséquent les quantités produites dans chaque appellation », s’alarme Christian Paly, président de la Cnaoc. « Cette libéralisation des plantations risque d’entraîner une surproduction, poursuit-il, et de nombreuses appellations qui aujourd’hui ont des marchés équilibrés pourraient demain être déstabilisées et les prix des vins risquent de chuter ».

Un doublement dans les côtes-du-rhône ?

La Cnaoc met en garde contre le fait qu’une libéralisation non maîtrisée des plantations provoquera des écarts dans certaines appellations européennes entre les aires délimitées et les surfaces actuellement plantées. Ainsi, les vignobles pourraient passer de 60 000 à 350 000 hectares dans la Rioja, de 61 000 à 120 000 hectares dans les côtes du Rhône et de 45 000 à 250 000 hectares à Porto. La Cnaoc et la Federdoc ont aussi insisté sur l’importance de la mise en place d’une politique de promotion ambitieuse pour donner de véritables perspectives économiques à la filière vin.

Les deux organisations s’inquiètent des orientations de la Commission qui semble vouloir concentrer sa politique de promotion uniquement sur les marchés extérieurs. Riccardo Ricci Curbastro, président de la Fderdoc, réclame plus d’ambition pour le secteur : « La politique de promotion et de communication ne peut faire abstraction du marché intérieur car il représente 75 % du marché mondial », indique-t-il.

Les régions d’Europe défendent la spécificité de l’agriculture. De son côté, l’assemblée des régions européennes viticoles (Arev) a adopté le 21 avril une résolution invitant la Commission à corriger les incohérences de son premier projet de réforme. Cette organisation a notamment lancé une sérieuse mise en garde contre les conséquences désastreuses d’une libéralisation des plantations. L’Arev met l’accent sur le fait que le nivellement et la standardisation des vins sur le modèle des producteurs du Nouveau monde ne constituent pas une solution d’avenir pour l’Europe. Elle estime à ce propos qu’il ne serait pas judicieux de modifier la présentation de la catégorie des vins de table, car cela conduit à affaiblir la position des vins de qualité bénéficiant d’une indication géographique. Par ailleurs, l’Arev souligne que la viticulture et le marché du vin présentent beaucoup de particularités qui rendent nécessaire une organisation de marché spécifique.

Selon elle, les instruments de la Pac, notamment le découplage des aides, ne sont pas en adéquation avec les exigences d’un secteur dynamique axé sur le marché comme la filière vitivinicole. L’Arev refuse donc que le marché du vin soit soumis à une organisation de marché unitaire valable pour toutes les productions agricoles ainsi que le transfert des moyens budgétaires du premier au second pilier.


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