Le Jura Agricole et Rural
La «douloureuse» des dégâts de gibier
Fédération des chasseurs du Jura
Jura agricole et rural
Publié le:  16 mai 2007
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La facture de dégâts de gibier est une véritable « douloureuse » pour les chasseurs jurassiens. Son montant augmente alors que le nombre de chasseurs diminue… Cela n’empêche pas la fédération de poursuivre son travail et de faire de la chasse un partenaire à part entière de l’environnement et de l’aménagement des territoires ruraux.

La saison 2005-2006 s’est traduit par une augmentation significative de la facture « dégâts de gibiers » à la Fédération départementale des chasseurs du Jura. « Tout cela doit nous faire réfléchir, a averti le président Lagalice au cours de l’assemblée générale qui a réuni un parterre de plus de mille chasseurs à Juraparc, à Lons-le-Saunier. Nous savons comment faire monter les populations de sangliers, nous savons mal les estimer et les gérer pour qu’elles commettent peu de dégâts. Je le redis : il est hors de question de laisser faire une situation qui conduirait à la multiplication des dégâts et à des comportements aberrants de la part des chasseurs. Dans l’état actuel des possibilités des chasseurs jurassiens, je rappelle que cela fait cinq ans que nos prélèvements tournent entre 3 500 et 4 000 animaux : la population sanglier semble donc bien installée… »

Dans tous les cas, les chasseurs connaissent l’impact de ces dégâts sur leurs finances. La note est « douloureuse », des ACCA sont au bord du dépôt de bilan… D’où une nécessaire interrogation sur les mesures à mettre en œuvre…

Cette question des dégâts de gibier a été reprise par Dominique Chalumeaux, le président de la chambre d’agriculture qui a d’emblée rappelé que « les agriculteurs ont toujours été favorables au principe même de la chasse… » Il a dit sa déception sur le bilan de la dernière rencontre entre les bureaux de la chambre et de la fédération. « Je tiens à entamer mon mandat sur de nouvelles bases, a-t-il averti, en travaillant sur des sujets qui nous rapprochent plutôt que sur des sujets qui nous divisent. »

Premier exemple : l’étude sur les zones humides : « Je suis convaincu de l’intérêt de les inventorier mais je souhaite que cela se fasse avec une concertation locale active de manière à ne pas rajouter de contraintes… »

Sur le dossier des dégâts de gibier, Dominique Chalumeaux salue le « travail difficile et courageux réalisé par les experts » et exprime deux attentes fortes : la régulation du sanglier et la prise en compte d’espèces comme le blaireau… « Nous sommes condamnés à nous entendre, à communiquer plus, à conduire ensemble des actions de formation », a-t-il lancé à l’égard du président Lagalice, lequel a souhaité que « cette entente ne soit pas qu’une entente de façade… »

Partenaire de la ruralité

Pour sa part, Jean-Marie Sermier a rendu l’hommage du conseil général aux bénévoles que sont les chasseurs et au travail réalisé dans le cadre de leurs ACCA. « Votre fédération est devenue un partenaire complet de la ruralité. Nous sommes une même famille qui doit s’unir autour des mêmes valeurs pour que notre territoire continue à être accueillant, actif, et nous fasse vivre, les uns et les autres… »

Sur le sujet du bien-être animal, le député a estimé que le sujet « avait été pris en mains par un certain nombre de lobbies » et que « quelques cas avaient été utilisés pour pondre des textes qui ne nous satisfont pas… La chasse a permis le maintien de la biodiversité et, du même coup, permet de réaliser des économies dans les finances publiques… »

Jacques Pélissard, le député-maire de Lons-le-Saunier, est pour sa part resté dans un rôle de juriste, rappelant les conflits et l’instabilité juridique qui perduraient depuis cinq ans : « les deux lois, dont celle de 2005, ont remis de l’ordre et ont placé la chasse au cœur du développement des territoires ruraux. Depuis, le climat et l’état d’esprit ont changé ! »

Les trois programmes

Trois grands projets rentrent en plein dans des objectifs de gestion des espaces que s’est fixés la fédération départementale. Il s’agit tout d’abord du programme « Interreg cerfs », programme européen qui vise à étudier la colonisation naturelle du cerf sur le massif. Il concerne 550 000 hectares de forêts, 50 000 chasseurs en France et en Suisse. Étalé sur trois années, il bénéficie d’un financement, côté français, de 323 000 euros. Ce programme vise à anticiper les difficultés qui pourraient être générées par le cerf, à suivre et maîtriser les populations en mettant en place des politiques de gestion coordonnées grâce à des

outils communs.

Les premiers résultats sont connus : les cerfs sont bien plus présents que tous les indices relevés jusque-là le montraient. Et, première conséquence, des bracelets de grands cervidés seront distribués aux chasseurs des communes de la haute chaîne.

Le second projet est le programme « Équilibre faune-flore », projet régional de 179 000 euros pour le Jura. Sur six sites, l’objectif sera de mieux suivre les populations de chevreuils pour optimiser un plan de chasse en fonction des capacités d’accueil des massifs forestiers.

Enfin, le troisième projet est celui de l’inventaire des zones humides de moins d’un hectare. Il s’agit là de localiser et de caractériser ces zones dont l’existence garantit le maintien de l’activité

cynégétique. C’est un programme

de 339 000 euros, financé à 60% par l’Agence de l’eau. En 2006, 627 milieux ont été prospectés sur 172 communes. Cette année, 134 communes sont déjà en cours d’étude.

Nouveau conseil d’administration

Ont été élus :

Secteur n° 1 : Fabrice Ocler (7 639 voix).

Secteur n° 3 : Christian Lagalice (6 652 voix).

Secteur n° 5 : Michel Benoit (7 615 voix).

Secteur n° 8 : Alain Petite (7 619 voix).

Secteur n° 9 : Michel Liégeon (7 288 voix).

Secteur n° 13 : Jean-Pierre Martorell (7 483 voix).

Secteur n° 14 : Françoise Benoit (7 473 voix).

Dieter Roy qui se présentait sur le secteur n°3 a obtenu 761 voix et n’a pas été élu.


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