Le Jura Agricole et Rural
Après le rachat de quota, une aide à l'arrêt de production
Syndicat des betteraviers Centre-Est
Jura agricole et rural
Publié le:  25 mai 2007
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Les abandons de production de sucre dans le cadre du fonds de restructuration européen sont très inférieurs aux prévisions. Une aide incitative à l'arrêt de la production sera proposée aux planteurs. Quel impact pour l'usine d'Aiserey dont les planteurs viennent de participer au rachat de 147 000 tonnes de quotas additionnels ?

L’assemblée générale du Syndicat betterravier du Centre-Est, mercredi 16 mai à Brazey-en Plaine, a commencé par un tour d’horizon de l’actualité sucrière française et internationale avec l’intervention d’Alain Jeanroy, directeur général de la CGB. Il a rappelé les différentes étapes de la réforme sucrière et les demandes de la Confédération générale des planteurs de betteraves. Sur les six millions de tonnes de quota sucre qui doivent disparaître d’ici 2010 (pour atteindre l’équilibre entre l’offre et la demande de sucre) seuls 2 Mt ont été abandonnés à ce jour. La Commission propose des améliorations pour rendre le fonds de restructuration plus attractif, et éviter que les pays les plus compétitifs soient les plus touchés. « La CGB agit pour que l’amélioration du fonds permette de favoriser les abandons dans les pays les moins compétitifs et pour que les aides prévues par le fonds de restructuration compensent mieux les pertes subies par les planteurs qui arrêtent la production betteravière », rappelle Alain Jeanroy. Une aide spécifique de 35 à 45 euros par tonne, voire plus selon la volonté des sucreries, sera attribuée aux planteurs qui veulent arrêter de produire. Particulièrement incitative en 2007, elle diminuera en 2008. Éloignement de l’usine, faible surface de production, baisse du prix de la betterave, aides compensatoires totalement découplées et conditions de livraison plus sévères. Autant de raisons qui peuvent amener certains agriculteurs à abandonner la betterave.

« La sucrerie d’Aiserey va réaliser une enquête auprès des planteurs pour déterminer les conditions de ces arrêts de production », précise Frédéric Legrand, président du Syndicat betteravier. « Une baisse de production qui n’ira pas au-delà des 13,5% imposés », assure-t-il et qui devrait ramener la sucrerie à son niveau de production d’avant l’attribution des quotas additionnels. Opération blanche ou presque. « Les planteurs se félicitent de l’attribution de quotas sucre additionnels mais considèrent qu’aucune participation financière n’aurait dû leur être demandée », ne manquent pas de rappeler les représentants du syndicat betteravier.

Quant au nouvel accord tare-terre, il est jugé très pénalisant pour notre région. Bernard Paillet, vice-président du Syndicat betteravier du Centre-Est est catégorique : « Nous devons nous mettre au travail dans le cadre de la commission mixte pour en atténuer les conséquences ». En 2006, la commission avait décidé de suspendre l’application du protocole tare-terre afin de favoriser les arrachages.

Éthanol, un avenir possible

La CGB suit de prêt l’utilisation non alimentaire des sucres. À l’automne 2006, elle a obtenu des pouvoirs publics que des agréments fiscaux supplémentaires soient délivrés à des usines d’éthanol existantes afin de faire bénéficier le plus grand nombre de planteurs du plan biocarburants mis en œuvre par le gouvernement français. Le prix des betteraves destinées à la production de sucre industriel (éthanol, alcool, autres usages non alimentaires) est dorénavant indiqué dans l’engagement d’achat, et la CGB a obtenu du ministère de l’Agriculture qu’une mission se penche sur le processus de contractualisation du prix des betteraves éthanol et le niveau de ce prix.

La filière betterave « sucre-alcool-éthanol » devrait également bénéficier de la mise en place de la filière Super-éthanol (E85) utilisable par les moteurs Flex fuel mais, affirme la CGB, le développement d’une filière éthanol passe en priorité par l’incorporation directe de l’éthanol dans les essences à hauteur de 10%, seul moyen d’utiliser la totalité des agréements distribués.

La sucrerie d’Aizerey n’a pas encore contractualisé de quotas de betterave éthanol en son nom propre. « Mais dans l’avenir nous saurons répondre présent », assure Frédéric Legrand qui ne doute pas des atouts du Centre-Est : une sucrerie avec des ratios de production dans la moyenne française, un rayon d’approvisionnement réduit, une interprofession réactive, du personnel compétent et enfin des planteurs motivés et techniques.

L’assemblée générale s’est terminée par une présentation de l’ITB portant sur les différentes méthodes et logiciels permettant d’appréhender les changements climatiques ainsi que les essais de variétés résistantes aux stress hydriques. Les hivers aussi ont changé : moins de gel. La betterave d’hiver, avec un petit coup de pouce de la génétique, pourrait bientôt devenir une nouvelle culture dans nos régions.

« Nous avons encore des marges de progrès importantes pour conserver et développer notre économie betteravière et sucrière », conclut le président Legrand.

Campagne 2006/2007 : 10,4 tonnes de sucre par hectare

La campagne 2006/2007 s’est déroulée du 3 octobre au 12 décembre (71 jours), avec un rendement moyen de 60,1 tonnes par hectare et une richesse de 17,26 soit 66 tonnes ramenées à 16 de richesse. La tare collet est de 9,4% soit un point de moins que les deux années précédentes. La tare déchet est un peu grévée par les conditions d’arrachage (sec en septembre mais humide en octobre). Les betteraves se sont bien conservées au silo et le syndrome des basses richesses était peu présent. Les 349 planteurs représentant 5 555 hectares ont livré 366 574 tonnes pour un quota de 358 996 tonnes. Le Jura compte 101 hectares de betteraves pour 93 exploitations. 7 578 tonnes de betteraves excédentaires ont été affectées pour les sucres à usage non alimentaire au prix de 18 euros la tonne. Le quota de l’usine est aujourd’hui de 397 363 tonnes dont 147 091 tonnes de quotas additionnels obtenus en 2006.

Irrigation : Trois retenues d’eau en Côte-d’Or

Le projet de l’Association syndicale agricole (ASA) du Bas-Mont en plaine dijonnaise, après 10 années d’études et de démarches, arrive enfin à son terme. Trois retenues colinéaires vont ainsi être creusées d’ici le 15 juin sur les communes de Varois-et-Chaignot, Saint-Julien, Couternon pour stocker 259 000 m3 d’eau durant l’hiver. L’occasion pour le syndicat betteravier de rappeler la nécessité d’une irrigation de complément pour garantir un approvisionnement régulier de la sucrerie. « Les contraintes administratives risquent de bloquer tout projet d’irrigation raisonnée et de gestion de l’eau», alertent les représentants du la FDSEA et des JA de Côte-d'Or.


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