Le Jura Agricole et Rural
Gagner des quintaux, grâce à l'équipement
La récolte de colza
Jura agricole et rural
Publié le:  25 mai 2007
Page 6 

La barre de coupe avancée prolonge la coupe par des tables ou des tapis

Un colza a la réputation de verser et de s’égrener à la récolte. Cette affirmation s’avère de moins en moins valable grâce à la génétique et au matériel de récolte.

Par la génétique, les tenues de tiges se rigidifient, les ports des plantes sont de plus en plus buissonnants, les lignées sont de plus en plus courtes, et les nouveaux hybrides malgré leur hauteur s’avèrent de moins en moins sensibles à l’égrenage naturel, sans parler des variétés hybrides demi-naines qui apportent un avantage en bordure littorale.

Récolter idéalement à 9 % d’humidité

Et si la génétique variétale ne fait pas tout, choisir de bonnes conditions de récolte reste un minimum à respecter pour tendre aux normes de commercialisation (9 % d’humidité, 2 % d’impuretés et 40 % d’huile).

Un colza peut commencer à être récolté à 15 % d’humidité sans craindre de perte de rendement huile dans les graines. Il faut juste vérifier que le battage s’effectue correctement. La moissonneuse-batteuse doit égrener la quasi-totalité des siliques (les plus hautes comme les plus basses dans le couvert).

Le compromis se situe facilement autour de 10-9 % d’humidité. En dessous de 8 % d’humidité, l’égrenage naturel accroît les pertes et d’autant plus si la variété est haute (essai Cetiom, Dijon 2002).

Maladies de fin de cycle et fortes températures sont des facteurs qui accentuent aussi la dessiccation et l’égrenage naturel des siliques.

S’équiper de barres de coupe allongées

Au-delà des précautions à prendre pour optimiser la qualité de la récolte, le matériel de récolte apporte des quintaux.

En observant la part des pertes de graines au moment de la récolte, 44 % des pertes se situent sous la coupe.

La répartition des pertes s’avère plus importante au centre de la coupe classique à cause des renvois à terre des graines par les doigts escamotables. La solution est de faire appel à des barres de coupe avancées qui prolongent la coupe par des tables ou des tapis de 40 cm à 1m selon les modèles.

Ces rallonges de coupe permettent aussi un gain de temps. La répartition de la végétation à l’avant de la machine est plus homogène, l’avancée de la moissonneuse-batteuse est plus régulière et plus rapide.

On estime que le débit de chantier est amélioré de 30 %. La régularité d’avancement de la machine optimise le triage des grains, et peut réduire le taux d’impuretés à la récolte.

Parmi les barres de coupes avancées, on trouve soit des extensions de coupe. Ces tabliers sont adaptables aux machines existantes et demandent une installation d’un quart d’heure en moyenne (voir selon modèles). Il existe par ailleurs des coupes polyvalentes télescopiques intégrées à l’achat des moissonneuses batteuses. Ce type d’équipement permet d’adapter la profondeur de la coupe à l’espèce récoltée, à partir du poste de conduite. Le temps d’installation peut être ainsi réduit, mais le coût est plus élevé.

Pour le colza, il est néanmoins nécessaire d’adapter des diviseurs coupants de chaque côté de la coupe. Enfin certaines marques proposent aussi des coupes à tapis, non testées à ce jour au Cetiom (retrouvez la liste des différents matériels disponibles sur www.cetiom.fr).

Étant donné les niveaux de pertes couramment mesurés, l’équipement est assez rapidement amorti. Le Cetiom montre que pour des pertes moyennes de 1,5 q/ha avec un amortissement sur dix ans, une récolte de seulement 10 ha de colza par an suffit. Les coupes polyvalentes peuvent aussi s’amortir sur plusieurs cultures.

Bien régler la machine pour limiter les pertes à l’arrière

Les pertes à l’arrière de la machine ne sont pas négligeables (36 %). Au-delà de la perte de quintaux, ces graines sont de futures repousses dans la culture suivante. Il faut surveiller la présence de siliques non battues qui résulte d’une date de récolte trop précoce. Et il faut jouer sur les réglages, pour ne pas éjecter les petites graines et viser un taux d’impuretés juste inférieur à 2%. Le régime du batteur conseillé est de 8m/s, soit : diamètre du batteur (m) x 3,14 x vitesse (t/min)/60.


Newsletter GRATUITE
Sondage

Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?

  • Oui
  • Non
  • Ne sais pas

  • (C) Le Jura agricole et rural
    Partagez vos idées, écrivez-nous
    Webmaster