Le Jura Agricole et Rural
L'agriculture aura sa place
Les marchés du carbone
Jura agricole et rural
Publié le:  25 mai 2007
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Par la production de biomasse, l’agriculture participe positivement au cycle naturel en faveur du climat. Mais ce secteur d’activité peut lui aussi réduire sa production de gaz à effet de serre.

A Kyoto, lors de la préparation du protocole éponyme, on a beaucoup parlé de l’industrie et bien peu de l’agriculture quant à la réduction de la production de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, l’on pense que les agriculteurs peuvent contribuer à cette réduction. Même si cela ne sera pas avec une ampleur « industrielle ».

La Société des agriculteurs de France a diligenté une étude sur ce sujet, en partenariat avec l’Ademe et la Caisse des Dépôts, à la fois pour connaître le volume de CO2 « économisable » et donc éventuellement valorisable sur le marché du carbone, mais aussi pour mesurer le volume pouvant encore être dégagé. « Ce travail a mis en évidence un potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre par l’agriculture française de l’ordre de 15 millions de tonnes par an. Mais pour atteindre cet objectif, cette activité devra développer ce qu’il est convenu d’appeler des « projets domestiques », explique Hervé Morize, président de la Saf. Les pistes explorées concernent une utilisation plus importante de la biomasse ou une conduite plus rationnelle des troupeaux et des cultures.

A plus long terme, la Saf imagine que la séquestration du CO2 par les activités agricoles et forestières pourrait aussi être fortement valorisée.

Le Parlement réfléchit

L’Assemblée nationale a souhaité mettre en place une mission d’information sur l’effet de serre.

Mission confiée à Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a rendu son rapport en avril 2006.

Parmi les préconisations proposées, citons « la nécessité d’établir un plan de gestion global des forêts permettant de mobiliser au maximum le rôle de « puits de carbone » joué par la forêt française, publique et privée, actuellement insuffisamment mobilisée, notamment en liaison avec l'idée des projets domestiques, et tout en étant attentif à la prise en compte de la fonction écologique des forêts. Il faut aussi développer des recherches sur des engrais moins polluants du point de vue du climat et lancer des projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans l'agriculture (réduction des émissions ou développement des « puits de carbone » que constituent les cultures, la végétation, les sols, les forêts…) pouvant être éligibles aux « mécanismes de projets » dont les « projets domestiques »).

La mission d’information recommande plus globalement de s’intéresser fortement aux petits projets de développement durable, les actions sur les gros pollueurs semblant bien calés. Cela pourrait être une chance pour le monde agricole qui multiplie les micro-initiatives.

Les petits ruisseaux font les grandes rivières…


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