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Manifestation à la préfecture et DDAF de l’Ain. Deux cents agriculteurs se sont retrouvés derrière Daniel Martin, président de la FDSEA et Jérôme Bobillet celui des JA |
À l’appel de la FNSEA et des JA, une mobilisation générale des agriculteurs s’est organisée dans toute la France, le vendredi 25 mai dernier, pour protester contre l’empilement des réglementations et la multitude des contrôles en matière de conditionnalité des aides. Un message bien reçu et bien compris par Christine Lagarde, à peine installée au ministère de l’Agriculture.
Le 23 mai dernier, lors de sa première rencontre avec Christine Lagarde, nouvellement arrivée au ministère de l’Agriculture, Jean-Michel Lemétayer avait tenu à préciser que les actions syndicales prévues deux jours plus tard, le 25 mai, n’étaient pas dirigées contre elle, mais destinées à lui faire comprendre et prendre conscience du ras-le-bol des agriculteurs. Prévue de longue date, cette opération se donnait comme but de « protester contre les conséquences de la surabondance des contrôles et de leur mise en œuvre dogmatique » et d’alerter les pouvoirs publics « face à des pratiques administratives qui remettent en cause le savoir-faire, le réel bon sens et le métier même du paysan ».
En effet, l’accord du Luxembourg a introduit le principe de conditionnalité qui suppose que le versement des aides agricoles soit lié au respect de règles en matière de bien-être animal et d’environnement. Pour Philippe Meurs, président national des JA « Jeunes agriculteurs ne remet pas en cause le principe de conditionnalité, ni le fait de devoir respecter des normes environnementales ou de bien-être. Le souci premier de l’agriculteur est d’ailleurs d’avoir des outils de production performants et durables et ces normes y participent. De même, il n’est pas choquant que les agriculteurs soient contrôlés en contrepartie de la perception de ces aides » explique-t-il. « Ce que nous dénonçons, ce sont les dérives du système. Nous demandons un retour au bon sens » précise-t-il. Pour lui, le retour au bon sens, c’est ce qu’il exprime dans les demandes formulées à Christine Lagarde, ministre de l’Agriculture : « un droit à l’erreur reconnu, la présomption d’innocence jusqu’à preuve du contraire ; une prise en compte des pratiques locales ; des sanctions proportionnelles ; une reconnaissance du professionnalisme des agriculteurs et des conseils plutôt que des punitions. »
Mobilisation générale en Rhône-Alpes
Tous les départements de la région ont répondu à l’appel national de mobilisation. Les haut-savoyards en tête. Ils n’ont en effet pas perdu de temps, puisque dès quatre heures du matin, une délégation de la FDSEA et des JA s’est rendue à la DDAF rebaptisée pour l’occasion « direction départementale de l’asservissement à la foutaise », puis s’est dirigée à la grille de la préfecture pour un réveil matinal du premier personnage de l’État dans le département. « Nous sommes ceux qui se lèvent tôt et qui travaillent beaucoup, mais nous voulons surtout que l’on respecte notre travail et que l’on bénéficie de la présomption d’innocence » expliquent les leaders syndicaux, Joseph Favre, président de la FDSEA, Christian Convers son secrétaire général et Bernard Mogenet le président des JA. Pas de rencontre avec le préfet mais une proposition a été faite aux manifestants de rencontrer le directeur de cabinet, ce qui a été refusé par les responsables syndicaux « nous avons pris acte de ce choix et nous précisons qu’il s’agit d’un premier avertissement sur le thème de l’humour ».
Un peu plus tard dans la matinée, c’est la DDAF et la préfecture de l’Ain qui a vu débouler une forte délégation d’agriculteurs, emmenée par Daniel Martin et Jérôme Bobillet, respectivement président de la Fdsea et des Ja. Les responsables ont été reçus par le secrétaire général de la préfecture. Puis un pique-nique convivial a été organisé dans la rue.
En Isère, le préfet Michel Morin en personne a reçu une délégation composée des présidents, vices président et secrétaires généraux de la Fdsea et des JA pour aborder les problèmes de conditionnalité, de bien-être animal et les difficultés qui en découlent pour les agriculteurs. Dans le Rhône, le préfet a également reçu une délégation.
« Pour la Loire, l'action se déroulera sous deux formes » explique Patrick Breyton le directeur de la FDSEA. « Des rencontres avec les candidats aux législatives sont prévues par les unions cantonales et CCJA, à l'occasion de leurs réunions et permanences de campagne électorale. Celles-ci vont se dérouler jusqu'au premier tour au moins, soit le 9 juin. Deux rencontres sur des exploitations, organisées par les JA avec les diverses administrations concernées par les contrôles, sont également prévues ». En Savoie, ces sujets seront évoqués à l’occasion de rencontres avec les candidats aux élections législatives.
Dans la Drôme, une lettre ouverte a été adressée aux autorités administratives et aux candidats aux élections législatives. En Ardèche, cette action a été aussi l’occasion d’une rencontre de travail avec la DDAF.
Message bien reçu au ministère
La forte mobilisation en Rhône-Alpes comme dans tout le pays a porté ses fruits. Le message a été apparemment entendu par Christine Lagarde. Le jour même, le 25 mai, elle a annoncé par voie de presse la création d’un groupe de travail sur le sujet avec les organisations professionnelles afin d’examiner pour la campagne 2008 « les conditions de mise en œuvre de l’ensemble des domaines de la conditionnalité » en intégrant, bien entendu « les avancées obtenues dans le cadre du rapport de la Commission. » Elle a également indiqué qu’elle avait abordé le dossier avec son homologue allemand qui assure la présidence du Conseil des ministres, en marge du Conseil informel des ministres de l’Agriculture qui s’est tenu les 21 et 22 mai derniers, pour lui demander que des décisions soient prises lors du prochain conseil des ministres, les 11 et 12 juin prochains.
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