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Le 23 mai dernier, Christine Lagarde a reçu une délégation de la FNSEA, avant de rencontrer Philippe Meurs, président des JA et Luc Guyau, président de l’APCA |
Pour sa première rencontre avec la nouvelle ministre de l’Agriculture, Christine Lagarde, la FNSEA l’a sensibilisé aux principaux sujets d’actualité agricole, la conditionnalité des aides, l’utilisation des jachères, les réformes des OCM lait fruits et légumes.
Nous avons procédé à un tour d’horizon des sujets les plus urgents », a déclaré Jean-Michel Lemétayer à l’issue de la rencontre entre la FNSEA et Christine Lagarde, le 23 mai à Paris. Pour la première fois depuis qu’elle a été nommée ministre de l’Agriculture et de la Pêche, le 18 mai, Christine Lagarde a reçu pendant plus d’une heure une délégation de la FNSEA conduite par son président accompagné des secrétaires généraux, Dominique Barrau et Jean-Bernard Bayard. Avant de rencontrer Philippe Meurs, président des JA et Luc Guyau, président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture.
Premier sujet à l’ordre du jour : la conditionnalité des aides. « Nous voulons que les choses bougent sur ce dossier. Nous avons demandé au ministre qu’elle milite à Bruxelles pour simplifier les procédures et alléger les contrôles », a déclaré Jean-Michel Lemétayer. Avant de lui signifier aussi que les manifestations organisées le 25 mai n’étaient pas dirigées contre elle, mais pour qu’elle comprenne bien « le ras-le-bol des producteurs » sur ce dossier. Le président de la FNSEA a également sensibilisé la ministre sur l’utilisation des jachères en raison de la sécheresse du mois d’avril et du retour de la fièvre catarrhale dans le nord est de la France. « Il faut que les démarches soient faites à Bruxelles pour obtenir l’autorisation de la commission », a plaidé Jean-Michel Lemétayer.
Agriculture ou environnement ?
Sur les sujets européens, la FNSEA a attiré l’attention de la ministre sur les réformes des OCM fruits et légumes et vin qui sont sur la table à Bruxelles et notamment sur leurs lacunes. « On a peine à voir dans les projets de la commission des documents sur la gestion des risques ». D’ailleurs, en France aussi, l’assurance récolte aurait besoin de moyens financiers supplémentaires « pour que le système marche », a alerté le président.
Bien entendu, il a été question du bilan de la Pac. La FNSEA a mis en garde Christine Lagarde contre une éventuelle récupération du dossier par le Grenelle de l’environnement promis par Alain Juppé pour le mois d’octobre. « Ce n’est pas le Grenelle de l’environnement qui va refaire la politique agricole. La politique agricole se discute au ministère de l’Agriculture et les positions sont défendues à Bruxelles et à Genève », a martelé Jean-Michel Lemétayer. Avant de poursuivre : « Il n’est pas question de faire des paysans des jardiniers de nos campagnes. L’agriculture doit être à la fois productive, de qualité et respectueuse de l’environnement ». Les États généraux de l’agriculture promis par Christine Lagarde à son arrivée « devraient servir à préparer le bilan de la Pac et faire le point pour le devenir de l’agriculture et de l’agro-alimentaire », a-t-il conclu.
JA : priorité à l'installation
Le rendez-vous avec Philippe Meurs, le président des JA reçu également pendant une heure, le 23 mai, a été consacré pour l’essentiel à l’installation et le renouvellement des générations en agriculture. « Nous avons dit à Christine Lagarde que les pouvoirs publics devaient continuer à considérer l’installation des jeunes comme une priorité, comme l’ont d’ailleurs fait tous les ministres précédents ». Évoquant le prochain congrès des JA au mois de juin consacré à « la vivabilité » des exploitations, le président des JA a insisté sur la nécessité pour les jeunes de dégager un revenu. Ce qui suppose « des prix attractifs pour les productions et donc une politique agricole forte ». D’où l’obligation « de ne pas brader l’agriculture » par des concessions intempestives dans le cadre du bilan de santé de la Pac et dans les négociations internationales.
Quant aux États généraux de l’agriculture, ils devraient servir à élaborer une position commune entre le ministère de l’Agriculture et les organisations professionnelles au sein du Grenelle de l’environnement, estime Philippe Meurs.
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