Le consommateur a repris goût à la viande mais l’interprofession reste vigilante.
Le 24 mai, Bévifranc, l’interprofession section bovine et ovine de Franche-Comté, tenait son assemblée générale à Thise en présence des représentants des abattoirs, bouchers, éleveurs, grossistes, groupements de producteurs.
Dans les années 90, la viande prend moins de place dans les assiettes des Français, phénomène qui n’a fait que se renforcer avec les crises sanitaires du début des années 2000. Ces derniers mois, la tendance s’inverse grâce à «une sécurisation efficace jugée pertinente et performante par les consommateurs», explique Claude Cornu, animateur à Bévifranc. En Franche-Comté, «la consommation est revenue à un niveau égal à celui d’avant crise de l’ESB et de la fièvre aphteuse».
Pour contrer ce courant, l’interprofession vante les atouts de la montbéliarde aux quatre coins de la Franche-Comté grâce à des fonds professionnels (opération «pot-au-feu» avec les bouchers du Jura, action «viande et neige» aux Rousses et Métabief avec le centre d’information des viandes, fête du bœuf en musique à Belfort, Terroirs gourmands à Besançon, Festiviande à Port-sur-Saône,...). «Les actions de communication sur l’équilibre alimentaire et le goût ont reçu un bon accueil auprès du grand public, des prescripteurs d’opinion et des scolaires», ajoute Claude Cornu. De quoi conquérir de nouveaux consommateurs.
L’année dernière toutes les courbes des ventes ont explosé en raison de la baisse de consommation de volailles directement liée à la grippe aviaire. Pourtant, la filière régionale demeure inquiète, souligne Michel Renevier, président de Bévifranc : «On se situe dans une phase morose. Jusqu’en mars 2007, il y avait moins d’offres et de demandes. Les prix se maintenaient. Depuis, ils baissent de 10 % alors que l’on s’attendait à une stabilisation des prix».
L’interprofession est sur tous les fronts
Durant l’année 2006, Bévifranc a également relayé la campagne de communication interprofessionnelle, initiée par Interbev, sur le respect de l’animal dans les transports. Il est également possible d’obtenir des informations sur l’abattage sous 48 h grâce à un serveur vocal (08 92 69 01 51) et internet (www.normabev.info).
Au niveau ovin, les supports de promotion de la filière et du produit sont également en place ainsi que la charte de relance de la production ovine semblent efficaces.
Cette assemblée générale a été également l’occasion d’aborder la question des abattoirs et notamment la réouverture d’un site sur le nord Franche-Comté et la sauvegarde du site de Besançon. Les avis divergent entre une spécialisation des abattoirs ou le maintien de la diversité des races et sur les volumes d’abattage.
Prospectives
Afin de mieux anticiper les changements à venir au sein de la filière, la chambre régionale d’agriculture a imaginé l’évolution des filières agricoles et agroalimentaires franc-comtoises à l’horizon 2015. Cette étude prospective touche les filières lait, viandes (bovine, porcine, ovine, équine) et les grandes cultures.
Globalement, sur les sept scénarios initiaux, trois se démarquent. Il s’agirait soit de s’adapter à la loi du marché mondial, soit à la loi des grands groupes et de la grande distribution ou bien à une relocalisation des productions.
Toutefois, ces propositions seraient sources de pertes d’emplois importantes, de dévalorisation des produits et de conflits de territoires «Aucun des scénarios n’est souhaitable. L’idéal serait d’arriver à une synthèse des trois», résume Alexandre Dumontier, co-animateur de cette étude avec Valérie Vivot. Cette réflexion aura permis une prise de conscience des évolutions et de l’importance d’une démarche collective. Reste à partir de ces éléments, à mettre en place une stratégie efficace pour conforter la filière viande et la développer.
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