Le Jura Agricole et Rural
La volaille de Bresse pour pleinement se réaliser
Dominique Hugonnot
Jura agricole et rural
Publié le:  07 juin 2007
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1,82 euro de marge nette par volaille mise en place…

Occupant un emploi salarié au sein d’une fabrique d’aliments tout en produisant chaque année quelque cinq mille volailles de Bresse, Dominique Hugonnot est un exploitant qui se réalise pleinement en tant qu’éleveur. Il souhaite, à terme, se consacrer exclusivement à une production dont il aime vanter les avantages.

Alors que ses parents disposent d’une exploitation produisant des céréales et élèvent des vaches laitières, c’est tout naturellement que Dominique Hugonnot décide à l’adolescence de suivre des études agricoles. « Au départ, j’aurais bien aimé reprendre l’exploitation familiale mais elle n’était pas assez grande ». Malgré un BEP passé à Montmorot, il est obligé de s’orienter vers une autre filière. Il devient alors salarié et chauffeur de pelleteuse dans une entreprise de drainage. Ce qui ne l’empêche pas de donner régulièrement un coup de main sur l’exploitation familiale située à Torpes.

Étape après étape

C’est en 1994 que se produit un premier tournant avec l’arrêt définitif de ses parents. « à ce moment-là, j’ai repris un peu de surface pour faire des céréales tout en demeurant double actif ». En 2000, Dominique Hugonnot s’interroge sur le devenir de son exploitation, ne pouvant pas reprendre de nouvelles surfaces. C’est alors que germe l’idée de faire du poulet et plus précisément de la volaille de Bresse. Mais, avant de finaliser cette envie, il prend deux années afin de parfaitement ficeler le projet. Il participe alors aux stages théoriques et pratiques dispensés par le CIVB. « Je n’étais pas attiré par le poulet industriel tant en terme de qualité que de technique de production. Je me suis logiquement tourné vers le poulet de Bresse. J’ai commencé en 2003 avec la sécheresse. Ce qui a évidemment occasionné une perte financière. Puis il y a eu l’an passé la grippe aviaire. Je n’ai heureusement eu qu’un lot confiné. Le plus dur lorsque l’on débute est le manque de trésorerie ».

Aujourd’hui, Dominique Hugonnot dispose de vingt hectares sur lesquels il produit du blé, du maïs et de l’orge. Avec une grande partie autoconsommée sur l’exploitation. En parallèle, il demeure salarié à plein temps chez Lambey, une entreprise qui fabrique des aliments. « Je commence à 14 heures pour finir à 22 heures. Ce qui me permet d’être sur mon exploitation le matin ». Il dispose de quatre bâtiments en élevage et un en poussinière. Avec, à la clé, la production de cinq mille poulets par an.

Des projets à court terme

Après bientôt quatre années de production de volailles de Bresse, Dominique Hugonnot tire un bilan positif de son activité. « C’est une production rémunératrice qui a l’avantage de tourner rapidement. Je livre mes animaux à environ 20 semaines. Il faut toutefois faire attention à ne pas louper le démarrage. Il y a également beaucoup de suivi et de main-d’œuvre. Au départ, j’achetais mon aliment. Puis je me suis procuré du matériel d’occasion pour mieux valoriser mes céréales. Cela me permet de réaliser une économie ».

Lorsque l’on évoque l’avenir, Dominique Hugonnot avoue avoir plusieurs projets. À commencer par l’agrandissement avec deux bâtiments de plus et l’augmentation la production de 1 000 animaux par an. « En contrepartie, il est possible que je ne travaille plus qu’à mi-temps chez Lambey. Voire même que j’arrête complètement pour me consacrer exclusivement à mon exploitation. J’ai le goût de l’agriculture. Je suis fils de paysan et j’aime ça. Ce qui me pousse également, c’est la demande de volaille. Les mises en place sont en baisse. Il y a pourtant une demande de la part des amateurs de cette viande. Ce serait vraiment dommage que la filière ne puisse répondre à ces besoins. Pour un jeune qui souhaite s’installer, il y a beaucoup moins d’investissement que les productions bovines ou laitières. Mais c’est aussi rémunérateur. Je conseille à un jeune qui désire s’installer de venir une semaine dans une exploitation, pour voir comme cela se passe et pour discuter avec l’éleveur. En outre, pour un jeune qui n’est pas issu du milieu agricole, faire des céréales, de la viande ou du lait suppose quasi-obligatoirement d’intégrer un Gaec. Celui qui cherche une petite structure peut s’orienter vers la volaille. Il y a aussi l’avantage d’être indépendant ».

Un homme épanoui

Au-delà de la production et de la rémunération, Dominique Hugonnot a tout de l’homme épanoui. « L’investissement a été de l’ordre de 20 000 euros. J’ai bénéficié de différentes aides à hauteur de 4 000 euros. Actuellement, en travaillant à mi-temps sur l’exploitation, je dégage environ 600 euros par mois. Mon installation me satisfait. Cela correspond bien à mes attentes. Cela me permet de dégager un bon revenu d’appoint. Aujourd’hui, je suis plus heureux et plus épanoui tout en profitant davantage de ma famille. Ma qualité de vie s’est vraiment améliorée ».


Quelques chiffres

La zone de production de la volaille de Bresse s’étend sur trois départements (Saône-et-Loire, Ain et Jura) et 274 communes. On recense 248 producteurs qui engendrent environ 1.000.000 de mises en place par an. Il existe deux groupements de producteurs : celui de Saint-Trivier-de-Courtes (115 éleveurs pour 600 000 mises en place) et celui de Montrevel-en-Bresse (45 éleveurs pour 200 000 mises en place). La taille maximale d’un bâtiment est de 50 m2 avec une densité de 10 animaux au m2 (soit 500 animaux par bande). Les

durées d’élevage sont de 16 semaines minimum pour les poulets, de 20 semaines minimum pour les poulardes et de 32 semaines minimum pour les chapons. Alors que le poids moyen à l’abattage varie de 2 à 2,7 kg, les pertes d’élevage vont de 5 à 20 % et les pourcentages de déclassés de 5 à 15 %. Quant à l’indice de consommation, il oscille entre 4,5 et 6.

Pour un éleveur qui souhaiterait se lancer dans la production avec 3 000 mises en place par an démarrés directement dans le bâtiment d’élevage, l’investissement se monterait à environ 20.000 euros. Pour 6.000 mises en place, cet investissement se monterait à près de 46.000 euros. à signaler que lors de l’installation de nouveaux éleveurs, des dispositifs d’aides sont prévus aussi bien par la filière qu’au niveau des jeunes agriculteurs ou encore des départements. Quant aux résultats économiques, on remarque –et ce n’est là qu’une moyenne– que pour une volaille mise en place, la recette est de 7,77 euros, la marge brute de 3,73 euros et la marge nette de 1,82 euro.


Journée de sensibilisation le jeudi 14 juin

Le jeudi 14 juin, l’ensemble de la filière liée à la volaille de Bresse se mobilisera afin de mettre en place une journée de sensibilisation. Ainsi, en présence du CIVB, de groupements de producteurs et d’abatteurs, il sera possible de prendre part à deux rendez-vous. Le premier se déroulera dans l’Ain. Et plus précisément à Laiz chez François Catherin dès 9h30. Le second s’installera cette fois à 14 h chez Dominique Hugonnot à Torpes.

Un événement qui devrait attirer bon nombre de personnes se posant des questions sur les ateliers volaille de Bresse. Et qui ont pour objectif soit de s’installer soit de mettre en place une telle production pour s’octroyer un complément de revenu soit de rejoindre un conjoint ou un parent sur l’exploitation existante soit encore de devenir double actif. Dans ce cadre, il sera possible, dans un premier temps, de découvrir l’éleveur qui présentera sa structure de production. Ensuite, l’ensemble de la filière sera présenté, avec visite de l’exploitation et tour de table des participants. à signaler que des plaquettes seront également remises.

L’occasion, par le biais de ces documents, de mieux cerner les normes techniques, les investissements ou encore l’organisation de la filière.

Pour tout renseignement contactez le CIVB, tél. 03 85 75 10 01


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