Une réunion interrégionale vient de se tenir à Besançon, entre les responsables des massifs montagneux auvergnat et jurassien concernés par les campagnols.
Lors de cette rencontre, qui s’est déroulée le 10 mai à Besançon, Eugénia Pommaret (Fnsea) a rappelé que la bromadiolone fait l'objet d'une révision au niveau communautaire avec l’évaluation des risques en fonction des différents usages de la molécule. Une situation qui comme pour beaucoup d'autres molécules, ne concerne pas le seul domaine agricole.
Il n'est pas exclu que la bromadiolone soit interdite à compter de 2008, ou que son utilisation dérogatoire pour le traitement des campagnols soit assortie de contrôles encore plus lourds qu'actuellement. Au niveau national la position du ministère (Dgal) c'est de préserver l'usage de la bromadiolone, non pas à pleine dose, mais associée à d'autres méthodes de maîtrise du campagnol. Pour faire aboutir un arrêté cadre national qui prendrait le relais des arrêtés départementaux pris depuis le 31 janvier 2007 il faut toutefois un accord entre au moins trois ministères : Agriculture Environnement et Santé publique.
Les aides financières
Tant que le campagnol est classé « espèce nuisible » on peut tabler sur l'aboutissement d'un décret (en cours de discussion) qui vise à organiser la solidarité financière par filière dans laquelle l'Etat apporte sa garantie. L'indemnisation devrait être assortie d'un certain nombre de préalables comme par exemple avec un engagement dans un contrat de lutte raisonnée. Les collectivités territoriales de leur côté peuvent intervenir, plus facilement lorsque les agriculteurs font la première mise de fonds.
Le plan de lutte raisonnée en Franche-Comté
Pour Régis Defaut, de la Fredon il faut à la fois anticiper le cycle de pullulation et associer plusieurs méthodes de lutte : gazage des taupes au PH3, alternance fauche et pâture, perchoirs à rapaces, traitement à la tâche avec un « fusil à blé » (10 g de blé par pression sur la gâchette), etc… Et en spécialiste de cette « boîte à outils » et de l'écologie du campagnol il s'est attaché à montrer que l'idéal c'est de préserver un équilibre entre tous les prédateurs du campagnol parce lorsqu’il y a trop de renards, il n'y a plus assez de fouines ni de chats sauvages par exemple.
Reste que dans le cadre de ce plan de lutte raisonnée, les formalités déclaratives préalables à la mise en œuvre de la molécule de bromadiolone sont allégées, mais l'enregistrement des traitements (date, parcelle, dose/ha) est étroitement contrôlé. Et lors d’une visite qui s’est déroulée au lieu-dit « Les Carterons » les participants ont apprécié la qualité du fourrage de la parcelle « traitée » par Pascal Maillot, le président du Gdon de Grand-Combe-des-Bois, une parcelle entourée de celles, dévastées, de ses voisins. Mais l’un des messages importants de la journée est aussi celui de Joseph Remoney, le président de la Fdgdon du Doubs : « Même si on est seul à mettre en œuvre ce plan de lutte raisonné, ça vaut le coup… Bien sûr si on s'y mettait tous ensemble ce serait mieux, mais comment convaincre et motiver les plus incrédules ? ». On notera encore le thème d'une étude réalisée par l'Enita de Clermont-Ferrand sur les conditions à réunir pour créer une dynamique collective de maîtrise des campagnols.
Enfin il est envisagé la poursuite de la concertation entre les régions concernées ainsi que la relance de la recherche fondamentale sur l'immuno-contraception ou encore sur l’agrément d’une autre molécule.
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