Le Jura Agricole et Rural
Bien gérer la conduite de son élevage
Michel Marchand de Sauvain (Loire)
Jura agricole et rural
Publié le:  07 juin 2007
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Michel Marchand conduit un troupeau de vingt montbéliardes à Sauvain, dans les Monts du Forez. Grâce à un meilleur ajustement de sa production laitière, il a vu sa moyenne matière grasse diminuer de plus de trois points depuis six ans.


Tout d’abord, une telle baisse du taux de matière grasse était-elle recherchée ?

« Non, pas forcément. Pour se remettre dans le contexte, mon élevage se situe à 980 mètres d’altitude, en coteaux séchants, d’où déjà, l’impossibilité de faire du maïs ensilage. Mon système est donc basé sur l’herbe (pâture, ensilage, enrubannage et foin) avec achat de maïs épi.

Toutefois, avec mon système assez intensif (plus de 8400 kg de lait par vache en race montbéliarde), vers la fin des années quatre-vingt-dix, les laitières ingéraient beaucoup de maïs épi, souvent toute l’année, je ne valorisais donc pas forcement l’herbe au printemps à cause d’une mise à l’herbe tardive. A l’époque, mon taux de matière grasse sur l’année oscillait entre 41 et 42 g/l, pour une référence de 39,22 à la laiterie. Le passage en AOC fourme de montbrison m’a obligé à revoir mon système.

En effet, il faut que les vaches laitières ingèrent au moins 3 kg de foin. De plus, la laiterie avantage aujourd’hui financièrement les éleveurs ayant un rapport TB/TP inférieur à 1,25 (+ 4,5 euros /1000 litres) ».


Quels ont été les effets du passage à l’AOC sur la matière grasse ?

« J’ai raisonné l’apport de maïs épis sur l’année. J’ai maintenu les quantités en début de lactation, diminué sur les fins et supprimé au printemps. J’ai avancé la date de sortie des vaches au printemps, ce déprimage m’a permis d’avoir de l’herbe de meilleure qualité. Je me suis mis à donner le foin le matin, avant les concentrés, plutôt que le soir. Mon technicien de contrôle laitier, Gilbert Relave, me disait depuis déjà plusieurs années d’anticiper le lâcher des animaux au printemps. D’autre part, il insistait pour le foin le matin afin de diminuer les risques d’acidose et d’acétonémie.

En même temps, j’ai adapté mon élevage au cahier des charges de l’AOC et maîtrisé l’état sanitaire du troupeau. Le rapport TB/TP s’est amélioré et la baisse du TB libère aujourd’hui du droit à produire ».


Quelles sont les autres changements qui ont permis une meilleure gestion de la matière grasse ?

« En baissant la moyenne de production par vache, je peux tarir les animaux sans difficulté à 7 mois de gestation. De plus, j’ai des prés éloignés à valoriser en juin, juillet et août. La maîtrise de la reproduction et les progrès en alimentation, me permettent d’avoir un lot suffisant et régulier de vaches à tarir à cette période.

Un autre moment important est la réalisation de la prévision laitière avec Gilbert. J’ai ainsi une ligne de conduite, avec les animaux à réformer, la production à viser au mois le mois. Une année, j’avais freiné.

Le TB s’était enflammé et les animaux étaient moins bien. Une fin de campagne adaptée est toujours synonyme de tranquillité ».


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