Le Jura Agricole et Rural
Tout faire pour maîtriser la pyrale
Maïs
Jura agricole et rural
Publié le:  07 juin 2007
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b>La lutte biologique, avec les trichogrammes, est efficace si l’on respecte la date d’application préconisées

La pyrale est le ravageur aérien le plus agressif du maïs. Sa nuisibilité se traduit par deux types de dégâts : en premier lieu, une perte de rendement liée à la baisse du poids des grains et à la chute des épis ; en second lieu, une incidence sur la qualité sanitaire par le développement du Fusarium moniliforme à partir des galeries créées par les larves.

La lutte contre la pyrale n’est pas facilitée par la diversité des situations liée à sa biologie très variable d’une région à l’autre. La maîtrise de la pyrale doit se raisonner bassin de production par bassin de production, en tenant compte des caractéristiques propres du ravageur dans chacune des régions.

Quand traiter la pyrale

en G1 en 2007 ?

Les dates indiquées sont préconisées pour des maïs semés entre la première semaine d’avril et le 15 avril. Traiter une semaine plus tard pour les semis réalisés au-delà du 20 avril. Ne pas traiter les semis réalisés au-delà du 15 mai.

Recommandations

pour les traitements

à base de pyréthrinoïdes liquides :

• La croissance des maïs peut être extrêmement rapide : surveillez attentivement le stade limite de passage du tracteur pour intervenir le cas échéant, même si c’est un peu avant la date préconisée

• Après l’application, surveillez le développement éventuel de colonies de pucerons avant la sortie de la panicule et intervenir le cas échéant.

Stratégie de traitement et méthodes de lutte

A chaque contexte, sa stratégie ! En zone à G1 et à G1/G2, la lutte se focalise sur la G1. En zone à G2 complète, la priorité va sur le traitement de la G2 même si l’efficacité maximale de la protection est obtenue avec une intervention à la fois sur la G1 et la G2.

Tous les moyens sont bons pour contrôler la pyrale.

• D’abord le broyage des résidus à la récolte est une mesure préventive obligatoire. Il va diminuer de 80 % le potentiel des larves pour l’année suivante.

• La lutte biologique avec les trichogrammes qui peut être mise en œuvre aussi bien en G1 qu’en G2. Les dates d’intervention sont définies à partir de l’observation de la chrysalidation des larves hivernantes pour la G1 ou des larves présentes dans la tige pour la G2. L’efficacité des trichogrammes est très liée au respect de la date d’application préconisée.

• La lutte chimique, en G1 avec une intervention au stade limite de passage du tracteur et en G2 avec des moyens aériens ou avec un enjambeur.. Ces dernières années, compte tenu du décalage des vols, le traitement au stade limite de passage du tracteur est apparu trop précoce et donc moins performant que l’application traditionnelle au stade panicule Visible dans le cornet. Le traitement chimique fait appel aux pyréthrinoïdes avec une formulation granulés ou une formulation liquide. L’efficacité d’un traitement chimique varie de 60 à 80 % selon le contexte.

• La lutte génétique à l’aide des variétés résistantes aux pyrales. Cette technique n’est pas mise en œuvre dans notre région. Elle est très efficace mais elle doit respecter un cahier des charges : distance d’isolement de 50 m, zone refuge, déclaration aux instances officielles et à l’organisme collecteur.

Les moyens de lutte biologique et chimique

Les larves passent l’hiver dans les cannes de maïs. Au printemps, elles vont se chrysalider avant de donner des papillons puis des œufs et des larves. La complexité du « dossier pyrale » vient d’une part de la présence de deux races de pyrale qui se partagent le territoire et d’autre part de la dépendance de l’insecte aux conditions climatique de températures et d’hygrométrie :

• Une race qui n’a qu’un cycle par an est dite monovoltine. Elle est présente en Alsace, en Auvergne et vraisemblablement en Bourgogne - Franche Comté. Quelle que soit l’offre de températures, elle ne développera qu’un vol par an. Elle émerge en général plus tardivement que l’autre race. Les dégâts de pyrale se concentrent principalement sur la tige.

• Une race qui est capable de développer deux cycles par an, voire trois comme en 2003 est dite bivoltine. Il y a donc, avec cette race, la possibilité d’avoir, sur le maïs, deux générations dénommées G1 et G2. Mais la possibilité d’évoluer vers un deuxième vol dépend de l’offre de températures de la région. Ainsi, dans la Drôme, la totalité de la première génération évolue en seconde génération. Dans l’Isère et le Rhône, seulement une partie de la première génération bascule en deuxième génération, la proportion G1/G2 est variable suivant les années, avec plus de G2 les années chaudes. Dans l’Ain, la G1 bascule en partie en G2 en plaine de l’Ain, en val de Saône sud et en Dombes-Côtières.

Au fil de ces dernières années plutôt chaudes, le front de la G2 progresse vers le nord. La G2 est aujourd’hui présente en Dombes. Les dégâts de la G1 se concentrent sur la tige, ceux de la G2 sur le pédoncule, les épis et la tige. Les morsures, les galeries des larves sur les épis créent des portes d’entrée aux spores de Fusarium moniliforme susceptible d’altérer la qualité sanitaire du maïs.

La complexité du « dossier pyrale » vient aussi de la dépendance de l’insecte aux conditions climatiques de température et d’hygrométrie. Aucune année ne se ressemble quant à l’allure du ou des vols de pyrale et quant à la puissance respectives de la G1 et de la G2.

Bassin pilote

En Rhône-Alpes, trois régions font l’objet d’un test « grandeur nature » visant à améliorer la qualité sanitaire en mettant en œuvre les recommandations techniques. Parmi celles-ci, le contrôle de la pyrale est déterminant. Les agriculteurs et les organismes économiques se sont engagés à traiter la pyrale sur des surfaces significatives de plusieurs centaines d’hectares sur la plaine de l’Ain, la Bièvre et la plaine de Valence.

L’idée force est de montrer que le maïs traité contre la pyrale a une meilleure qualité sanitaire que celui qui n’est pas traité. Agridev-Ceregrain, Etablissements Bernard, La Dauphinoise, Ets Cholat, Ets Payre, Ets Bonnet, CDC-Valsoleil, Agrodia ont mobilisé leurs forces pour atteindre l’objectif.


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