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Des groupes intéressés par les explications des techniciens venant des trois coopératives |
Le 8 juin dernier, la plateforme d'essais organisée par le GIE Damier Vert et l'Union Terre Comtoise à Desnes a permis à de nombreux agriculteurs du Jura et du Doubs de découvrir les expérimentations mises en place.
Variétés de blé, colza, maïs grain et orge d’hiver brassicole et fourragère, conduite des cultures, programmes fongicides, fractionnement de la fertilisation azotée, mais aussi variétés de triticale et de seigle, deux céréales secondaires essentielles pour beaucoup d’éleveurs. Après Roulans en 2005, c’est au tour du Jura d’accueillir les essais de l’union de coopératives Poligny-Bletterans, Codeval et Coopadou.
Installée au pied du plateau jurassien, la plateforme présente une pédologie et un climat différents des zones basses. Les essais mis en place avec Damier Vert doivent également répondre à certaines problématiques des agriculteurs-éleveurs : un minimum de produits pour une protection optimale et, sujet particulièrement d’actualité, être en phase avec la réglementation environnementale. À ce titre, les coopératives sont des partenaires techniques privilégiés.
Le Phytobac proposé par les coopératives
Au fil de la matinée, les techniciens ont commenté une quinzaine d’essais réalisés sur une parcelle de deux hectares appartenant à Louis Mouillot. Les conférences de l’après-midi ont permis de présenter le Phytobac, un outil de gestion des effluents phytosanitaires reconnu comme « efficace et simple à utiliser ». Le Phytobac met moins de quatre mois pour digérer les matières actives et son emplacement doit se concevoir de manière idéale à proximité de l’air de rinçage-remplissage du pulvérisateur et du local phyto. Pour les investissements réalisés en commun, la distance maximale conseillée est de 1,5 km des exploitations.
Jean-Michel Montassier de la coopérative de Poligny-Bletterans a suivi une formation avec la société Bayer Crop Science, conceptrice du Phytobac. Pour répondre aux questions des agriculteurs, il propose la mise en place d’un ou deux projets pilotes. Dans un deuxième temps, les coopératives pourront proposer la commercialisation de la méthode (technique et suivi) dont le prix n’est pas encore fixé. L’agriculteur réalisera lui-même l’autoconstruction.
Reste enfin la question du coût. Le Phytobac n’est pas encore éligible aux aides. Mais l’exploitant doit obligatoirement gérer ses fonds de cuve par épandage au champ après dilution ou toute autre méthode de traitements dont la liste devrait être diffusée par le ministère de l’Écologie, le Phytobac étant le premier à avoir été agréé.
Entre le marteau et l’enclume
Après une conférence sur les risques de mycotoxines, suivait une intervention sur le développement durable et les débouchés agricoles. « Nous sommes entre le marteau et l’enclume. L’agriculture doit développer sa production pour répondre à une consommation alimentaire qui ne faiblit pas et à un développement des usages industriels des cultures, tout en respectant des conditions de traçabilité et d’environnement », indique Marc Delattre du GIE Damier Vert.
Ainsi les herbicides qui permettent 30 à 50 quintaux de rendement à eux seuls sont aussi ceux que l’on retrouve le plus dans l’eau. Sachant que les normes européennes imposées par les pays nordiques sont inférieures pour chaque produit à 0,1 microgramme par litre, soit l’équivalent d’un morceau de sucre dans un barrage.
Quelques exemples de dilemme pour l’agriculture : l’urée substituée, bien que moins utilisée, doit être maintenue pour continuer les alternances de familles chimiques et diminuer les problèmes de résistance. L’ANPA, produit de dégradation du glyphosate, est également sur la sellette. Il fait partie des 14 molécules quantifiées dans l’eau mais dont l’origine peut être multiple : agriculture, réseau ferré, trottoirs, particuliers... En règle générale, tout produit s’il est rémanent, soluble et utilisé à fort grammage, a des risques de se retrouver dans les eaux profondes. Pour les eaux superficielles, les bandes enherbées ont un rôle positif. L’agronomie peut apporter quelques solutions que le technicien rappelle rapidement : alternance de cultures d’hiver et de printemps, intercultures pour diminuer le stock de mauvaises herbes (« y compris avec du glyphosate »), enfouir profond les graines de vulpin, brome et ray grass par le labour, dans la mesure du possible retarder les dates de semis d’une quinzaine de jours pour faire un faux semis et diminuer le stock semencier (avec un effet bénéfique également contre les pucerons), alternance sur une même parcelle de familles chimiques différentes à l’échelle de deux rotations, désherber tôt avant la période de drainage,etc.
Satisfaits du contenu des conférences, les agriculteurs ont pu terminer cette journée bien remplie par un échange avec les maisons de semences, les fournisseurs de produits phytosanitaires et découvrir le petit matériel d’élevage de la Boutique Paysanne.
Un local phyto et des armoires de stockages complétaient cette exposition. Un peu plus loin, la démonstration de mise en balle ronde de plus de 200 kg de Big bags continuait à donner le ton d’une journée dont le fil conducteur aura été l'environnement.
Ils ont dit… • « Notre public est composé pour beaucoup d'éleveurs. Il faut répondre à leurs préoccupations tout en apportant des solutions techniques pointues », commente Jean-Baptiste Martinien responsable technique de la plateforme.
• L'Union Terre Comtoise représente 20% des essais Damier Vert réalisés en Bourgogne Franche-Comté. La proximité des départements de Côte-d’Or, du Doubs, du Jura et de Haute-Saône permet de tirer des synthèses pertinentes portant sur un nombre important d’essais. « Ils sont source d’adaptabilité pour l’avenir. L’UTC, il faut y croire ! » scande Alain Seguin sous le chapiteau principal. Le directeur de l’Union Terre Comtoise peut être satisfait du succès de la journée.
• Même constat pour Thierry Vallet, président de la coopérative de Poligny Bletterans, qui livre les échos qu’il a pu recueillir : « un travail conséquent a été fait pour apporter des explications intéressantes, facilement transposables sur les exploitations. La présence de techniciens venant de coopératives différentes est aussi une source d’informations supplémentaires et d’expériences qui peuvent être partagées. Visite d’essais, conférences sur des sujets nouveaux, village des fournisseurs… Chacun a pu y trouver son compte dans une ambiance conviviale ».
• « Les questions d’environnement sont particulièrement présentes dans les réflexions des agriculteurs. Cela passe par l’optimisation des traitements, l’utilisation des outils d’aide à la décision, la gestion des sources de pollution, l’utilisation de variétés mieux armées contre les maladies et la mise en place de pratiques pour diminuer les phénomènes de résistance des maladies », énumère Christian Pocard, directeur de la coopérative Poligny-Bletterans.
Autant de thèmes qui sont déclinés sur la plateforme de Desnes à travers le choix des essais, les commentaires des techniciens et les conférences proposées l’après-midi.
• Gérard Maire, directeur de l’Union Est Agro présent sur le site, verrait bien l’année prochaine, une plateforme
encore plus pédagogique et qui se déroulerait sur une journée complète pour permettre aux familles de se déplacer. « Pas de comparaison avec le « Nature en ville » de Dijon, mais une offre qui réponde à un besoin de convivialité ».
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