Le Jura Agricole et Rural
Trois questions à Laurent Basset président de la section lait standard de la FDSEA
Jura agricole et rural
Publié le:  21 juin 2007
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Il y a un an, on parlait de surproduction laitière et aujourd’hui on parle de pénurie. Qu’en pensez-vous ?

La pénurie constatée sur les mois d’avril et mai n’est que la résultante des grilles de paiement et de la configuration des courbes de collecte imposées par les transformateurs, au cours des années précédentes, alors que les produits industriels étaient au plus bas. La situation que nous connaissons actuellement est exceptionnelle mais j’inciterai tout de même chacun à calculer précisément le coût de production du lait à cette époque de l’année.

L’évolution du prix du lait est orientée à la hausse, due essentiellement à la flambée des produits industriels. Comment analysez-vous cette situation ? Le soufflé ne risque-t-il pas de retomber brutalement ?

L’équilibre offre demande est fragile et quelques pourcents de sous réalisation suffisent à créer une forme de pénurie. Toutefois, je m’interroge sérieusement sur la pérennité de hausses aussi vertigineuses des produits industriels : le prix des poudres à tout bonnement doublé en seulement un an ! L’appel du marché mondial crée une demande forte mais pour combien de temps ?

Le prix payé au producteur est défini par un contrat. Avez-vous déjà ressenti sur votre exploitation l’effet des hausses des produits industriels ?

Mécaniquement, en application de l’accord interprofessionnel, les fortes hausses des produits industriels vont se répercuter sur les index du troisième et du quatrième trimestre 2007. Il est donc impératif de veiller à l’application stricte de l’accord. Je resterai tout de même prudent quant à cette notion d’embellie. Certes la demande de produits industriels est forte mais parallèlement, la demande de produits à forte valeur ajoutée (produits frais et fromages) stagne et le créneau des marques distributeurs (MDD) poursuit son développement. Il me parait donc urgent d’analyser sereinement la situation, sans faire de conclusions hâtives.

Le Jura et plus globalement, le grand Est de la France ont énormément d’atouts et une véritable carte à jouer, au même titre que l’Ouest trop souvent présenté comme le seul et unique pôle de production français. Je suis convaincu que nous arriverons à tirer notre épingle du jeu si nous arrivons à être réactifs, créatifs et collectifs, en tenant compte de toutes les filières, lait standard et lait AOC.


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