Quelques questions aux responsables techniques des essais Damier Vert et Union Terre Comtoise lors de la visite qui s’est déroulée à Desnes, le 8 juin.
Au niveau des maladies, sur quels points avez-vous insisté pendant la visite des essais ?
Marc Delatttre : Nous insistons sur le choix du traitement de semence pour lutter contre les pucerons sur céréales à paille, en particulier pour les éleveurs qui n’ont pas le temps de se rendre tous les jours dans les parcelles. Nous avons cette année un très gros problème de jaunisse nanisante qui correspond à la présence de pucerons peu nombreux mais restés très longtemps sur la parcelle. Ils ont eu le temps de transmettre le virus. Les parcelles qui n’ont pas reçu de traitement de semences pourraient subir des pertes de rendement de 20 à 25 quintaux par hectare.
D’autres maladies des céréales ont-elles surpris les agriculteurs ?
La sécheresse d’avril c’était un fongicide gratuit ! Mais dès le retour de la pluie en mai, il fallait faire une protection sérieuse d’autant plus que la rouille fait son apparition en Franche-Comté après un automne et un hiver quasi méditerranéen… Les attaques actuelles sont liées aux conditions climatiques et au positionnement du traitement.
"Calculer la dose d’azote", c’est-l’un des messages que vous avez voulu faire passer.
Nous insistons sur le calcul du Bilan à la parcelle. L’exemple présenté lors de la visite des essais est parlant : sur un précédent tournesol avec peu de reliquat azoté et un potentiel de 85 quintaux, la variété de blé Aubusson a un besoin de 3,2 unités par quintal soit un apport de 235 unités d’azote par hectare. C’est plus que les habitudes mais parfaitement justifié dans ce cas. On peut réussir le même rendement avec 90 unités d’azote sur un précédent colza ou pois, avec du fumier et un reliquat azoté important. D’où l’importance de faire ce calcul du Bilan.
Que dire des variétés de colza ?
Nous assistons à un renouvellement variétal à la vitesse TGV. Les variétés découvertes il y a trois, quatre ans sont déjà dépassées. La recherche s’oriente vers les hybrides qui ont du potentiel et qui produisent de l’huile. Nous en aurons vraiment besoin pour répondre à la fois aux besoins de la filière alimentaire et de la filière industrielle et diester. En Bourgogne-Franche-Comté, les hybrides représentent 30 à 40 % des surfaces implantées en colza.
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