La ventilation mécanique est souvent indispensable pour les animaux exigeants comme les jeunes animaux (veaux) ou les animaux peu tolérants aux variations de température à l’instar des brebis laitières.
Les spécialistes considèrent également que pour valoriser un patrimoine bâti, la ventilation mécanique est un « plus » réel. « Cela permet aussi d’aménager de façon performante un bâtiment existant en réalisant une bonne ventilation dans des conditions où la ventilation naturelle ne fonctionne pas », expliquent les techniciens spécialisés dans les bâtiments d’élevage.
Pourquoi convient-il de ventiler ? La vapeur d’eau produite par les animaux et les litières doit être évacuée. Une vache évapore 25 litres par jour ! De plus, il faut rejeter les gaz nocifs comme le CO2 (dioxyde de carbone), le NH3 (ammoniac) ou le H2S, qui se distingue par son odeur d’œuf pourri.
Mais pour obtenir une ventilation efficace, des précautions sont à prendre. En premier lieu, il faut un bâtiment étanche. « Hormis les entrées et les sorties prévues, les portes et fenêtres doivent être maintenues fermées et en état. Il ne faut jamais arrêter les ventilateurs. Même par temps très froid la ventilation doit assurer un débit minimal de sécurité pour permettre l’évacuation des gaz et de la vapeur d’eau produits par les animaux. Un bon entretien s’impose pour conserver longtemps une installation efficace. Par exemple, les pales et volets anti-retour s’encrassent. Il faut les nettoyer par brossage ou soufflage au moins deux fois par an, sous peine de noter des baisses de débit et un risque de « griller » le moteur du ventilateur. Il faut faire effectuer un contrôle annuel des réglages initiaux par l’électricien », soulignent les ingénieurs du GIE lait – viande de Rhône-Alpes.
Un bon réglage pour un fonctionnement optimal
Les réglages sont faits au départ : le débit minimum (affichage 30 %), le débit maximum (affichage 100 %) et la plage de variation de la température (en général de 5 °C) sont réglés définitivement par l’installateur et le technicien concepteur. Dans une fiche éditée par le GIE lait - viande, des réglages sont recommandés pour un fonctionnement optimal. « Pour un bâtiment pour ruminant adulte non isolé, la température de consigne basse est la température intérieure du bâtiment au-dessous de laquelle les ventilateurs tournent toujours au débit minimum. A l’opposé, lorsque la température intérieure dépasse la somme température de consigne basse plus la plage de variation, les ventilateurs tournent toujours à 100 %.
Par exemple, une nursery ventilée mécaniquement avec une température de consigne basse de 8,5 °C, pour une température moyenne souhaitée de 11 °C et une plage de variation réglée à l’installation de 5 °C. La nuit, si la température intérieure passe de 11 °C à 8,5 °C, la vitesse des ventilateurs va baisser pour se caler sur la vitesse de débit minimum. La journée, si la température augmente jusqu’à 13,5 °C, la vitesse des ventilateurs augmentera jusqu’au débit maximum. Cette variation permet d’avoir une température moyenne intérieure de 11 °C. Attention cependant : en cas d’une baisse ou d’une augmentation forte de la température extérieure, on ne pourra pas obtenir la température voulue car la ventilation n’est ni une climatisation ni un chauffage. On peut comparer la ventilation mécanique à la ventilation d’une voiture non climatisée sans chauffage ».
Un coût modéré
Le GIE a également étudié la partie économique de la ventilation mécanique, notamment au travers de deux exemples. Pour ventiler une nursery de vingt veaux, le besoin de ventilation est de 1 400 m3 par heure. Pour une installation convenable, il faut un extracteur d’un diamètre de 300 mm, un ensemble plaque châssis et cheminée, un régulateur et sa sonde, une armoire électrique. L’investissement est de l’ordre de 80 à 85 euros par animal. A ce coût il faut ajouter le prix du fonctionnement évalué à 160 kW par an. Soit une quinzaine d’euros.
Autre estimation du GIE, celle portant sur un bâtiment hébergeant trente vaches laitières. « A 6 000 kg de lait par vache, le besoin de ventilation est de 8 250 m3 par heure. L’investissement sur aménagement, pour une étable entravée avec grande au-dessus nécessitant une extraction en paroi, sera de l’ordre de 80 à 85 euros par animal. Un peu plus pour une extraction en cheminée, adaptée à une étable entravée en appentis, environ 110 euros par vache. Quant à la consommation électrique, elle correspond à celle de deux ampoules allumées toute la journée », expliquent les techniciens du GIE.
Pour de plus amples renseignements, contacter le technicien « bâtiment » de votre chambre d’agriculture.
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