Le procédé consiste à envoyer de l’air dans le lisier en le brassant. Cet air est injecté en petites quantités, sous forme de petites bulles en très grand nombre.
L’air injecté favorise le développement des bactéries aérobies (qui ont besoin d’oxygène pour vivre et se développer), présentes dans le lisier au détriment des bactéries anaérobies (qui se développent sans oxygène) responsables des gaz nauséabonds. Les bactéries aérobies dégradent la cellulose, entraînant une diminution de la matière sèche, donc une liquéfaction du lisier, en en diminuant légèrement le volume.
Dans une étude pilotée par le GIE lait – viande de Rhône-Alpes, les techniciens expliquent le fonctionnement du système. « Le brassage ou homogénéisation évite la séparation des phases des lisiers. Cette opération qui consiste à mettre en mouvement le lisier permet d’obtenir un lisier homogène, de pomper et de vidanger les fosses. La micro-aération associée au brassage permet également la désodorisation et la liquéfaction des lisiers. Ces phénomènes permettent d’obtenir un lisier homogène, de réduire les odeurs des lisiers et de réduire les distances d’épandage. Ils permettent aussi de supprimer les difficultés de pompage et de vidange des ouvrages et d’épandre en pleine végétation. Les effluents concernés sont les lisiers purs, de bovins ou d’autres espèces, les lisiers dilués par des effluents peu chargés, les effluents peu chargés (eaux blanches, vertes, brunes, effluents de fromagerie). Quant aux réglementations, installations classées, règlement sanitaire départemental… elles précisent que la mise en œuvre de techniques atténuant les odeurs dans le lisier permet de réduire la distance d’épandage vis-à-vis des habitations des tiers à 50 mètres au lieu de 100 mètres dans le cas général ».
Des avantages certains
Dans l’étude présentée sous forme de fiche et disponible auprès du GIE lait – viande de Rhône-Alpes, les auteurs ont rassemblé plusieurs résultats, fruits de nombreuses observations, d’analyses de lisier (% MS, N total, N ammoniacal) et de jurys d’odeurs.
« L’homogénéisation du lisier est acquise par le brassage fréquent imposé par la micro-aération. La liquéfaction du lisier réduit de 1 à 3 % la teneur en matière sèche. Selon la durée du traitement elle facilite la reprise (absence de croûte) ; donne une grande souplesse dans la réalisation des chantiers d’épandage (le lisier est toujours prêt) ; réduit le temps de pompage ; valorise les fosses plus profondes (4 m) avec les tonnes habituelles et facilite l’utilisation des fosses où les jonctions sont plus étroites, là où la croûte a du mal à tourner. La liquéfaction permet aussi d’utiliser des brasseurs de moindre puissance ; une meilleure répartition des éléments fertilisants dans la fosse ; permet au lisier de glisser plus facilement sur la végétation. Il a également été observé que les risques de brûlure et de contamination butyrique sont supprimés et que la pénétration du lisier dans le sol est facilitée. De plus, il y a une diminution des pertes ammoniacales par volatilisation ».
Selon les techniciens, il faut aussi porter au crédit de la micro-aération la réduction des odeurs. Réduction des odeurs à l’épandage comme de la rémanence de l’odeur 24 h après épandage, les odeurs ayant disparu. « Sont aussi supprimées les odeurs au moment de la reprise du lisier. Les risques d’intoxication par gaz à la reprise sont limités. Quant à l’autorisation donnée pour des épandages plus proches des habitations des tiers, 50 m au lieu de 100 m, sauf exception, c’est un plus non négligeable ».
Une meilleure fertilisation
Un autre constat technique d’importance porte sur la fertilisation. La micro-aération supprime la brûlure de la végétation, réduit l’agressivité du lisier, une plus grande part d’azote protéique se retrouve après épandage, et permet d’épandre plus tardivement avant un pâturage de printemps, voire d’épandre entre deux pâturages.
Les techniciens s’attardent aussi volontiers sur la valeur fertilisante du lisier micro-aéré. « Les pertes en azote total sont limitées : entre 10 et 20 %, situées essentiellement au brassage, très peu à l’épandage. C’est un niveau de pertes comparable à un lisier non aéré, pour lequel les pertes se produisent à l’épandage. Par comparaison, un fumier composté perd 20 à 30 % de son azote total). Au plansanitaire, la disparition de la croûte empêche la prolifération des mouches et vers à queue ».
Côté investissement, les prix sont variables : entre 6 000 euros et 10 000 euros pour le brasseur, installé, équipé micro-aérateur, hélices en inox, avec armoire électrique programmée, potence et treuil en inox. « Dans ce budget, la micro-aération représente 10 à 20 % ». Le temps de travail est réduit, le système est entièrement automatisé. « Le temps de travail quotidien est proche de zéro en dehors de la surveillance », constatent les techniciens.
Quant au coût de fonctionnement, il ne porte que sur l’électricité. Les techniciens citent un exemple : « 11 kW fonctionnant six fois 10 minutes par jour pendant dix-huit semaines par an (trois périodes de six semaines), plus 15 minutes par jour pendant le reste de l’année = 186 H x 11 kW soit 2046 kW. Mais cela n’est pas un surcoût complet, puisque sans micro-aération, il faudrait brasser tout de même ».
Les autres procédés
• Le brassage sans micro-aération : Un brassage régulier du lisier plusieurs fois par semaine (matériel électrique) réduit déjà la croûte et un peu l’odeur au moment de la reprise, en comparaison avec un brassage unique lors de la reprise. Le résultat n’est cependant pas comparable à ce que l’on obtient par micro-aération.
• Les grosses bulles : Certains matériels ou une micro-aération mal maîtrisée conduisent à injecter des grosses bulles plutôt que des fines bulles dans le lisier. Il en résulte une désodorisation inefficace et beaucoup de pertes d’azote (pertes de NO2).
• Les poudres à mélanger au lisier : Homogénéisation du lisier : l’efficacité est assurée par la majorité des produits. Désodorisation : odeurs en général moins agressives dans le lisier. Mais ces produits restent globalement moins efficaces que la micro-aération, avec un coût élevé, sans éviter le brasseur dans la fosse.
La méthanisation : La technique est maîtrisée, mais sa mise en œuvre est complexe. La rentabilité économique est à vérifier au cas par cas.
Source : GIE lait – viande de Rhône-Alpes
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