Michel Barnier, Européen convaincu, remplace Christine Lagarde au ministère de l’Agriculture.
Conséquence de l’échec d’Alain Juppé aux élections législatives à Bordeaux, François Fillon et Nicolas Sarkozy ont procédé à un profond remaniement du Gouvernement.
Démissionnaire, Alain Juppé a été remplacé sur le champ par Jean-Louis Borloo au ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables. Christine Lagarde, l’éphémère ministre de l’Agriculture du premier Gouvernement Fillon a été appelée à Bercy pour lui succéder. Pour la remplacer, rue de Varenne au ministère de l’Agriculture, Nicolas Sarkozy et François Fillon ont fait appel à Michel Barnier bien connu des milieux agricoles. Il a été invité à plusieurs Congrès de la FNSEA , dont le dernier à Marseille, au mois de mars 2007 pour débattre de l’avenir de la Pac et des négociations de l’OMC. Il s’y est fait remarquer par sa hauteur de vue sur les questions européennes et internationales. « On ne pourra pas avoir une politique agricole forte avec des institutions faibles », avait-il déclaré.
Avant d’appeler de ses vœux la relance du processus de ratification du
Traité européen pour doter l’Europe d’un cadre opérationnel adapté à
l’élargissement.
Militant des premières heures
Agé de 56 ans - il est né le 9 janvier 1951 à La Tronche en Isère - il est un militant précoce, dès l’age de 14 ans, du mouvement gaulliste. Diplômé de l’École supérieure de commerce de Paris, il consacre l’essentiel de sa carrière à la politique d’abord en Savoie, puis au niveau national et européen.
Conseiller général de la Savoie, puis député, il devient président du conseil général de la Savoie de 1982 à 1999, où il organise les Jeux olympiques d’hiver d’Albertville, en 1992.
Passionné de protection de la nature et d’aménagement rural, il intègre en 1993 le Gouvernement Balladur comme ministre de l’Environnement.
Sous le Gouvernement Juppé en 1995, il devient ministre délégué aux Affaires européennes jusqu’à la dissolution de l’Assemblée nationale en 1997. Élu sénateur de la Savoie jusqu’en 1999, il est nommé à Bruxelles, comme commissaire européen chargé de la politique régionale et de la réforme des institutions.
De retour en France en 2004, il devient le ministre des Affaires étrangères dans le Gouvernement Raffarin. Ecarté du Gouvernement Villepin, il revient aux affaires à l’Agriculture où l’Europe et l’environnement constitueront sans doute ses priorités.
«Une compétence reconnue»
La FNSEA a réagi favorablement à la nomination de Michel Barnier au ministère de l’Agriculture et de la Pêche, « une compétence reconnue et respectée dans les instances européennes et internationales ». Avant d’ajouter que « les paysans auront besoin de toute son expérience et tous ses talents pour défendre et promouvoir le modèle agricole française et européen » et de lui demander déjà « de faire preuve de fermeté pour que Mandelson respecte le mandat qui lui est confié dans les négociations de l’OMC ».
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