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Le prochain départ en retraite ne sera sans doute pas compensé par l’arrivée d’un nouvel associé |
La vie du Gaec du Val Saint Jean n’a pas été un long fleuve tranquille : changements de productions, d’associés, et dernièrement emprise de la LGV...« Aujourd'hui, nous sommes en vitesse de croisière », estiment ses membres.
Jean-Marie Thiou, agriculteur en Gaec à Thervay, montre la colline située juste derrière l’exploitation : la ligne à grande vitesse passe à 500 mètres de là, traversant la vallée de part en part. Le passage du TGV Grand-Est a amputé le Gaec du Val-Saint-Jean d’une vingtaine d’hectares qui seront réparés à hauteur de 5% seulement par le remembrement en cours.
Aujourd’hui, le Gaec est composé de quatre membres âgés de 29 ans, 32 ans, 42 ans et 61 ans pour une exploitation de 393 hectares, 504 000 litres de lait et 150 taurillons. Après deux départs en retraite successifs, compensés à chaque fois par l’arrivée d'un nouvel associé, Jean-Marie pense que sa chaise restera définitivement vide. Les autres associés devront gérer l’après TGV et son impact sur la structure : «L’exploitation sera figée dans son système ensilage toute l’année. Si par obligation, il fallait revenir au foin, ce ne serait plus possible. Des parcelles sont coupées, d’autres trop éloignées ».
Le Gaec du Val Saint-Jean fut l’un des dix premiers Gaec du Jura. Au départ, la structure réunit trois agriculteurs voisins, sans liens familiaux.
Au fil des renouvellements, elle conserve son caractère hors cadre familial sans que les nouveaux arrivés puissent bénéficier pour autant du programme régional d'installation (PRI). Sébastien Thiou, fils de Jean-Marie, prendra la place d'André Barbier en 2003. Le dernier arrivé en date, Romuald Geley, est aussi le fils d'un des associés.
À chaque fois, le montant du rachat des parts sociales a fait l’objet d’une négociation avec l’ensemble des associés. L'inventaire de l’exploitation a été réalisé avec le comptable, un homme clé pour le Gaec. Tout comme les juristes de la commission Agriculture de groupe, le conseiller agricole et le banquier, invités chaque année à l'assemblée générale du Gaec.
Les plus anciens se souviennent des débuts laborieux du Gaec : la brucellose en 1978 et le drainage dans les mêmes années destiné à relancer la culture, l'abandon du lait pendant presque 15 ans puis la reprise de l’activité laitière en 1992 avec l’attribution de quotas SLOM. Durant toutes ces années, l’exploitation a dû opérer de grands virages pour parvenir à sa forme actuelle . « Aujourd’hui nous sommes en vitesse de croisière », constate Jean-Marie Thiou. S’il avait un conseil à donner concernant le renouvellement des associés au sein des Gaec, ce serait celui-ci : anticiper mais sans se presser ! « Parfois on veut aller trop vite. Au contraire, il faut absorber progressivement les changements.
carte d'identité
1er juin 1974 : création du Gaec du Val
Saint-Jean. Trois associés : André Barbier, Bernard Geley et Jean-Marie Thiou.
220 ha, 320 000 litres de lait - viande.
1978 : Brucellose.
1992 : Jean-Pierre Guillemot et Olivier Thiou rejoignent le Gaec qui compte cinq associés.
2003 : départ en retraite d'André Barbier, installation de Sébastien Thiou. 400 ha, 475 000 litres de lait.
2004 : départ en retraite de Bernard Geley, installation de son fils, Romuald.
2006 : Olivier Thiou quitte le Gaec.
2007 : emprise du TGV sur 20 hectares. Remembrement en cours. 393 hectares, 504 000 litres de lait standard et 150 taurillons.
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