Le Jura Agricole et Rural
Un Gaec de troisième génération
Gaec Humblot-Serrurot à Parcey
Jura agricole et rural
Publié le:  28 juin 2007
Page 12 

«Nous voulons garder un système simple, classique »

Le Gaec Humblot-Serrurot,créé en 1966, est le plus ancien Gaec du Jura encore en activité. Un Gaec de troisième génération qui garde bon pied, bon œil.

Leur secret de jouvence ? Une bonne dose de fair-play, une réelle entente entre associés, tous cousins par un père ou une grand-mère, et surtout de solides fondations. En 1966, quand Raymond Humblot, Lucien Humblot et Jean Serrurot créent le Gaec Humblot-Serrurot, ils ont de grands projets en tête et le sens de

l’organisation du travail.

En 1972, ils investissent dans un système de distribution d’aliments du bétail fabriqué en Suède, constitué de deux longs tapis convoyeurs de 40 et 30 mètres de long chacun, alimentés par un silo tour de 18 mètres de haut. Un petit air de

ferme canadienne... La stabulation libre, l’aire d’attente et la salle de traite construites à l’époque sont fonctionnels. Il a bien fallu remplacer le système de traite dans les années 90 par une 2x5 postes et faire la mise aux normes des bâtiments, mais rien d’extraordinaire. Le premier renouvellement

d’associé a lieu en 1972 avec l’arrivée de Gérard Humblot qui remplace Lucien. Puis, entre 1991 et 2005, Christophe Serrurot, Stéphane Humblot et Benoît Viellard remplacent leurs aînés. Pendant ce temps, l’exploitation poursuit son bonhomme de chemin, échappant – dans une zone pourtant proche de l’agglomération doloise et des méandres du Doubs et de la Loue – aux diverses emprises et contraintes environnementales. L’extension du golf de Parcey prévue en 2008 fera quand-même perdre 12 hectares à l’exploitation.

À l'intérieur du Gaec, les agriculteurs ne s’imposent pas de contraintes. Ils n’ont pas voulu signer de CTE, ni de Cad. Pas de règles précises de fonctionnement non plus mais un système classique qu’ils maîtrisent bien, chacun gérant son travail : traitement, semis, engrais,

traite... « L’avantage, c’est que nous sommes spécialisés, donc plus rapides. Si l’un de nous vient à être malade, il nous faudra revoir notre système », admettent les associés. Quant aux vacances, une

semaine par an, pas plus. Non qu’ils se limitent mais ils préfèrent une souplesse des horaires au quotidien.

Pour l’instant, l’exploitation se trouve bien dans ses murs. « Veaux, vaches, génisses... Tout tient ! Mais les maisons se rapprochent et nous sommes un peu coincés ». Derrière la ferme, le cimetière. Et le Gaec n’est propriétaire que de deux mètres autour du bâtiment. Une situation qui limite les évolutions. Le local phyto n’a pas encore trouvé sa place définitive, tout comme l’aire de rinçage du pulvérisateur. Il en faudrait plus pour inquiéter les trois associés. Leurs questions actuelles se concentrent sur le départ en retraite de Gérard en mars 2008 et l’éventuelle recherche d’un nouvel associé. « Nous avons déjà des candidats mais nous privilégierons quelqu’un de la famille ». Un cousin de plus. L’entente, c’est leur secret.

carte d'identité

320 000 litres de lait standard, 280 ha de cultures dont des cultures spécialisées (betteraves, légumes et multiplication de semences), 60 hectares de prairies.

Quatre associés : Gérard Humblot (59 ans), Christophe Serrurot (40 ans, marié, trois enfants), Stéphane Humblot (37 ans) et

Benoît Viellard (37 ans).


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