Le Jura Agricole et Rural
Cherche associé pour vivre autrement…
EARL de la Cote de l'Heute à Bonnefontaine
Jura agricole et rural
Publié le:  28 juin 2007
Page 13 

Depuis que son épouse consacre plus de temps à leurs trois enfants,la charge de travail de Raphaël Farrugia est lourde à supporter. L’éleveur ovin de Bonnefontaine ne craint pas le travail, mais l’apport d’un associé le soulagerait et lui permettrait de travailler et vivre autrement…

Suis-je fainéant ? s’interroge Raphaël Farrugia. Mon travail me plaît mais je ne veux pas en devenir l’esclave ! ». Pour l’éleveur ovin installé sous la côte de l’Heute à Bonnefontaine, le travail ne manque pas. Avec 500 brebis, une trentaine de bovins allaitants sur 160 hectares, soit l’équivalent de quelque 140 UGB, Raphaël Farrugia ne compte pas ses heures. Et ce d’autant plus que, depuis la naissance de leur troisième fille, son épouse Silke consacre l’essentiel de son temps à la famille et à l’éducation des enfants.

« Certes, elle vient encore me donner la main pour certains travaux, reconnaît l’éleveur. Mais, en travaillant seul la plupart du temps, il m’arrive d’être coincé car certaines tâches ne peuvent pas s’accomplir seul, comme rattraper des bêtes qui se sont échappées… Bien sûr la maison n’est pas loin, mais ce n’est pas l’idéal. »

Le chat qui se mord la queue

C’est dans ce genre de situation que l’éleveur apprécierait deux bras supplémentaires. Il n’avait certes pas envisagé cette problématique quand, en 1998, il s’est installé sous la côte de l’Heute. Dans une ferme-relais financée par la communauté de communes du premier plateau, soucieuse de conserver une activité agricole sur le secteur. L’exploitation étant importante, les élus souhaitaient y installer un couple. La venue des Farrugia a répondu à ce souhait et ce

d’autant plus que ceux-ci n’ont pas été avares de leurs efforts pendant toute la phase de démarrage…

Et puis les enfants sont nés, mobilisant de plus en plus leur maman loin de la ferme. Pendant ce temps, le mari a assumé la charge de travail libérée par son épouse. Et l’arrivée de différents stagiaires l’a aussi bien soulagé !

Mais, pour pérenniser sa ferme, l’exploitant a cherché d’autres solutions. Le choix d’un salarié n’étant pas économiquement intéressant, Raphaël a pensé à s’associer. La difficulté pour lui est de trouver un associé qui puisse le soulager de sa surcharge de travail, lui laisser du temps pour se consacrer un peu plus à sa famille ou à ses activités syndicales.

Mais pour lui, il est évident qu’un associé qui arriverait avec du foncier provoquerait un agrandissement de l’exploitation. Donc une augmentation de la charge de travail. « C’est un peu l’histoire du chat qui se mord la queue ! » commente l’éleveur.

À défaut de trouver l’oiseau rare qui pourrait répondre à ces attentes, Raphaël Farrugia prend son mal en patience. Il attendra encore deux années et le terme de certains emprunts pour que l’allégement du remboursement de ses investissements lui permette de reconsidérer sa situation.

carte d'identité

1997 : stage Proferea.

Avril 1978 : installation sur 100 ha. 350 brebis et 19 vaches allaitantes. Un bâtiment relais de 1 375 m2.

2007 : 30 vaches allaitantes. 550 brebis. 165 ha dont 80 de communaux. Manque de surface fourragère.

En formation Gaec

Avant de s’installer, les époux Farrugia ont suivi la formation sur l’installation en Gaec proposée par l’ADFPA du Jura.

Pour l’éleveur de Bonnefontaine, cette formation a été une expérience intéressante : « Entre associés, il y a toujours des caractères dominants. Le but est de permettre à chacun de s’exprimer. J’ai été en formation avec mon épouse et j’ai été parfois surpris de constater que ses priorités n’étaient pas forcément les miennes. Pour moi, la ponctualité au travail n’était pas importante alors que pour elle c’était la priorité numéro un. Et, ça je ne l’avais même pas remarqué dans notre vie quotidienne… Je pense que ces trois journées sont intéressantes. Elles ne coûtent rien, elles ne seront jamais négatives et pourront ouvrir les yeux à certains… »


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