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Le Gaec apporte un fonctionnement souple. Frédéric, qui est président de la FDSEA et de la FRSEA, part l’esprit plus serein |
Matin et soir, la traversée du village devenait une véritable épreuve pour cet homme de 50 ans. Son troupeau de montbéliardes, Alain Jeannet l'a finalement joint à une autre exploitation de Santans, en Gaec.
Installé en 1979 sur la ferme familiale, Alain Jeannet mène seul une exploitation de 80 000 litres de lait à comté pour 45 hectares de surface. La cinquantaine approchant, il n’envisage pas d’autre vie. « Je travaillais comme il faut et ça tournait bien ! » Mais en avril 2004, il saute le pas et rejoint le Gaec Perrot composé de deux frères, Thierry et Frédéric. Quels évènements l’ont fait changer d’avis ? Tout d’abord la ferme qui se situe en plein cœur du village.
Les allées et venues lui pèsent de plus en plus : « sauter sur le vélo, chercher les vaches, traire, les ramener au champ... et se faire engueuler... J’ai pensé arrêter le lait pour faire de la viande », raconte Alain Jeannet.
Impossible d’investir dans un nouveau bâtiment. La solution lui vient alors, comme une évidence. L’agriculteur travaille depuis huit ans avec le Gaec Perrot. Ils se connaissent bien. « C’est un atout pour se mettre en Gaec », pense l’agriculteur qui, à maintenant 52 ans, apprécie ses nouvelles conditions de travail. Le rythme d’exploitation a changé lui aussi. « Quand j’étais seul, au forfait, je n’investissais presque pas ».
Aujourd’hui, le Gaec inaugure un nouveau bâtiment pour les veaux, agrandit l’aire de stockage, a acheté deux postes de traite supplémentaires et aménage son bâtiment vaches laitières.
Alain suit les 230 bêtes du troupeau, une responsabilité qu’il partage avec Thierry Perrot. Il réalise aussi le labour et les apports d’engrais, Frédéric s’occupant plus particulièrement des céréales, des traitements et de la comptabilité. Mais les trois associés sont interchangeables en terme de travail. « Le Gaec est un atout, une force pour les systèmes d’exploitations mixtes de polyculture-élevage. Il contribue au maintien de l’agriculture dans des zones intermédiaires comme les nôtres en rationnalisant les investissements et en favorisant les économies d’échelle. Le Gaec est un outil de modernité qui permet de répondre aux préoccupations économiques et sociales des exploitants, avec un potentiel de production par
associé bien souvent inférieur à la moyenne départementale», remarque Frédéric Perrot.
À trois, les agriculteurs peuvent être présents aux périodes-clés : semis d’automne en même temps que les vêlages, semis de maïs pendant l’enrubannage et enfin les récoltes en même temps que la traite. « Le Gaec permet d’être performant et de concilier les travaux journaliers avec les autres travaux, les chantiers d'herbe ou les moissons pouvant se réaliser à deux », termine Frédéric Perrot. Et Thierry n’a là-dessus aucun doute, « à deux, on va trois fois plus vite ! »
carte d'identité
1984 : Gaec Perrot père et fils (Thierry).
1989 : retraite de Jean Perrot, installation de Frédéric.
1er avril 2004 : Alain Jeannet rejoint le Gaec Perrot.
Trois associés pour 406 000 litres de lait standard et 220 hectares.
80% du matériel en Cuma (100% du matériel de cultures).
Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?




