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Les salariés consacrent 527 heures par an à l'atelier poulet sans compter la commercialisation |
L’exploitation agricole du lycée agricole de Montmorot est atypique. Elle ne travaille qu’avec des salariés, sous la responsabilité d’un chef d’exploitation, fonctionnaire d’État. Elle a servi de cobaye à la méthode « bilan-travail » sur laquelle travaillent des étudiants…
L’exploitation agricole du lycée agricole de Montmorot comporte cinq ateliers différents et embauche pour la gestion de ces ateliers quatre salariés et demi, sans compter le chef d’exploitation, fonctionnaire d’État.
L’atelier viticole est géré par un salarié à temps plein aidé de stagiaires et élèves. Les six hectares de vigne sont situés sur les communes de L’Étoile et de Savagna, ils permettent la production des différentes catégories de vin produites dans le Jura (vin de paille, vin jaune, crémant, côte du Jura, …)
L’atelier vaches laitières dispose d’un quota de 240 000 litres de lait pour 35 VL. C’est l’atelier principal de l’exploitation. Il est complété par un atelier bœufs, les 10 animaux produits tous les ans sont issus du troupeau laitier.
L’atelier cultures comprend la production de céréales bio autoconsommées, de céréales traditionnelles consommées par l’atelier bovin et des surfaces fourragères consommées par le troupeau.
L’atelier poulets bio, lancé en 2000, assure la production de 2000 poulets par an.
À noter que les parties administratives et commercialisation sont assurées par le chef d’exploitation et une salariée à mi-temps.
En plus de leur mission de production, les salariés, aux 35 heures, doivent faire face à d’autres missions : recherche et développement, pédagogie, ce qui est une spécificité de l’exploitation du lycée.
Adaptation de l’étude «travail»
Ici, nous n’avons considéré que l’ensemble des salariés appartenaient à la cellule de base afin de tenter une évaluation du temps disponible calculé sur ce système un peu particulier.
Les salariés sont répartis sur plusieurs ateliers, il a donc été délicat de mettre en parallèle l’offre et les besoins en main d’œuvre. Ceci a été possible en regroupant les différentes activités en deux secteurs :
• le secteur polyculture-élevage, comportant les ateliers bovins lait, bovins viande (bœufs et génisses), et poulets bio. Trois salariés à temps plein y travaillent.
• le secteur viticulture, mis en œuvre par un salarié à temps plein.
L’étude travail a été réalisée cette
année par une classe de BTS ACSE deuxième année sur l’exploitation du lycée. Les références d’heures comptabilisées pour les salariés par atelier sont les suivantes :
• atelier bovins : 2 919 h ;
• atelier poulets : 527 h ;
• atelier système fourrager : 972 h ;
• atelier cultures : 298 h ;
• vignes : 2 641 h.
À ces heures de production s’ajoutent 360 h de commercialisation pour les poulets et les bœufs.
Ces heures ne prennent pas en compte le travail réalisé par les apprenants (notamment 1100h en vigne) et toute la partie concernant la pédagogie (réunions, travail avec les enseignants, les apprenants).
C’est ainsi que cette étude révèle la difficulté de conjuguer salariat et missions spécifiques sur une exploitation de lycée agricole, les salariés pouvant avec les 35 heures réaliser seulement la partie production, sans effectuer toutes leurs missions (notamment pédagogique).
Qualification du travail : la méthode "bilan travail"
La Chambre d’agriculture et les étudiants de BTS ACSE du lycée agricole de Montmorot travaillent depuis de nombreuses années sur la méthode Bilan travail, définie en 1992 et actualisée en 2000 par l’INRA(1) et l’Institut de l’élevage (B. Dedieu et G. Servière) pour des exploitations agricoles de type élevage. Cette méthode consiste en un entretien libre de deux heures, permettant de quantifier les temps de travaux par types de travaux, par période, et par type de personnel.
Pour ce qui est des types de travaux, on distingue les travaux d’astreinte (TA), travaux saisonniers (TS) et les travaux rendus (TR).
Une fois ce travail d’enquête réalisé, l’analyse permet de calculer le critère temps disponible calculé (TDC) : qui correspond au temps laissé à l’exploitant pour le travail administratif, les réunions, les formations, les loisirs privés….
Pour ce faire, on fait le point sur le travail réalisé exclusivement par la cellule de base (CB), puisque ce sont les personnes dont on souhaite connaître la marge de manœuvre.
Méthode de calcul :
Les hypothèses utilisées pour le calcul du TDC sont les suivantes :
• une journée compte 8 heures par travailleur ;
• les dimanches ne sont pas disponibles pour accomplir d’autres tâches que le travail d’astreinte.
La formule est la suivante :
TDC = nombre de jours disponibles x heures disponibles
Nombre de jours disponibles = Durée de la période – (nombre de jours de TS et de TR effectués par la cellule de base)
Avec durée de la période = (nombre de jours – les dimanches) x nombre de personnes de la cellule de base.
Les heures disponibles = 8 heures – (TA journalier de la cellule de base/nombre de personnes de la cellule de base)
(1) INRA Transformation des systèmes d’élevage, Theix 63122 Saint-Genes-Champanelle
(2) Institut de l’élevage, DSEE, BP 455, 63012 Clermont-Ferrand Cedex 1.ҽ
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