La production ovine permet de valoriser les fourrages, le matériel existant et une étable ancienne par un simple réaménagement futé. Pas questions pour autant de brader nos installations, il s’agit bien, dans un cadre défini, de réfléchir et de réduire les coûts pour dégager une viabilité d’exploitation avec atelier ovin.
L’image de la production auprès des professionnels, le regain d’intérêt de la formation agricole pour notre production, les actions de la charte sont là pour témoigner de ce dynamisme.
L’élevage ovin est aussi un atout pour notre territoire. Les éleveurs ovins sont bien souvent le dernier rempart à la friche après l’arrêt des autres activités. On estime que 30% en moyenne des surfaces des éleveurs ovins francs-comtois sont situés sur des zones difficiles : coteaux, pelouses sèches, zones humides… L’équilibre entre les différents types de terrain et l’adaptation des systèmes aux surfaces permet bien souvent, après estimation des contraintes liées aux surfaces, d’entretenir des terrains. En cela les éleveurs ovins et ce tout particulièrement dans le Jura, jouent pleinement un rôle en matière d’entretien et d’aménagement des espaces et du cadre de vie de nos concitoyens. Les professionnels de la filière regrettent cependant que ce rôle important, en phase avec les aspirations de la société, ne soient pas toujours pleinement reconnus.
Enfin, au niveau économique, la Franche-Comté a su garder la main sur la commercialisation de ces agneaux.
Le groupement Franche Comté Animaux est bien le fruit de l’évolution de Juragneau, petite coopérative sur laquelle tout le monde ne pariait pas à son démarrage.
Aujourd’hui, c’est fort de son poids économique que FCA peut tenir le coup face à des plus grandes structures.
Face à ce dynamisme, à leur implication dans la vie sociétale et économique de la région, les éleveurs ovins se posent cependant quelques questions.
Comment se fait-il que l’élevage ovin soit rentable hors primes et que primes intégrées, il ne soit que le dernier de la classe ?
Comment se fait-il que cet élevage, qui a toujours fait le pari de l’extensivité, ne soit pas aujourd’hui mieux récompensé de ces efforts ?
Quelle production choisir ?
Si l’on analyse en parallèle, les Otex 2003, (source Rica traitement BAEP), le résultat courant par UTA familial en ovin (troupe comprise entre 350 et 450 têtes) est de 12 370 euros et de 172 euros/UGB.
En système bovins viande naisseur (effectif compris entre 50 et 70 têtes), le résultat courant par UTA familial est de 21 847 euros et de 283 euros/UGB.
En vaches laitières (39 vaches présentes), le résultat courant par UTA familial est de 16 975 euros et de 359 euros/UGB.
Il ne s’agit pas ici de déshabiller Paul pour habiller Jacques, mais bien, dans un contexte qui s’annonce de plus en plus difficile (réforme de la Pac, libéralisation des marchés accrue) de prôner l’égalité des chances entre les productions pour leur permettre de franchir le cap de ces prochaines échéances. En conséquence, les éleveurs ovins défendent au niveau national l’augmentation de l’accompagnement de l’élevage ovin pour les prochaines années de 15 euros/brebis.
Le contexte actuel le souligne d’ailleurs. Avec près d’un euro de baisse de prix sur l’agneau en moins d’un mois soit 20 euros/agneau, nous sommes inquiets pour l’avenir de nos élevages. Si nous voulons pouvoir réaliser les progrès nécessaires et les investissements sur nos exploitations pour résister à un contexte de plus en plus difficile, un soutien complémentaire doit être mis en place. L’objectif est bien d’accompagner réellement un élevage dynamique sur le plan économique, sociétal et territorial. L’élevage ovin est en danger.
Et maintenant le loup…
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