|
En forêt de Chaux, présentation de l'ambroisie et de ses dangers, organisée autour du préfet Christian Rouyer |
Un plan de lutte départemental est mis en place contre l’ambroisie, plante au pollen très allergisant et par ailleurs nocive pour la qualité des récoltes…
L’ambroisie est une plante qui peut envahir les milieux naturels et affecter la production agricole en réduisant la qualité des récoltes. Elle provoque surtout de graves problèmes de santé publique par l’intermédiaire de son pollen très allergisant.
Même si la plante y est présente depuis une vingtaine d’années, le Jura n’est certes pas touché de manière aussi importante que la région Rhône-Alpes. Mais son développement et la nécessité de l’éradiquer dès les premières apparitions conséquentes, ont conduit les services de l’État et du Conseil général à lancer un véritable plan de lutte.
Conduit avec l’appui technique du Conservatoire botanique de Franche-Comté, celui-ci a été lancé officiellement et « symboliquement » lors d’une opération de démonstration et de sensibilisation menée par le Préfet Rouyer.
Le représentant de l’État s’est rendu sur le terrain, à Chissey-sur-Loue. Entouré d’une délégation d’élus, représentants des administrations concernées et autres techniciens, il a pris le chemin de la proche forêt de Chaux. C’est sur le site de la « cabane des Lyonnais » que les plantes ont été identifiées. Cette cabane servait de lieu de retrouvailles, pour le week-end, à des personnes de la région lyonnaise qui, avec leurs véhicules, ont vraisemblablement importé la plante sur le site. Idem pour des meutes de chiens de chasse venues de la Drôme…
Un fort potentiel allergisant
L’ambroisie est une plante dressée de 20 à 120 centimètres qui adopte un port de buisson lorsqu’elle dispose de place. Dans notre région, elle peut surtout être confondue avec l’armoise vulgaire. Mais la simple comparaison des feuilles permet de distinguer les deux espèces : les feuilles de l’armoise sont vertes sur la face supérieure, et blanches tomenteuses sur la face inférieure. De plus l’armoise dégage une odeur marquée quand on la froisse, contrairement à l’ambroisie qui reste inodore.
Chaque pied produit plusieurs milliers de graines qui conservent leur pouvoir germinatif jusqu’à dix ans. Ces graines sont essentiellement propagées par les activités humaines (engins agricoles et de chantier, déplacements de matériaux infestés, nourrissage des oiseaux par des graines contaminées…). Les crues contribuent aussi à leur dispersion le long des cours d’eau.
L’ambroisie nuit aux milieux naturels en les envahissant. Elle affecte la production agricole en réduisant la qualité des récoltes. Elle produit, en août, une importante quantité de grains de pollen qui sont facilement aéroportés sur de grandes distances. Ce pollen possède un fort potentiel allergisant qui se manifeste par divers troubles : rhume des foins pouvant se compliquer en otites, sinusites, bronchites, asthme mais aussi des conjonctivites, urticaires, eczémas… 6 à 12% de la population seraient sensibles au pollen d’ambroisie dont 5 grains par mètre cube d’air suffisent à déclencher des symptômes.
Un plan de lutte
Hormis quelques stations aux environs de Saint-Claude, l’ambroisie est pour l’heure localisée en zone de plaine. Ses populations les plus étoffées se rencontrent dans la basse vallée du Doubs, à partir de Dole et en Bresse jurassienne. L’espèce a également été observée en basse vallée de la Loue, dans le sud du Jura entre les vallées de l’Ain et de la Bienne, ainsi qu’en forêt de Chaux.
Le plan de lutte comporte des techniques préventives de sensibilisation du grand public, des élus, des agriculteurs… sur les dangers de la plante et la nécessité de la détruire. Il conseille également de limiter les terres dénudées (chantiers, bords de routes, friches…) en procédant à un couvert du sol, végétal ou autre…
Pour les techniques curatives, dans les zones peu infestées ou peu praticables par des engins mécaniques, la plante se détruit très bien par arrachage. Technique qui présente l’avantage d’être sélective et de permettre l’élimination de tous les plants. En revanche, les zones très envahies peuvent être traitées grâce à la fauche.
La lutte ne sera efficace que si la répartition de l’ambroisie sur le territoire est connue. D’où une invitation du Conservatoire botanique régional à lui signaler toute nouvelle observation (www.conservatoire-botanique-fc.org/ambroisie). Les établissements et services publics peuvent être également consultés sur les techniques de lutte..
- La Safer et le droit de préemption
- Chemin rural ou chemin d'exploitation
- «Je veux un tracteur, comme papa !»
- La paille a-t-elle un prix ?
- La Vache qui rit se met en scène
- Un combiné bois de chauffage à l'essai
- Personnaliser le collectif
- Une récolte 2008 abondante
- Un dimanche à la ferme
- Plantations : Les distances à respe...
Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?




