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Bernard, Jean-Yves et Philippe Noir, les trois associés actuels du Gaec de la Petite Marne |
La visite du Gaec de la Petite Marne à Poligny, était inscrite au programme de la première journée du congrès Gaec et Sociétés.
L’histoire du Gaec de la petite Marne et cette de la famille Noir, exploitants agricoles de père en fils, sont étroitement liées à Poligny. Certes la constitution du Gaec ne remonte qu’à quelques années.
A 1981 exactement, année où Jean et son épouse Maryvonne s’associent avec Bernard, le frère de Jean qui succède ainsi à leur père. L’exploitation produisait essentiellement du lait et, sur quatre hectares de vigne qui avaient été plantés dans le cadre du plan, de relance de la vigne dans le Jura, du raisin qui était livré directement à la coopérative de Poligny.
En 1983, les associés décident la construction d’un bâtiment d’élevage, une stabulation libre avec logettes et salle de traite. Comme Jean-Yves et Philippe, les deux fils de Jean, étaient en formation au lycée agricole de Montmorot, le bâtiment a été conçu pour héberger un troupeau de cent laitières…
Mais arrive l’année 1984 et les quotas laitiers qui bouleversent la donne. L’exploitation ne cherche plus de surface pour faire du lait mais se tourne vers la vigne. Après un cursus en viti-œnologie, Jean-Yves va s’installer en 1991. On en profite alors pour planter cinq hectares supplémentaires de vigne…
« J’étais intéressé par le travail de la vigne mais je tenais aussi à la partie agricole, se souvient-il. C’est juste une question affective, une question de mode de vie car j’aime la vie à la ferme… »
Besoin de trouver sa place
En 1997, le Gaec s’agrandit et évolue avec l’arrivée de Philippe et, quatre ans plus tard, avec le départ à la retraite de Jean. « Chacun avait besoin de trouver sa place explique Jean-Yves. Mon oncle s’occupait de la ferme et mon frère a pris en charge toute la partie comptabilité et administration de l’exploitation. Il voulait aussi se consacrer à la partie commerciale avec la coopérative, mais nous avons connu des problèmes d’entente qui ont fait que nous ne nous sommes pas investis comme nous l’aurions voulu… » Pis même, les Noir quittent le Caveau des Jacobins en 2003.
Les deux frères peuvent alors se consacrer à la création d’une cuverie qu’ils ont décidé en rachetant une ancienne ferme située en bordure de la RN 83. Et le travail les submerge vite : « La vinification en cuverie nous a amené une charge de travail supplémentaire. Il fallait vinifier, accueillir les clients au caveau, vendre le vin… Nous avons vite saturé. L’idée de trouver un nouvel associé a fait son chemin, mais il n’était pas évident de faire rentrer un tiers qui puisse trouver sa place… »
Le choix du salarié
Le choix des associés s’est porté sur le recrutement d’un salarié. Une étude économique a été menée avec le comptable et le service-emploi de la Chambre d’agriculture. La difficulté a été alors de trouver un salarié qui soit suffisamment polyvalent pour assurer les différents travaux de la ferme.
Une difficulté qui a été surmontée avec l’embauche d’Adrien, au mois de janvier dernier, en contrat CNE à plein temps, sur 35 heures annualisées.
« L’exploitation tourne toujours au même rythme, constate Jean-Yves. Mais le renfort d’Adrien nous a permis de dégager du temps que nous consacrons soit à des tâches nouvelles (une dizaine de salons par an) soit à nos familles dont nous profitons maintenant un peu plus… »
Des familles où grandit la future génération des Noir. A eux trois, les associés du Gaec de la Petite Marne n’ont pas moins de six garçons de la même tranche d’âge…
C’est aussi à ceux-ci, à l’avenir du Gaec qu’il leur faut penser chaque fois qu’une décision doit être prise. Et les décisions ne manquent pas. Car, après l’emprise de la déviation routière de Poligny, les Noir se voient aujourd’hui confrontés à un nouveau problème : l’extension de la zone commerciale dont ils sont les plus proches voisins. Un véritable scénario de saga télévisée !
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