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L’activité porcine concerne 60 adhérents et 75 sites de production |
Après une excellente année 2006 les filières viande souffrent d’un repli de la consommation, ce qui pèse sur les cours. Philippe Pierrat, directeur de Franche-Comté Elevage, a fait le point sur la situation.
L’assemblée générale de la coopérative Franche-Comté élevage avait lieu le 8 juin dernier à Besançon-Micropolis. Son président Christophe Jacquin a commencé par brosser un rapide tableau des filières viande, cœur d’activité de la coopérative, à l’issue de ce premier trimestre 2007. « Pour les bovins, c’est une tendance baissière pour toutes les catégories d’animaux, liée au repli de la consommation de la viande rouge. Pour les vaches on perd 0,15 euros. En taurillons, nous avons 29% de collecte en plus : le découplage n’a pas eu l’effet escompté ! La baisse est inquiétante, à 0,5 euro/kg. Enfin la filière veaux de boucherie traverse une crise importante, liée à l’explosion du prix de la poudre de lait, qui a pris 300% en un an et demi, et s’établit maintenant à 300 euros la tonne. Les engraisseurs perdent de l’argent. Tous ces éléments posent le problème de la lisibilité du marché à moyen terme. Personne n’est plus capable de prédire ce qui va se passer dans un ou deux ans. » Du côté de la production porcine, après plusieurs semaines pendant lesquelles le cadran est resté bloqué à 1 ?, une petite embellie se dessine. Le président s’est réjoui de la montée en puissance de l’abattoir de Valdahon, avec 156 000 porcs abattus en 2006, soit le double de ce qui se faisait l’année de l’ouverture.
Une cinquième maternité collective
« C’est un bon résultat, mais l’outil est maintenant à saturation, et la fin des amortissements coïncide avec l’augmentation des charges d’entretien… il faudra réinvestir pour pouvoir continuer à travailler ! » Dans cette filière porcine, une cinquième maternité collective va bientôt voir le jour à Septfontaine, dans le Doubs, avec un démarrage des travaux prévu dès cet automne. « Ce projet avec 900 places de truies, permettra de produire 20 000 porcelets par an. C’est une nécessité pour la sécurisation économique et sanitaire des filières de qualité régionales. » Spécificité du futur établissement, il est situé en zone montagne, et donc apte à fournir en porcelets les ateliers d’engraissement qui souhaitent obtenir l’appellation « porc de montagne ».
Philippe Pierrat, le directeur, a présenté pour sa part l’activité de l’exercice 2006 à l’aide d’un diaporama très complet. Les vaches restent en effectif la catégorie de bovins adultes la plus collectée par la coopérative : 14 695, dont 84% de montbéliardes. Suivent les « JB », 7 405, 56% montbéliards. « 2006 a été une année record pour les cours, mais depuis début 2007 c’est la chute des cours, avec une baisse de 0,4 à 0,5 euro/kg. Les vaches se tiennent un peu mieux, avec un effet de substitution sur les JB. On a à la fois un recul de la consommation de viande en France et de nouveau l’apparition de viande bovine européenne dans les prospectus des GMS, tandis que le marché européen est peu porteur. » Les génisses commercialisées sont 2 490, et les bœufs 1 762. Le prix des veaux (266 euros en moyenne en 2006) accuse début 2007 un recul de 30 euros, et le président évoque « un risque de cours bas prolongés ». La coopérative a collecté 24 172 jeunes veaux, réexpédiés pour près de la moitié d’entre eux dans l’Ouest. « Nous avons des inquiétudes par rapport à la fièvre catarrhale, qui pourrait compromettre ce débouché. » Franche-Comté élevage travaille également avec 12 éleveurs de la région sont spécialisés dans la production de veaux sevrés. Les taurillons constituent un autre pôle important du secteur d’activité bovin : 1 588 taurillons sont collectés et pour l’essentiel exportés vers l’Italie, l’Algérie et la Grèce.
A cette activité de négoce d’animaux de boucherie, la coopérative associe le commerce de reproducteurs en partenariat avec Socobem : 1 614 vaches laitières et 933 génisses en 2006. « On constate aujourd’hui que la vache laitière vaut plus que la génisse. C’est le phénomène de la vache vêlée achetée pour traire du lait immédiatement qui explique cette tendance. » Les principales exportations se font vers la Roumanie et l’Irlande.
Le directeur a aussi fait le point sur les démarches qualité, Montbéliarde qualité du groupe Carrefour « avec des variations du simple au triple, de 30-40 bêtes par semaine à 120, selon les promotions ». Le groupe Casino a pour sa part abandonné depuis un mois la démarche Terre et Saveurs, pour ne conserver que l’identification raciale des animaux. Enfin en agriculture biologique, même si la demande reste inférieure à l’offre, elle se maintient.
L’augmentation des prix du carburant pose un problème aux dirigeants de la coopérative : « En 2006, nos camions ont parcouru 1,5 million de kilomètres », rappelle le directeur. Or le nombre d’animaux collectés par arrêt est hétérogène, 1,7 en moyenne en zone de montagne contre 3,4 en plaine. « Il faut qu’on trouve un moyen pour charger plus d’animaux à chaque arrêt du camion » a affirmé le président.
Filière porcine
L’activité porcine concerne 60 adhérents et 75 sites de production. En 2006, 157 000 porcs charcutiers ont été produits, 39% dans le Doubs, 16% dans le Jura et 12% en Haute-Saône. 95% sont commercialisés à la filiale de la Coopérative, la SA Eleveurs de la Chevillotte. Les signes de qualité sont le label rouge, le CCP Porc de petit-lait. Enfin la coopérative mise sur le développement de l’appellation Montagne, en investissant dans la maternité collective de Septfontaines, à hauteur de 39% du capital. La saisonnalité de la demande de la saucisse de Morteau est atténuée par « une volonté de travail régulier de la part des clients. Les relations avec les salaisonniers se sont améliorées depuis la pacification du dossier Morteau », note avec satisfaction le président. « Des investissements de rénovation et de modernisation de l’abattoir sont programmés en 2007, à hauteur de 790 000 euros. »
Michel Renevier, président de la Chambre régionale d’agriculture, s’est inquiété des difficultés possibles d’ouverture de porcheries de fruitières, compte tenu des bonnes possibilités actuelles de valorisation du sérum par ailleurs. « Nous savons d’expérience que les cours élevés du sérum ne tiennent jamais longtemps. » Jean-Paul Thonnot, éleveur haut-saônois de vaches laitières a pour sa part posé la question de la propreté des cuirs – animaux partis propres de la ferme et déclarés sales par l’abattoir – et du délai d’abattage parfois important. « Pour la propreté des bovins, nous avons eu plusieurs questions de la part d’éleveurs, et une fois les renseignements pris du côté de l’abatteur, tout n’était pas si clair… confusion du numéro ou autre. Pour le délai d’abattage, il existe un accord interprofessionnel qui fixe un délai maximal. C’est à ce niveau qu’il faut agir, car nous n’avons pas de moyens de protester si ce n’est d’interrompre les livraisons et donc de nous pénaliser nous-mêmes », a précisé le président.
Après le trou d’air de 2005, l’exercice amputé par une forte provision, la situation financière est saine, avec un faible niveau d’endettement. « Sur 20, je vous mettrais 14 », a conclu le commissaire aux comptes à la fin de son rapport.
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