Le Jura Agricole et Rural
Une démarche qui dure
Association Montbéliarde Qualité
Jura agricole et rural
Publié le:  05 juillet 2007
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Au cours de l'année 2006, la filière Montbéliarde qualité a permis de valoriser 8 707 carcasses, soit un léger recul, de 1,9% par rapport à 2005, selon le rapport d'activité présenté par Olivier Billerey, animateur de l'association. Cela correspond à 1 315 tonnes de muscles et 594 tonnes de haché frais commercialisés sous cette marque par le groupe Carrefour. Il s'agit avant tout de vaches (1 460), âgées en moyenne de 69 mois, mais également de boeufs (128) et de génisses (36). Michel Jacquin, président de l'association, s'est félicité de cette stabilité dans le temps : « On n'a plus le même potentiel aujourd'hui que dans les années où la filière viande était en crise, c'est sûr. Mais c'est une démarche qui dure dans le temps. » Les abattages ont été réalisés à Cuiseaux (3 992) et à Reims (4 715).

Prime modulée au cours de l'année

Pour encourager les 2 300 élevages qualifiés à fournir des animaux de réforme pendant les périodes où la demande est forte, un système de modulation de prime est en place, de 0,04 à 0,13 ?/ kg selon les semaines. En 2007, la courbe de modulation a été de nouveau revue, avec deux « pics » à 0,15 euro du 25 février au 25 mars et du 20 août au 16 septembre. En revanche la prime sera nulle du 8 octobre au 2 décembre. L'adéquation entre offre et demande reste en effet particulièrement délicate, « La vache de réforme est un sous-produit des élevages laitiers, ce n'est pas comme les veaux ou les taurillons, dont la sortie peut être planifiée. », précise Michel Jacquin. La qualification des animaux au moment des abattages, qui permet d'accéder à la prime n'est pas automatique. « La rémunération de la qualité est liée au respect du cahier des charges, ce qui implique un tri. C'est la condition indispensable pour avoir une viande de qualité dans les rayons. », explique M. Pitton, responsable des approvisionnements en viande du groupe Carrefour. « C'est une bonne viande, sur le plan de la qualité des fibres, de la tendreté... son seul défaut, c'est qu'elle est parfois sombre. », assure pour sa part Jacques Pesanti, directeur commercial du groupe Bigard.

Contaminations croisées mal maîtrisées

M. Guénaudeau, représentant de l'organisme certificateur Qualité France, a fait le point sur les contrôles réalisés par son entreprise sur la démarche Montbéliarde Qualité. Dans les élevages (111 contrôles), les « écarts » sont en diminution. « Il n'y a pas d'écarts majeurs par rapport au cahier des charges. La plupart portent sur des aspects documentaires : carnet sanitaire non tenu – 17 cas, ordonnance – 3 cas... Les analyses d'eau ne sont pas non plus toujours réalisées une fois par an. » Du côté des structures d'élevages, l'auditeur épingle 15 écarts sur 33 contrôles réalisés avec « une incohérence entre les constats de Qualité France et ceux de l'organisme, et une absence de suivi des écarts. » Enfin, chez les fabricants d'aliments, 37 sur 51 présentent des écarts. « Parfois ce sont les procédures internes qui ne sont pas respectées, ou absentes. La mauvaise maîtrise des contaminations croisées nous semble la plus grave, avec la possibilité future de ré-autoriser les farines animales dans l'alimentation des porcs... Les non conformités proviennent soit de l'absence de circuits et cellules de stockages indépendants, soit de matériels vétustes, et ce pas forcément chez les petits fabricants. »

Le représentant de Qualité France a ensuite fait un exposé sur le thème des signes de qualité, actuellement en pleine refonte. « Les démarches de conformité produit ou DCP vont vers une simplification. La place de la réglementation dans les cahiers des charges fait débat. Certains voudraient faire sortir tout ce qui est réglementaire des cahiers des charges. Ces aspects seraient codifiés dans des guides de bonnes pratiques, contrôlés par un organisme indépendant. » En agriculture, la Charte des bonnes pratiques d'élevage pourrait-elle jouer ce rôle ? « La démarche n'en est pas au même point selon les régions... ce qui pose un problème. », répond M. Guénaudeau.


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