La démarche lancée en novembre dernier dans la précipitation après l’échec de la CVO avait plusieurs objectifs, mais le plus important aux yeux des initiateurs du projet était de fédérer les producteurs autour d’un projet commun, capable de répondre certes de manière imparfaite au déséquilibre des filières, et surtout de préparer l’avenir en testant des schémas d’organisation collective.
Quatre critères avaient été, depuis le début de la démarche, mis en avant de manière à suivre son impact :
Le prélèvement au producteur
Cet aspect sensible car touchant au portemonnaie semblait incontournable pour sensibiliser l’ensemble des producteurs à la nécessité d’une démarche collective. Plus de 70 interventions en coopératives, deux réunions ouvertes aux producteurs réunissant l’ensemble des organisations syndicales et les FDCL, illustrent la forte mobilisation qu’il y a eu à ce sujet : comme on dit «la CV, on en a causé».
Le prélèvement n’ayant pu être mis en place dans toutes les coopératives, il a concerné 80 % des fruitières, ce qui représente chaque mois plus de 1 800 producteurs de la zone comté qui observaient sur leur fiche de paie le prélèvement.
On peut donc se réjouir de l’impact de la sensibilisation effectuée.
Conformément à ce qui a été prévu, les ateliers ayant répondu aux objectifs ont touché une aide équivalente à leur cotisation de départ.
Un fonds de garantie
Cette mesure a été mise en place pour crédibiliser la démarche au fur et à mesure de son avancement (les versements nécessitant la mise en place automatique de moyens pour respecter les conditions de retour) et donc mesurer l’impact de l’engagement collectif (cf. encart).
Plus de 30 000 t de droit à produire ont été concernées par la démarche et 98 % des coopératives ayant abondé ont respecté leur engagement.
Plus d’un million d’euros a pu être ainsi collecté par le fonds, et la gestion a été entièrement prise en charge sans frais par les FDCL.
Par ailleurs, cet investissement a permis d’impliquer nos partenaires les affineurs qui ont ainsi pu abonder à hauteur d’environ 20 % le retour de la CV pour celles qui ont joué le jeu.
La non-production
Afin de respecter les objectifs, plusieurs filières de déviation de produits ont été mises en place. Ainsi, plus de 200 t de comté ont été destinées à la fonte par l’intermédiaire de deux acheteurs.
Sur la filière lait, près de deux millions ont été valorisés en dehors des filières traditionnelles en concertation avec les entreprises de la filière de lait standard.
En ajoutant les producteurs ou ateliers qui ont choisi la non-production, c’est environ un effort de 1 000 t qui a été produit. Cet effort considérable a limité l’évolution de la production à + 0,14 % sur l’ensemble de la filière alors que l’augmentation avait été de 1,4 % et 0,8 % pour les campagnes précédentes. L’évolution du prix des Comté s’en est immédiatement ressentie.
Le marché
L’objectif de la démarche pour la filière, était, pour mieux répondre à la demande du consommateur, d’être en adéquation en terme qualitatif (saisonnalité…) entre l’offre et la demande.
Au 31 mars, l’état des stocks de la filière (cf. graphique) avait très légèrement progressé. Malgré les fortes augmentations du potentiel de production, un équilibre a pu être trouvé sur le marché.
L’évolution des prix de fromage de fin 2006 et début 2007, traduit par son redressement (cf. graphique), une certaine sérénité. Le gain de cette évolution favorable s’estime à une plus-value de 50 euros/t sur le prix moyen des douze derniers mois glissants.
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