Le Jura Agricole et Rural
Écrire l'avenir
Jura agricole et rural
Publié le:  05 juillet 2007
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Malgré les incertitudes économiques, il est temps pour l’interprofession laitière de se mettre en ordre de marche, de réfléchir et de proposer des pistes pour l’avenir.

Trente ans après l’instauration des quotas laitiers et des mécanismes permettant de mettre en application le principe de préférence communautaire, tout devra être recréé dans un contexte nouveau fait de libre échange, à l’échelle planétaire. Dans le domaine laitier, réforme après réforme, la politique agricole commune a été vidée de son contenu : suppression des prix d’intervention, suppression des dispositifs de stockage, augmentation progressive du quota européen. A partir de 2013, c’est la loi du marché et elle seule qui définira le prix. Face à cette situation, deux réactions sont possibles : rester spectateur d’une gestion libérale ou s’organiser collectivement pour devenir acteur de la gestion du marché. Certains secteurs ont déjà payé très cher leur manque d’organisation collective et dans ce cas, c’est bien la loi du plus fort qui s’applique. A contrario, l’organisation collective actée dans un cadre interprofessionnel a fait ses preuves. Certes, elle nécessite des échanges, des débats, des compromis mais que vaut il mieux pour demain ?

Les filières laitières qu’elles soient sous appellations d’origine contrôlées ou standard ont déjà cette culture de la négociation entre les acteurs de la filière : négociation des cahiers des charges, négociation des plans de campagne, négociation des accord de prix. Jusqu’alors, il s’agissait davantage de protéger les intérêts particuliers d’une famille par rapport à une autre. Mais demain et sans pour autant remettre en cause les échanges internes aux filières, il s’agira de fédérer l’ensemble des acteurs du lait AOC comme du lait standard, producteurs, coopérateurs, affineurs et industriels pour gagner la bataille du marché. Il y a trop d’interdépendances entre les maillons de la filière pour se passer d’une démarche globale et ensemble, construire l’avenir.

La Franche-Comté et de manière plus large, l’Est de la France ont des potentialités indéniables. Outre une position géographique stratégique entre l’ouest laitier et les portes de l’Europe de l’Est, la densité laitière préservée, le savoir faire fromager, la performance des entreprises de transformation et d’affinage ou la technologie des structures de formation sont autant d’atouts à valoriser. Il reste cinq ans pour tout créer, alors, imaginons l’avenir ensemble !


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