La presse généraliste multiplie ces derniers temps les articles sur la hausse des prix des produits agricoles, soulignant ainsi le caractère exceptionnel de la situation. La baisse continuelle des matières premières agricoles était loin de faire la Une des journaux, d’autant que les consommateurs n’avaient pas le sentiment d’en être bénéficiaires. La baguette ou le camembert ne suivaient pas, il est vrai, la même pente que celle des céréales ou du lait.
Se nourrir dans nos pays développés est devenu une affaire banale. On ne fait généralement plus le lien entre le produit déposé dans le caddie et les hommes et les femmes qui labourent, cultivent, ou traient les vaches. Encore moins entre le prix dudit produit et celui des matières premières. Il est temps de resituer l’agriculture dans sa mission première, celle de l’alimentaire, même si nous militons aussi pour lui attribuer bien d’autres rôles, énergie verte, aménagement du territoire, entretien de l’espace, ciment du tissu rural, etc...
Si le monde a un besoin vital de l’agriculture, les agriculteurs ont besoin de vivre par les prix de vente de leur production. Chacun commence à se rendre compte que la baisse du prix du lait a clairement contribué au désengagement de certains éleveurs. Et chacun se rend compte que lorsqu’un producteur de lait cesse son activité, cette décision est irréversible.
Aujourd’hui les marchés laitiers se tendent du fait d’une demande grandissante à laquelle répond une production plutôt en décroissance. Il est donc grand temps de recaler les choses et que les producteurs de lait retrouvent un intérêt à leur métier par un prix plus juste et équitable. Les indicateurs économiques sont au vert, et le prix du lait devrait progressivement s’améliorer pour faire face à des charges qui augmentent régulièrement et qui sont en train de faire un nouveau bond important. Le 10 juillet, la filière doit se rencontrer pour établir la recommandation d’évolution du prix du lait pour le prochain trimestre. La responsabilité et la crédibilité des entreprises de transformation sont en jeu. Tout dérapage ne pourra être que le signe d’une totale rupture dans les relations qui nous lient pourtant depuis toujours.
Quant à la fameuse flexibilité additionnelle, rappelons que celle-ci a été mise en place pour permettre aux entreprises davantage engagées dans les produits industriels de tenir le coup face à la réforme de la PAC. Aujourd’hui, les cours de ces produits sont à des niveaux qui n’ont rien à voir avec les conséquences prévisibles de cette réforme et la valorisation beurre-poudre dépasse largement le prix du lait à la production. Il apparait donc évident que cet outil doit être remis dans sa boîte. La FNPL a su prendre ses responsabilités face aux difficultés que rencontrait la filière en son temps, elle attend maintenant une attitude similaire de la part des Fédérations de transformateurs.
- La paille a-t-elle un prix ?
- «Je veux un tracteur, comme papa !»
- Au 1er juillet, ouverture du marché...
- La Safer et le droit de préemption
- Une autre source de revenus ?
- Un dimanche à la ferme
- Chemin rural ou chemin d'exploitation
- Prévenir les problèmes de pieds
- Plantations : Les distances à respe...
- Le prix du foncier tiré par l'économie
Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?




