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La croix enchassée dans une meule en grès pouvait atteindre une hauteur de 2,50 m |
Un vrai temps de Toussaint. Les averses de pluies et la fraîcheur n'ont pas épargné les anciens exploitants du Jura qui se sont retrouvés le mercredi 4 juillet à Montmirey-le-Chateau pour leur pique-nique annuel. Mais il faisait chaud dans les cœurs.
Le pique-nique de la section des anciens exploitants s'est tenu cette année dans le Nord Jura. Louis Bideaux, président de la section locale et les membres de son équipe, repérables à leurs casquettes rouges, avaient tout prévu : un solide abri pour prendre le repas au sec mais surtout un programme attrayant avec la découverte des mystérieuses croix pattées, la visite de la fromagerie artisanale de Brans, une rencontre avec le dernier vigneron d'Offlanges et un coup d'oeil sur les travaux de la ligne à grande vitesse.
Mystérieuses croix pattées
Jean Michaud, passionné par le patrimoine local, a emmené un groupe sur les traces des croix pattées. « Chacune des 43 croix répertoriées dans les villages du massif de la Serre et aux alentours a son nom et son histoire, dont l'origine et l'âge restent hélas hypothétiques», explique-t-il. Ces croix de grès sont plantées dans une meule et auraient pu être mises en place à l'époque des Templiers très présents dans le Jura, dans l'objectif de délimiter des zones franches, la meule étant symbole de servitude (Confère la charte de la franchise de 1323 accordée aux habitants de Montmirey par Jeanne, Reine de France et comtesse de Bourgogne). Autre hypothèse : la croix perpétuerait le souvenir d'un cimetière après que les habitants d'Orchamps aient été décimés par la peste en 1630. Ou encore simples lieux marqués par les durs moments de la vie, signalisation de carrefours ou témoignage de foi. « Leur origine pourrait être même plus ancienne», aime à penser Jean Michaud, se référant aux croix celtes dont la forme n'est pas sans rappeler celle des croix pattées.
Le dernier vigneron d'Offlanges
Dans la cave de Jean-Marie Guelle, une quarantaine d'anciens exploitants se serre sur les bancs et profite de la dégustation des vins du domaine et de la projection d'un documentaire sur le travail de la vigne et du vin. Depuis plus de trente ans, le domaine de la Bourgade fait revivre les vins d'Offlanges. Vins blancs de chardonnay, pinot blanc, pinot gris, vin rouges de gamay et pinot noir donnent des vins qui se distinguent du reste du vignoble jurassien. Jean-marie Guelle est le seul vigneron du Jura à produire des vins de Pays de Franche-Comté. Une particularité qui lui permet d'écouler sa production sans trop de souci mais pas sans travail.
De la récolte jusqu'à à la vente aux particuliers, le vigneron est présent sur tous les fronts. Ses parents l'aident encore et il a passé un CDD de 500 heures avec une salariée de Desfi. Les 11 hectares de vigne, en grande partie en escaliers, sont conduits sans engrais en système enherbé avec un désherbage sur le rang, un relevage mécanisé et une vendange en vert pour des rendements de 46 à 50 hl. Récoltés à la machine à vendanger, les raisins sont traités à la cuverie construite en 1997, d'une capacité de 600 hl.
Les mousseux en méthode classique s'appellent Perlant ou encore Perlfruit quand ils sont aromatisés à la pêche, cerise, pamplemousse ou violette.
Pour personnaliser ses bouteilles, Jean-Marie Guelle utilise la technique de la sérigraphie. Les anciens exploitants, qu'ils aient été vignerons, éleveurs ou cultivateurs, ont tous apprécié la disponibilité du viticulteur qui n'a éludé
aucune de leurs questions et sa maîtrise technique.
Les visites se terminent. Les groupes rejoignent le point de ralliement du matin à La Charne. Entre deux averses, une éclaircie permet de prendre l'apéritif , du Perlfruit d'Offlanges, avant de prendre la direction du chapiteau pour un repas qui se prolongera tard dans l'après-midi.
Le plaisir de se retrouver, de discuter, d'échanger sur les derniers voyages réalisés ou ceux à venir font du pique-nique des anciens un moment que ses fidèles ne manqueraient pour rien au monde.
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