Le Jura Agricole et Rural
Une récolte en pointillés
Foin et cultures
Jura agricole et rural
Publié le:  12 juillet 2007
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En temps normal, Jean-Luc Barraud a fini sa deuxième coupe de foins au 25 juillet. À ce jour, il n’a fait que 10 ha de première coupe

La mi-juillet approche et les moissons avancent péniblement. Heureusement, le soleil et la chaleur devraient être de retour à partir de ce jeudi. On n’ose plus y croire !

Un bilan provisoire réalisé début juillet par la chambre d’agriculture fait état de récoltes très hétérogènes et de résultats inférieurs à l’année dernière tant au niveau rendement que qualité des grains. Les conditions climatiques sont en cause mais d’autres raisons commencent à être avancées comme le déficit de traitement sur les cultures.

Quelle que soit la culture, l’humidité des grains est importante. Les conséquences ne sont pas les mêmes pour les colzas que pour les orges brassicoles qui, avec des taux d’humidité de 18% ne répondent plus au cahier des charges des malteurs (moins de 15%). Le climat difficile de l’année a accentué l’écart entre les terres : la chaleur en avril, les récoltes qui durent et enfin la grêle le 4 juillet qui a touché une partie du Finage, le vignoble au Sud d’Arbois et le secteur de Poligny suivi d’un deuxième épisode de grêle le 9 juillet semble-t-il sans conséquence pour les vignes mais plus pénalisant en plaine pour les cultures à maturité.

Ration d’hiver pour lait d’été !

La principale préoccupation reste la pluviométrie importante ; cette eau qui tombe du ciel ne laisse aucune fenêtre de beau temps pour la récolte de l’herbe. Ceux qui ont pu récolter au mois de mai ou faire de l’enrubanné ont pu sauver une bonne partie de la première coupe d’herbe, alors que beaucoup d’autres n’ont même pas commencé leurs foins. C’est le cas de Jean-Luc Barraud à Saint-Julien-sur-Suran. « Je donne à mes laitières une ration d’hiver pour produire du lait d’été», lance l’éleveur catastrophé par la situation. Il a fait une estimation : il lui reste 250 bottes carrées en stock de ces deux dernières années, de quoi tenir trois mois. Sur 60 hectares seuls 10 ha ont pu être fauchés. Aujourd’hui ses 50 vaches laitières sont cantonnées dans une parcelle encore praticable mais reçoivent foin, orge aplati, luzerne déshydratée et tourteaux de colza et soja dès qu’elles rentrent au bâtiment. « Je n’ai pas le choix, je dois acheter de l’aliment car c’est à cette époque que je fais le plus gros de mon quota. Aujourd’hui je travaille juste pour couvrir les charges ». L’éleveur ne veut pas se plaindre mais tire la sonnette d’alarme. « Le prix des aliments a fait un bon ces derniers jours. Il faut ne faut pas que les fabricants d’aliments tirent trop sur les prix... » « Que va-t-il se passer par rapport au nouveau décret comté qui fixe une quantité maximum de complément dans la ration sur l’année alors que nous sommes obligés d’en donner en plein été ». À tout choisir, l’éleveur préfère une sécheresse à ce déluge de pluie. « J’ai doublé mes frais vétérinaires pour le traitement des douves et des strongles ». Aujourd’hui, il faudrait au moins trois semaines de beau et de chaleur pour que les foins se fassent et que les repousses poussent !

En culture, on moissonne en pointillé. Des orges et la majorité des blés attendent encore d’être fauché.

Pour compliquer le tableau, avec la pression des maladies (jaunisse sur orge, sclerotinia sur colza), tous les acteurs techniques s’accordent à dire que cette année était une année « très technique » où les traitements étaient indispensables et devaient être positionnés au bon moment. Au final, si la bonne tenue des prix en céréales se poursuit, cela aidera peut-être à compenser une récolte médiocre mais mettra très certainement les éleveurs dans une situation délicate. Pour les laits standards, les producteurs viennent de recevoir un signe encourageant avec une hausse des prix pour le troisième trimestre.


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