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Communiquer vers les riverains et les promeneurs |
Les jachères apicoles,même diluées sur le territoire agricole assurent une source de protéines intéressante pour les abeilles. Exemple aux Hays
ou une expérience est menée pour la deuxième année consécutive en partenariat avec Terre Comtoise et le réseau biodiversité pour les abeilles. À l’initiative d’un apiculteur amateur passionné par le sujet.
Roland Morin, possède cinq ruches. «C’est suffisant pour fournir la famille et les amis en miel », lance l’apiculteur qui se souvient être monté jusqu’à une vingtaine de ruches. Aujourd’hui à la retraite, il se passionne pour les jachères apicoles. En 2005, il s’entend avec Daniel Rebouillat, agriculteurs aux Hays pour mettre en place 7 hectares de jachères apicoles avec un mélange contenant de la phacélie, du trèfle violet, du trèfle hybride, du trèfle blanc et du trèfle d’Alexandrie. L’opération est soutenue financièrement par le réseau biodiversité pour les abeilles et par la section locale de BASF partenaire du réseau, à la fois pour le coût de la semence (30 à 50 euros à l’hectare) et les analyses.
Les scientifiques et les apiculteurs reconnaissent qu’il existe une multitude de causes expliquant le déclin des abeilles : les attaques parasitaires cause d’épidémies ; la diversité florale en chute, facteur de malnutrition ; les conditions climatiques extrêmes durcissant la vie des ruches ; les intoxications mortelles dues aux pesticides utilisés par les agriculteurs, les collectivités locales, les particuliers.... Partant de ce constat, les initiateurs du projet (quelques agriculteurs, apiculteurs et organisations professionnelles) ont décidé d’agir sur deux de ces causes : la diversité florale et les pesticides. Des terres agricoles, mises en jachère dans le cadre de la PAC (politique agricole commune), ont été ensemencées avec des variétés florales riches en pollen et nectar, sans recours à des insecticides et fongicides.
Ainsi, avec ce projet, les abeilles locales ont à leur disposition un ‘garde-manger’ avec leurs deux principales sources de nutriments : le nectar, source de glucides (sucres) utilisé pour la fabrication du miel, et le pollen des fleurs, unique source de protides (protéines) de la ruche avec 20 à 30 kg de pollen nécessaire chaque année. Ces jachères permettent donc aux abeilles de trouver une alimentation plus variée et équilibrée principalement au printemps et en été, les 2 saisons primordiales pour les colonies et la production de miel.
La phacélie,
reine des jachères
Le Jura a la chance d’être un département ou la biodoversité florale est naturellement présente. La variété des productions agricoles y contribue sans doute. Mais les résultats des relevés effectués en ruchers montrent que les jachères apicoles ont un effet positif supplémentaire pour l’alimentation des abeilles.
Lors du premier relevé de pollen de trappes réalisé le 10 juillet 2006 sur les ruches des Hays, 66% des grains de pollen collectés par les butineuses proviennent de la phacélie alors qu’elle occupe moins de 0,2% de l’aire de butinage de ces colonies. Cette plante présente d’autres avantages : elle est la seule du mélange à pleinement fleurir en année d’implantation dans le cas d’un semis de printemps et reste attractive sur une longue période. Un mois plus tard, le 9 août, elle représente encore 14% des pollens récoltés. Ces résultats ont été confirmés par les analyses de miel avec une forte présence de phacélie dans le miel récolté début août.
La mise en place des jachères apicoles s’accompagne d’une volonté pédagogique. Des panneaux indiquent aux riverains et aux promeneurs la présence d’une « réserve de pollen et de nectar pour nourrir les abeilles ». Du matériel est mis à disposition par le réseau et des visites peuvent être organisées. Dans le Jura l’expérimentation arrive à son terme à la fin de l’année. Roland Morin espère que cette initiative isolée sera suivie par d’autres apiculteurs et agriculteurs dans le Jura.
Le réseau biodiversité pour les abeilles est né de l’expérience de Philippe Lecompte, apiculteur bio dans la Marne qui, en 1992, a lancé les premières jachères apicoles sur la Montagne de Reims. En 2007, le réseau compte 152 agriculteurs, 62 apiculteurs et des organisations agricoles (264 partenaires au total) avec un objectif de 1000 hectares de jachères apicoles d’ici la fin de l’année.
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