Le Jura Agricole et Rural
Un front uni contre le projet
Organisations professionnelles
Jura agricole et rural
Publié le:  12 juillet 2007
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La FNSEA, JA et les organisations de la viticulture se sont prononcés contre le projet de la Commission qu’elles jugent trop libéral et pas assez orienté vers la promotion des vins et la conquête des marchés extérieurs.

Un tollé de protestations a accueilli les propositions de réforme de l’OCM viti-vinicole de Marian Fischer Boel. La FNSEA, JA et toutes les organisations viticoles(1) ont constitué un front commun pour dénoncer le projet de Bruxelles. Le Copa et le Cogeca à Bruxelles sont sur la même longueur d’ondes. Tous s’accordent à reconnaître que la situation des vignerons est difficile avec des pertes d’exploitation pouvant aller jusqu’à 1000 E par hectare. Tous appellent de leurs vœux une réforme « mais pas n’importe laquelle ! » insiste Denis Verdier, président des caves coopératives. En tout cas, pas celle de la Commission de Bruxelles. « Nous voulons une politique audacieuse et conquérante. La proposition de Bruxelles ne va pas dans ce sens », estime pour sa part Jérôme Despey, au nom de la FNSEA. L’enveloppe de 120 millions d’euros prévue pour la promotion « est insuffisante ». « Nous aurions aimé trouver dans l’OCM plus de moyens pour la promotion et la reconquête des parts de marché », insiste-t-il. Denis Verdier se montre méfiant : « nous voulons avoir l’assurance que les sommes annoncées seront bien dépensées ». Ce qui n’a pas été souvent le cas dans le passé.

Le soutien des Pouvoirs publics

Denis Verdier reproche à la Commission d’avoir « une vision anglo-saxonne et industrielle du vin » et non celle d’un produit issu d’entreprises familiales ou de très petites entreprises. Ainsi dénonce-t-il la proposition d’indiquer le cépage sur les vins de table et surtout l’abandon de toute organisation du marché « pour maîtriser les excédents ». « Nous devons sauver la distillation obligatoire », renchérit Jérôme Despey. Les professionnels sont également très opposés à la libéralisation des droits de plantation. « Cela risque de déstabiliser des zones entières de production ». Ils ont reçu l’appui de Michel Barnier décidé « à faire bouger les lignes de la Commission ». Non seulement sur les droits de plantation, mais aussi sur le maintien des outils de régulation de marché et notamment la distillation obligatoire.

En revanche, les organisations professionnelles ne sont pas hostiles par principe à l’arrachage des vignes. Mais elles préféreraient qu’il soit temporaire. En tout cas, si arrachage il doit y avoir, elles demandent à ce qu’il soit encadré et mieux réparti entre les différents pays. Pour les vignerons qui souhaiteraient se retirer, elles plaident pour l’ouverture d’un régime de pré-retraites sur cinq ans à partir de 57 ans, en complément de la prime. Message reçu par les Pouvoirs publics.

Selon Jérôme Despey et Denis Verdier, le Gouvernement serait sur le point de donner son accord à un dispositif de pré-retraites. A l’assemblée générale des coopératives viticoles, le 5 juillet, Michel Cadot, le directeur de cabinet de Michel Barnier, annoncé un montant de 9 400 euros par an et par exploitant, dès 2008.

(1) Confédération des coopératives viticoles françaises, Confédération française des vins de pays, Confédération nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie à appellations d’origine contrôlée, Vignerons indépendants de France, FNSEA et JA


Cnaoc et coopération : l'incohérence !

La Confédération nationale des appellations d'origine contrôlée a réagi, aux côtés des professionnels représentant les organisations nationales viticoles et agricoles, à la proposition de la Commission. « nous n’accepterons pas un marché de dupes : si le budget actuellement destiné aux distillations doit être redéployé, qu’il le soit vers une véritable politique de reconquête des marchés qui, au-delà de la promotion, permette une restructuration de la filière et des entreprises. Les professionnels dénoncent le caractère excessif de la proposition qui libéralise à tout crin. Dans ce schéma, de nouvelles pratiques œnologiques associées à de nouvelles règles d’étiquetage pourraient desservir le consommateur. Ils soulignent l’incohérence de la proposition, dans laquelle la Commission finance un vaste plan d’arrachage pour retrouver un équilibre entre l’offre et la demande et, de l’autre, autorise à partir de 2013, des plantations sans condition ».


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