Les producteurs de lait représentés par la FNPL, qui avaient souhaité une progression à deux chiffres en valeur, ont eu gain de cause. Ils ont également obtenu la suspension du mécanisme de flexibilité additionnelle qui aurait minoré la hausse du prix.
Les producteurs obtiennent 13 euros de plus par mille litres. 13,23 euros de hausse pour mille litres de lait au troisième trimestre : c’est ce qui a été décidé le 10 juillet par l’interprofession laitière (Cniel) concernant les prochains bulletins de paie des éleveurs.
En deux heures de réunion, éleveurs et transformateurs (coopératifs ou privés) sont tombés d’accord sur une « recommandation nationale » visant à faire progresser la paie de 13,23 euros par 1 000 litres de lait en moyenne. « C’est une juste rémunération du travail des éleveurs », dit-on au sein de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) qui a négocié cet accord pour le compte des éleveurs. Une juste rémunération sur lesquels ils insistent, tant le débat est vif et parfois injuste aujourd’hui selon eux, sur la responsabilité des producteurs dans la hausse des prix alimentaires.
Presque 5 % de hausse sur le trimestre
Reste à chaque région le soin d’appliquer cet accord en fonction de sa spécificité. Au prix moyen actuel du lait (280 euros/1 000 litres), la hausse prévue représente un peu moins de 5 %.
L’accord a été motivé par la hausse des prix des marchés de produits transformés. Le chiffre retenu est en effet le résultat de plusieurs « index » reflétant ces marchés. L’index concernant le beurre et la poudre s’affiche en hausse de 8,31 euros, celui des produits de grande consommation exportés progresse de 1,15 euro. À cela s’ajoute un critère lié à la compétitivité allemande, estimé à 3,77 euros. À ces données techniques s’ajoute un facteur politique : les industriels se sont aperçus depuis plusieurs semaines que la production est en baisse. La chasse aux quotas et zones de collecte est ouverte. En témoigne la bataille que se livrent les industriels pour récupérer des entreprises en difficulté, une bataille largement motivée par leurs bassins de collecte. Les industriels ont besoin de donner un signal positif aux éleveurs pour les inciter à produire plus. L’office de l’élevage a d’ailleurs assoupli récemment l’application des quotas laitiers.
La France veut utiliser toutes ses possibilités pour utiliser son quota à plein. Cette situation de rareté de l’offre n’est pas près de se régler. « Il y aura d’autres hausses significatives à venir » prévoit un représentant des éleveurs. La FNPL a obtenu en outre la suspension du mécanisme de flexibilité additionnelle, un paramètre lié au poids du beurre et de la poudre de lait pour certains transformateurs, et qui aurait minoré la hausse du prix.
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