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Pour sauver l’élevage ovin, les sénateurs ne resteront pas les bras croisés |
Revalorisation de la prime ovine et déplafonnement de l’ICHN sont les deux mesures urgentes demandées par les éleveurs pour sauver le métier…
Après les visites sur le terrain, la table ronde est incontestablement le moyen le plus efficace de réunir en un même lieu tous ceux qui sont concernés par le problème ovin et peuvent apporter l’éclairage qu’attendent les sénateurs venus dans le Jura. Mais que l’on ne s’y trompe pas ! Si les paroles peuvent répondre aux attentes, ce sont surtout des actes qu’attendent les éleveurs jurassiens. Daniel Joly, éleveur à Lemuy et figure du milieu, n’a pas mâché ses mots pour le dire : « Avez-vous aujourd’hui la volonté et l’ambition de mettre quelque chose dans l’élevage ovin ? Si vous ne pouvez pas nous le dire, nous perdons notre temps… Car si les 100 euros de revalorisation de la prime ne sont pas dans les exploitations avant la fin de l’année, les moutonniers sont foutus ! »
Propos repris par son collègue Farrugia de Bonnefontaine : «Dites-nous votre volonté politique, si vous préférez échanger des moutons contre des voitures, ou alors si nous ne sommes là que pour entretenir l’espace… »
Revalorisation et déplafonnement
Le sénateur Fortassin ne tient pas les cordons de la bourse. Mais, avant que les décisions budgétaires ne soient prises, il entend rencontrer un maximum de professionnels pour mener à bien sa mission et « faire des propositions intelligentes ». Les éleveurs se sont exprimés dans un tour de table. Rémy Burnod a parlé des « blocages des commissions des structures sur des extensions d’exploitations, à cause des quotas laitiers liés au foncier… » Son collègue Jacquier soulève des problèmes d’identification, la pose et la perte des boucles « alors que dans d’autres pays, elles ne sont posées que quand les moutons montent dans le camion… »
Frédéric Perrot, le président de la FDSEA insiste sur les deux revendications majeures : la revalorisation de la PCO et le déplafonnement de l’ICHN : « Si le peu de moutonniers restant dans le Jura disparaît, on aura plus d’enfrichement dans certaines zones… »
Dominique Chalumeaux, le président de la chambre d’agriculture constate que « cette production est la moins soutenue et que ce ne sont pas les prix qui pourront sauver les éleveurs… » D’où la
nécessité de trouver de l’argent sur les financements du deuxième pilier de la Pac…
Michel Cêtre évoque le « problème de communication sur la viande ovine » et Gérard Bailly suggère enfin « d’aller plus loin dans l’élaboration de produits tels que les rillettes, terrines et autres
saucisses d’agneau… »
Quelques chiffres
Dans le Jura, l’élevage ovin c’est une centaine d’éleveurs professionnels, un cheptel de près de 14 000 brebis, quelques installations de jeunes : une douzaine depuis 2000.
12 000 droits à prime ont été utilisés alors que le département dispose de 14 000. D’où une disponibilité pour « promouvoir cet élevage », selon Michel Meunier, le directeur départemental de l’agriculture.
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