L'agriculture française est là, empreinte de modernité et fidèle à ses traditions. N'en déplaise à ses détracteurs, elle participe de façon active au développement économique et social du pays. Pourtant de crises en mini séismes, le travail de la terre n'est pas facile et le contact magnifique avec la nature ne suffit pas, ne suffit plus à faire en sorte de renouveler des générations de paysans.
Je laisserai volontairement les chiffres qui parlent en faveur d'une agriculture vivace et efficace pour me concentrer sur les chemins qui permettront de retrouver le goût de l'agriculture. Il me paraît essentiel de retrouver la notion de dialogue, au cœur de la problématique agricole. Que l'on se dise paysan, cultivateur, éleveur, agriculteur, entrepreneur du vivant, artisan de la terre ou bien encore vigneron, viticulteur ou bien d'autres dénominations encore, nous avons désormais un impératif : nous faire mieux comprendre ou plus précisément mieux faire comprendre notre métier. Plus qu'une bonne communication, c'est d'explication qu'il s'agit. Il est important de rediscuter avec l'ensemble de ceux qui doutent ou nous regardent avec circonspection.
Avec les associations de consommateurs, nous avons un slogan commun " de la fourche à la fourchette " mais aussi et surtout de bonnes raisons de nous entendre. Notre attachement commun à la qualité des produits en est le symbole. Avec les associations écologistes et même si nos rapports sont souvent complexes, nous avons une volonté commune : protéger la terre, l'air et l'eau. Outil de travail pour nous, nous avons vocation à les respecter même si nous avons encore des efforts à faire. C'est en dialoguant que nous pourrons progresser ensemble. Le prix de cet état d'esprit c'est la volonté de bien faire, de part et d'autre ; autrement dit de ne pas se laisser enfermer les uns et les autres dans les mises à l'index usuelles et usées. Le Grenelle de l'environnement sera en ce sens un bon exemple de notre volonté commune à nous respecter.
Avec le gouvernement et les collectivités publiques, le dialogue se situe autrement, il faut s'arrêter un peu pour réfléchir aux politiques agricoles de façon globale. De l'européen au local, nous devons penser autrement c'est-à-dire penser une politique en l'accompagnant d'un budget et non plus avoir un budget et penser la politique qui va avec... Ce n'est pas concevable lorsque l'on traite de sujets aussi majeurs que l'indépendance alimentaire et la protection de la planète.
Dialogue donc et ouverture ensuite... ce n'est pas l'ouverture politique dont il est question mais d'ouverture “culturelle”. S'ouvrir aux autres, accepter de “s'irriguer” de l'expérience de ceux qui ne sont pas dans notre cercle habituel. Nos rendez-vous et nos conseils d'administration sont désormais ouverts aux météorologistes, aux généticiens, aux écrivains, aux leaders européens, aux environnementalistes, aux sociologues, aux démographes, aux sondeurs... De cette aventure dépend en partie notre capacité à rassembler et à inspirer respect et objectivité. Ce dont nous avons cruellement besoin.
Mélangeons nos idées ! Echangeons nos théories ! Croisons nos pédagogies ! Une agriculture ouverte est un gage d'avenir durable.
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