Dégager un revenu est pour chaque agriculteur est une évidence. Mais à quelles conditions ? La question a lancé le débat.
Parmi les études engagées par le réseau d’élevage, une a été réalisée autour de la qualité de la vie des éleveurs laitiers. « Avec l’agrandissement des exploitations et la réduction de la main-d’œuvre, on se pose des questions », constate Marie-Christine Brie, représentant la Haute-Saône, au sein du réseau d’élevage. Et notamment celle-ci : Est-il possible d’avoir de bonnes conditions de travail ? Si oui, comment ? « Car au fond, ce qu’on recherche, c’est de la disponibilité comme pour les autres métiers. »
L’étude s’est faite en deux temps. On analyse, dans un premier temps, le travail sur la ferme. Puis on y intègre l’aspect revenu. On mesure tout d’abord la vivabilité du travail, en s’appuyant sur la méthode « bilan-travail » mise en place par l’Inra et l’institut de l’élevage. On y ajoute le ressenti qu’en a l’éleveur, au travers de onze questions et quatre critères de satisfaction. « Comme la pénibilité des tâches qui reviennent chaque jour ou encore savoir si on se ré-installerait maintenant dans les mêmes conditions. »
Pour affiner la donne, on établit plusieurs groupes : montagne et plateaux en individuel ou en société, plaine avec plus de 30 ha de cultures en individuel ou en société, plaine à moins de 25 ha.
Au final, il se dégage de l’étude que les stratégies gagnantes sont dans les formes sociétaires qui sont quasiment incontournables. Qu’en plaine, on assure la productivité de l’exploitation et qu’en montagne, on privilégie plutôt une bonne efficacité économique. De fait, les stratégies favorables combinent travail et revenu. L’aspect économique est une chose. Mais l’assistance se focalise assez rapidement sur les conditions de vie. François Dubief ouvre le bal. « La gestion des ressources humaines est un chantier important. » Parce qu’il faudra bien que les agriculteurs se retrouvent en phase avec le reste de la société.
Portes ouvertes à la réflexion
« Et ça, ça se prépare. On ne peut plus s’interroger uniquement sur le quantitatif. On doit aussi intégrer le côté relationnel. » A condition d’avoir du temps à y consacrer. « En ce cas, on ne pourra pas faire l’économie d’engager une réflexion sur le service de remplacement, le salariat ou le groupement d’employeurs. »
Charles Schelle ajoutera encore l’agriculture de groupe. Une solution qui semble évidente pour partager le temps. « Faut-il encore que les gens travaillent ensemble. » Ce qui, dans certains cas, n’est pas chose évidente. « Quand les problèmes sont exacerbés, autant dire que c’est fini. » D’où la nécessité de travailler en amont pour ne pas arriver trop tard. De son côté, Gérard Vallet pense « à ceux qui délèguent du travail à des prestataires de service. Pour pouvoir encore s’agrandir et se préparer à l’après-quota. » « Mais il ne faut pas rester le nez dans le guidon avec la stratégie du toujours plus », invite François Dubief. C’est pourquoi on constate une certaine tendance au regroupement.
« Car la notion de qualité de vie s’est invitée au débat », appuie Jean-Paul Jézequel, représentant l’ADF du Doubs. « C’est pourquoi des jeunes réfléchissent à leur organisation pour dégager du temps libre », confirme Jean-Eudes Meyer, du Contrôle laitier du Doubs. « En s’interrogeant sur les investissements, sur les équipements, sur l’embauche d’un salarié sur l’exploitation ou en le salariant à plusieurs. »
« Il faudra aussi penser Cuma, chantiers en commun… car tout le monde ne pourra pas rentrer dans un groupement », appuie François Dubief. « Voilà des propos qui nous ouvrent bien des portes », reconnaît Charles Schelle. Des portes que le Réseau d’élevage n’aura qu’à pousser.
Synthèse des travaux
En fin de matinée, on a invité l’assemblée à faire le point sur les pratiques du Réseau et à améliorer son fonctionnement. Matthieu Cassez en a sorti la quintessence.
Points forts : L’observatoire est complet car il intègre une grande diversité des systèmes ce qui lui permet d’avoir des références de qualité et des repères fiables pour les études technico-économiques.
Points faibles : Le nombre de fermes ira en diminuant, ce qui pose la question de la pertinence des analyses, analyses qui peuvent être gênées par la dispersion des questions. On déplore encore la sous-valorisation des données.
Améliorations à envisager : Il faut élargir le Réseau en travaillant en inter-OPA, formaliser la relation avec l’enseignement, être plus clair et plus simple, observer d’éventuelles ruptures dans les systèmes et suivre le cheminement des exploitations sur une longue période.
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