Le Jura Agricole et Rural
Valoriser l'herbe
Arnaud Laville, éleveur à Cubry
Jura agricole et rural
Publié le:  02 août 2007
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Arnaud Laville : La production d'agneaux d'herbe permet de valoriser les ressources fourragères de l'exploitation

Après plusieurs années de pluriactivité, Arnaud Laville s'est installé éleveur ovin à plein temps début 2007, avec 300 brebis. Objectif, produire des agneaux à l'herbe.

Arnaud Laville a la passion du mouton : depuis 1997, il élevait une petite troupe à Cubry dans le Doubs, en parallèle avec un emploi de salarié agricole. Puis en 2005, il s'est installé à titre secondaire, conservant un mi-temps à l'extérieur de la ferme. Enfin en janvier 2007 il s'est installé à plein temps, avec 300 brebis. « Au départ, je comptais m'installer plus progressivement, sur cinq ou six ans, augmenter doucement la taille du troupeau de 80 à 300, mais je me suis rendu compte que c'était difficile de concilier ça avec un mi-temps, il fallait choisir. J'ai donc acheté 150 brebis l'an dernier. » La troupe, qui est amenée à s'agrandir encore dans les prochaines années, est composée pour moitié de brebis de race Texel, pour une production d'agneaux d'herbe. L'autre moitié est de race Île de France, adaptée à la production d'agneaux de bergerie. « Pour faire du mouton, il faut aimer ça : ce n'est pas du tout le même travail qu'avec les vaches, notamment pour les aspects sanitaires. »

Réduire les charges

Pour le logement, Arnaud Laville a construit lui-même un bâtiment en bois, aménagé pour faciliter la distribution de fourrage, avec un quai central pour dérouler les balles. La production d'agneaux d'herbe correspond pour l'éleveur à un objectif de réduction des charges : « Les concentrés mangent le revenu ! On ne va pas loin avec cinq ou six tonnes de granulés… On voit les prix des céréales augmenter et les prix de la viande diminuer, ça fait réfléchir. » La difficulté technique réside dans la finition des agneaux : vendus à la coopérative Franche-Comté agneaux, ils sont destinés à la grande distribution, dont le cahier des charges en matière de poids de carcasse, classement et état d'engraissement est très sévère. « C'est plus simple pour moi de passer par la coopérative, que de chercher des débouchés par moi-même. En plus, je suis intéressé par l'appui technique, avec Christelle. Je sais bien que plus on augmente la taille du troupeau, plus les risques de problèmes augmentent. Avec la coopérative on n'est pas tout seul. » A cela s'ajoute la maîtrise du parasitisme, qui passe par une rotation adaptée et des traitements réguliers. « J'ai la chance d'avoir tous mes terrains dans Cubry, à un kilomètre à la ronde : je peux emmener mes brebis partout. » L'agnelage enfin : « le revenu de l'année en dépend ». Pour simplifier le travail de surveillance, l'éleveur a choisi de synchroniser les brebis Île de France avec des éponges. « Surveiller de fin septembre à fin avril, c'est lourd, et on finit par être moins attentif. Pour les Texel je ne sais pas encore si je vais synchroniser. »


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