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Le déchaumage améliore la circulation de l'eau dans le sol, en particulier ceux sensibles à la battance |
Après la récolte des céréales à paille, le déchaumage est une opération culturale qui remplit plusieurs objectifs agronomiques : dégradation de la matière organique, limitation des pertes en eau, et réduction du stock de semences adventices.
L'émergence des techniques culturales simplifiées et du non-labour a contribué au regain d'intérêt pour le déchaumage : en effet, en non-labour, l'outil de déchaumage est pour ainsi dire le seul outil de travail du sol de l'exploitation ! Il doit donc répondre aux objectifs qui étaient autrefois dévolus à la charrue, et en particulier la préparation du lit de semence, par émiettement et nivellement du sol. La qualité du semis (régularité de profondeur et levée homogène) en dépend. Pourtant Frédéric Thomas, lors de la journée consacrée au non-labour en Haute-Saône l'année dernière, mettait en garde contre le surinvestissement dans ce type de matériels : « Le choix des outils de déchaumage et semis est important mais pas forcément essentiel : inutile de trop investir dans un premier temps. Mieux vaut adapter sa technique au matériel existant, quitte à faire quelques compromis, comme continuer à déchaumer superficiellement dans un premier temps. »
Circulation de l'eau
Le premier intérêt du déchaumage concerne la circulation de l'eau dans le sol. En temps de sécheresse et de canicule, l'enjeu se situe plutôt du côté des réserves hydriques du sol. Et le déchaumage, en brisant la continuité capillaire de la terre en surface permet de limiter l'évaporation des réserves d'eau du sol. Dans la situation inverse, en cas de pluie fréquente comme cette année, et en particulier d’épisodes orageux violents, la pénétration de l’eau sera plus efficace sur un sol déchaumé. Un bon déchaumage permet d’effacer une partie du tassement dû aux engins de récolte. Cette opération peut se faire à l'aide d'une charrue, d'un chisel ou d’un autre outil, spécifique (tantôt un cultivateur, tantôt un cover-crop léger… Les spécialistes insistent de manière unanime sur le côté superficiel de cette opération, entre 5 et 10 cm, jamais plus, afin de remplir au mieux ses fonctions. « La réduction de la battance en limons accroît la quantité d’eau infiltrée et réduit donc le ruissellement, mais surtout, elle améliore l’aération de ces sols. En terres séchantes, ce phénomène allié à l’accroissement de matière organique conduit peu à peu à une augmentation de la réserve utile du sol : un point de MO en plus, c’est 20 points de RFU supplémentaire ! Voilà sans doute une très bonne raison en argilo-calcaire de franchir le pas, car la réserve utile est bien le principal facteur limitant de ces sols. »
En lien direct avec la circulation de l'eau, un bon déchaumage doit favoriser la décomposition des pailles après la récolte, par lésions mécaniques et incorporation à la terre. C’est le principal point fort des outils à disque, qui réalisent un mélange paille-terre (appelé mulch) : les pailles sont rapidement attaquées par les micro-organismes du sol et la quantité de débris végétaux en surface est réduite de manière conséquente. Le déchaumage réalisé par deux passages de cover crop permet de diviser par trois environ la quantité de paille en surface.
Améliorer la structure du sol
Le passage d’un outil à dents (chisel) s’avère moins efficace à ce niveau : il faudra procéder à un broyage préalable, de manière à affiner la taille des résidus. Le déchaumage superficiel permet donc en affinant le sol, en répartissant et en enfouissant partiellement les résidus, de faciliter le travail ultérieur du semoir et d’améliorer ainsi la qualité du lit de semence. On évitera les problèmes de bourrage, de mauvais contact sol-graine… que peuvent causer les débris végétaux rigides présents dans les premiers centimètres. C’est aussi une manière de limiter les populations de ravageurs (tels les limaces) en supprimant le couvert végétal qui leur sert d’abri.
Enfin, la dernière fonction et non des moindres est de favoriser la destruction des mauvaises herbes en accélérant la germination de leurs graines. Le déchaumage permet en effet de lutter contre les adventices et les repousses, ainsi que contre certaines maladies graves comme la jaunisse nanisante de l'orge ou le phoma du colza. Avec des limites toutefois : le déchaumage mécanique n'est efficace que contre les adventices annuelles et les repousses de cultures. En présence de vivaces, il faut rester attentif au problème du fractionnement des rhizomes de chiendent, de liserons, de chardons et de rumex par les herses à disques.
Lutte contre les adventices
Il est donc recommandé, après la récolte d'une céréale, de déchaumer immédiatement, laisser lever, puis de renouveler éventuellement ce déchaumage. L’enfouissement des repousses au plus tard avant la levée des orges d'automne permettra de prévenir la jaunisse nanisante de l'orge. Après la récolte d'un colza, on peut laisser les graines de colza germer en surface après la moisson. Les déchets et les repousses seront enfouis par un labour avant la levée des nouvelles cultures de colza afin de lutter contre le phoma. On a donc une action de désherbage mécanique au moment du premier passage, tout en réalisant un faux semis, qui devrait provoquer une levée groupée des graines adventices mâtures présentes dans les premiers centimètres du sol. Le moment de cette levée dépend bien entendu des conditions météorologiques. Il faudra être particulièrement vigilant et observateur dès le premier épisode pluvieux qui suit le déchaumage, de manière à pouvoir détruire le faux semis, soit de manière mécanique (travail du sol) soit de manière chimique (désherbage en pré-semis).
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