Le Jura Agricole et Rural
Les éleveurs de ruminants paieront
Financement du service de l'équarrissage
Jura agricole et rural
Publié le:  02 août 2007
Page 13 

Au nom de la FNSEA, Pascal Ferey regrette « que les problèmes de fond ne soient pas réglés »

Michel Barnier a décidé que les éleveurs de bovins, ovins et caprins participeraient aussi au financement du service public de l’équarrissage (SPE), au côté des secteurs volaille et porc. Le ministre de l’Agriculture adresse une facture de 7 millions d’euros, qui équivaut au montant du déficit du budget du SPE.

Le ministère poursuit la recherche de l’équilibre budgétaire du service public de l’équarrissage (SPE), filière par filière. Les éleveurs de porcs et de volailles contribuaient déjà à son financement. Mais le budget accusait toujours un déficit de 7 millions d’euros. Les éleveurs de ruminants (bovins, ovins et caprins) contribueront à financer cette somme. Le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, en a décidé ainsi, une décision officialisée lors d’une réunion des acteurs du SPE et du directeur de cabinet du ministre, Michel Cadot, le 19 juillet. Au total, sur un coût annuel du SPE de 150 millions d’euros, 11,97 millions d'euros seront versés par les éleveurs (toutes filières confondues), 91,4 millions par les abatteurs et environ 44 millions par l'État.

Entre 30 et 40 euros par tonne

La participation à la destruction des carcasses de bêtes retrouvées mortes sur l’exploitation, est basée sur une somme forfaitaire qui « devrait être comprise entre 30 et 40 euros par tonne de cadavres », indique Pascal Ferey, vice-président de la FNSEA en charge du dossier équarrissage au sein du syndicat agricole. Les éleveurs ovins devraient acquitter une participation moins importante que les éleveurs bovins étant donné la conjoncture ovine « détestable », précise-t-il. Mais Pascal Ferey insiste sur des éléments de calcul « provisoires ». Il assure que tout sera fait pour que « la facture soit la plus indolore possible pour les éleveurs » et pour redonner de la compétitivité aux viandes françaises.

Un groupe de travail réfléchit actuellement sur la mise en place d’une structure professionnelle pour gérer le traitement des carcasses. Les éleveurs de ruminants pourraient constituer une association ATM (Animaux trouvés morts) sur le modèle de la structure bâtie par leurs homologues des secteurs avicole et porcin. Et « pourquoi pas une ATM multi-espèces », incluant toutes les filières d’élevage, évoque Pascal Ferey.

La FNSEA mécontente

Prenant acte, la FNSEA est néanmoins « mécontente car les problèmes de fond ne sont pas réglés ». La précision sur les volumes concernés par le SPE, l’harmonisation européenne sur le traitement des déchets et les systèmes de paiement, une meilleure valorisation des déchets… autant de points sur lesquels la profession attend la transparence promise par la rue de Varenne. « En France, on paie pour détruire des déchets qui sont utilisés dans d’autres Etats membres de l’UE », générant des distorsions de concurrence, rappelle la FNSEA. Pascal Ferey réclame par exemple « un traitement non discriminant des farines animales. »

Interdites à la vente en France, ces farines pourraient être écoulées dans l’UE, explique les éleveurs. 770 000 tonnes de farines étaient toujours stockées en août 2006 malgré un programme de déstockage décidé par les autorités. Guy Pétain, secrétaire général de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), en charge du dossier équarrissage pour les éleveurs laitiers, dénonce un coût de stockage « pharamineux » imposé aux éleveurs. Il se chiffre entre 17 et 19 millions d’euros par an. Les destructions de farines brûlées dans des cimenteries sont aussi à leur charge. Les éleveurs ont « obtenu en contrepartie de leur participation la transparence sur la valorisation des déchets », assure-t-il. Ils souhaitent notamment « une prise en compte de cette valorisation dans le coût global de l’équarrissage pour éviter une inflation de la part versée par les éleveurs. »

« La contribution des éleveurs n’est pas anormale. Nous demandons juste que l’Etat mette les moyens », commente Bernard Martin, le président de la Fédération nationale ovine (FNO). De son côté, le président de la Fédération nationale bovine (FNB), Pierre Chevalier, estime que « les tonnages donnés par les équarrisseurs méritent d’être vérifiés ».

Cette décision « marque un tournant important dans l’approche politique du SPE », observe de son côté, satisfait, le Syndicat national de l’industrie des viandes (SNIV) dans sa note d’information datée du 23 juillet. Les industriels estiment que la participation de chaque éleveur de bovins est « modeste » mais qu’elle permettra de « juguler l’inflation des taux de la taxe d’abattage », versée par les abattoirs. Ces derniers financent à eux seuls 60 % du budget du SPE.


Newsletter GRATUITE
Sondage

Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?

  • Oui
  • Non
  • Ne sais pas

  • (C) Le Jura agricole et rural
    Partagez vos idées, écrivez-nous
    Webmaster