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Selon la Commission, la principale source potentielle de supplément de production serait le gel des terres soient 3,9 millions d’hectares |
L’objectif minimum de 10 % de biocarburants en 2020 dans la consommation totale de carburants, associé à la mise en œuvre de nouvelles technologies, est une démarche « durable » pour l’UE en ce sens qu’elle permet d’approvisionner l’Union en carburants renouvelables pour les transports « sans perturber les marchés intérieur et mondial », assure une étude d’impact publiée le 24 juillet par les services agricoles de la Commission européenne.
L’objectif minimum communautaire de 10 % de biocarburants en 2020 s’ajoute à l’objectif de 5,75 % en 2010 déjà fixé par la législation. Ce dernier ne pourra pas être atteint avec la directive en vigueur sur les biocarburants car les marchés et la technologie ont « trop peu de temps pour réagir », selon les services de la Commission, qui s’attendent en fait, dans les conditions actuelles, à un taux d’incorporation de 6,9 % en 2020 (23,8 millions de tonnes). Une nouvelle législation sur les biocarburants devra donc permettre d’accroître encore la demande de 3,1%, soit de 10,8 Mt, pour la porter à 34,6 Mt.
Les principaux facteurs déterminant l’impact d’une telle progression de la demande de biocarburants sur les marchés agricoles sont les suivants, estime Bruxelles : la technologie des biocarburants de première et seconde génération, la disponibilité en terres arables, la part du diesel et de l’essence dans l’utilisation totale de carburants pour les transports, la politique d’importation de matières premières et de biocarburants, la localisation de l’industrie des biocarburants pour le marché européen, l’évolution des prix des matières premières sur le marché mondial et dans la Communauté et le niveau des prix des carburants fossiles.
Un impact de 3 % à 6 % sur les prix des céréales et de 15% sur le tournesol
Selon l’analyse d’impact de la Commission, au terme de l’obligation minimum de 10 % de biocarburants, quelque 59 Mt de céréales, soit 18 % de la consommation de l’UE, seraient utilisées comme matière première pour la première et, y compris la paille, pour la seconde génération de biocarburants. Il s’agira surtout de blé tendre et de maïs, le reste étant constitué principalement d’orge. L’accroissement du rendement, estimé à environ 1 % par an, aboutirait à un supplément de production de céréales de 38 Mt en 2020 par rapport à aujourd’hui. A cela s’ajouteraient 2 millions d’ha supplémentaires sur les terres en jachère, soit 14 Mt. Les prix des céréales seraient stables, ceux du maïs se situant nettement au-dessus des prix d’intervention.
Plus précisément, l’impact à long terme des biocarburants sur les prix des céréales serait de l’ordre de 3 % à 6 % par rapport à 2006. La production de biocarburants de seconde génération pourrait représenter un tiers de la production intérieure globale de biocarburants, notamment en y incorporant la paille et la cellulose du bois (cette dernière étant importée à concurrence de 1,75 Mt).
Les marchés des oléagineux devraient également rester fermes, en particulier celui du tournesol qui pourrait enregistrer des hausses de prix de l’ordre de 15 %. Les conséquences de cette évolution pour le secteur de l’élevage seraient « de relativement modérées à neutres ».
La production de porc et de volaille bénéficierait de protéines alimentaires moins coûteuses, grâce à la production de bioéthanol, mais surtout de biodiesel.
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