Le Jura Agricole et Rural
Quelques règles de base à ne pas oublier
Implantation de la luzerne
Jura agricole et rural
Publié le:  09 août 2007
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La luzerne est une plante qui retrouve de l’intérêt comme source d’azote et de fibres dans les rations à base de maïs. Son aptitude à fixer l’azote de l’air par le biais de la symbiose avec des Rhizobium est un point à prendre en compte dans le bilan énergétique de la culture, et ceci dès l’implantation.

Elle est capable de produire un fourrage abondant et de qualité pendant 3 à 5 ans. Encore faut-il bien l’implanter pour ne pas gaspiller ce potentiel.

Date de semis

Les travaux du Pep bovins lait montrent que la luzerne se sème majoritairement en fin d’été, donc le plus souvent derrière une céréale. La luzerne est une plante qui s’installe lentement, il faut donc la semer, en plaine, au plus tard dans les derniers jours d’août, pour lui garantir un développement suffisant à l’arrivée des premières gelées.

Ne pas hésiter à gérer la date de semis comme pour le colza, semis en bonnes conditions dans le sec, et on attend la pluie. Un labour précoce suivi d’un faux semis ou deux déchaumages soignés juste après la moisson sont la garantie d’un lit de semence affiné et bien rappuyé.

Préparation du sol

Les graines sont petites, et pas si faciles à réhumecter. Il faut donc semer peu profond (1 cm) sur un sol bien rappuyé. Si la préparation de sol reste insuffisante, ne pas hésiter à rouler avant le semis, un rouleau cultipacker est un bon compromis entre émiettement, rappuyage et relief de surface.

L’incorporation de fumier n’est pas souhaitable mais reste possible, veillez particulièrement à son enfouissement dans ce cas (réglage des rasettes) pour qu’il ne soit pas en fond de raie.

Le semis

Il doit être superficiel. Le semis en lignes est possible, mais peut conduire à un semis trop profond. Si vous décrochez les descentes du semoir, vous faites un semis à la volée : meilleure couverture du sol à la levée, pas de risque de semis trop profond, la herse peigne suffit à recouvrir les graines. Attention toutefois, vous semez moins large que le semoir, il faut revoir le réglage des jalonneurs. Dans tous les cas, rouler après le semis.

Dose de semis : 20 à 25 kg en sol normalement préparé. Un semis plus dense aura un effet limité (la première année) sur la finesse des tiges, mais augmentera les risques de verse. Il vaut mieux chercher une variété à tiges fines et semer à dose raisonnable. En cas d’association avec un dactyle, 12 à 15 kg de luzerne associés à 10 à 12 kg de dactyle.

Inoculation : rarement nécessaire !

Les bactéries rhizobium qui vont fixer l’azote de l’air (en échange de fourniture de carbone par la luzerne) sont généralement présentes dans les sols à pH de 6.5 et plus (sols calcaires), d’autant plus que la luzerne a déjà été cultivée sur la parcelle.

On ne doit donc se poser la question de l’inoculation que dans les sols à tendance acide, chaque fois que l’on implante une luzerne si elle ne revient pas plus que tous les cinq ans, ce qui est la règle générale. L’infestation de la plante par les bactéries (nodosités) se fait sur de très jeunes racines. Un déficit d’inoculation aura de graves conséquences sur le fonctionnement de la culture ensuite. Rappelons que le mélange semences inoculum doit être réalisé soigneusement, et le semis suivre dans la foulée, les bactéries étant sensibles à la lumière.

La variété

Classiquement, on sèmera une variété de type flamand, qui cesse de pousser en hiver. Peu de différences de productivité ou de précocité entre variétés. On choisira donc la variété sur les critères de tolérance à la verse et de grosseur de tiges, de résistance au verticillium, parasite contre lequel il n’y a pas d’autre mode de prévention que la tolérance génétique. Deux autres critères existent, qui sont la pérennité, et la teneur en MAT, critères qui sont largement influencés par la gestion de l’exploitation qui sera faite de la luzerne.

A noter que les variétés nouvelles seront désormais classées aussi sous l’angle digestibilité. (voir graphiques).

La gestion du parasitisme du sol ne peut se faire que grâce à la rotation. La présence de verticillium, comme un envahissement par les mauvaises herbes ou une exploitation trop rapide, va affaiblir les plantes, limiter le rendement et la pérennité de la luzernière. Il faut donc impérativement 5 ans entre deux cultures de luzerne sur la même parcelle.

Le désherbage

Quand tout est fini, il ne faut pas prendre le risque de voir le potentiel de la luzerne atteint par le développement des adventices, notamment en semis d’automne où une plante comme le mouron (stellaire) peut pousser tout l’hiver et créer des plages sans luzerne, sans oublier les rumex et autres pissenlits…

Il existe un créneau de trois semaines pour désherber les dicots dans une jeune luzerne, entre trois feuilles vraies (trifoliées) et six feuilles vraies. Ceci est d’autant plus important en semis d’automne qu’il est plus difficile de faire une fauche de nettoyage contrairement au printemps.

Les produits utilisables sur luzerne pure sont les suivants :

• Basagran SG ou Adagio SG 0,8 kg,

• Embutone RL 7 l, Butirex 5 l,

• Asulox 1 à 1,5 l.

L’association de Basagran / Adagio à demi-dose avec une hormone élargit le spectre du désherbage et est plus souple vis-à-vis des conditions climatiques.

Asulox n’est pas autorisé sur luzerne + dactyle.

Pour une bonne efficacité : pas de traitement dans les jours qui précèdent un coup de gel, des températures supérieures à 8 °C après le traitement. 200 l maxi de bouillie par ha, 4 heures sans pluie après le traitement. Désherber à l’implantation, c’est assurer une bonne mise en place de la jeune luzerne, et quelques euros de dépense à amortir sur 4 ans…

Pour passer l’hiver

Un couvert de 8 - 10 cm de haut à l’entrée de l’hiver est idéal.

Si la luzerne a poussé longtemps (comme l’automne dernier), ne rien faire, attendre que le gel fasse tomber les feuilles, les tiges passeront l’hiver en se desséchant, aucun problème de parasitisme n’est à craindre, sauf peut-être des dégâts de campagnols sous la neige.


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