La découverte en Grande-Bretagne d’un cas de fièvre aphteuse conduit les autorités européennes et françaises à prendre des mesures draconiennes pour éviter toute propagation de la maladie.
Marc-Henri Cassagne, directeur de la FNGDS a rencontré lundi 6 août la direction générale de l’alimentation au ministère de l’Agriculture. « En ce qui concerne la situation en Grande-Bretagne, il n'y a pas de nouvelles suspicions. L'hypothèse la plus forte de la contamination est celle d'une fuite de laboratoire (en proximité du cheptel atteint, se trouvent le laboratoire mondial de référence de la fièvre aphteuse et un site de production de vaccin de la société Mérial) : le cas confirmé pourrait être le cas index. Pour la France, le recensement des animaux d'origine britannique a été réalisé ; toutefois des investigations complémentaires sont conduites, notamment sur les centres de rassemblement par où les lots ou les animaux auraient pu transiter. La FNGDS a souligné combien ce point justifiait un renforcement de la traçabilité des mouvements chez les opérateurs ».
Des arrêtés préfectoraux de mise sous surveillance ont été pris pour les élevages ayant introduit des lots ou des animaux en provenance de Grande-Bretagne dans les dix jours précédant la confirmation du foyer anglais. Des visites vétérinaires sont en cours de réalisation.
La prudence reste de rigueur
« Globalement, poursuit Marc-Henri Cassagne, même si naturellement la plus forte prudence reste de rigueur, il est possible d'avoir une estimation favorable de la situation. Ceci devrait conduire la DGAL à publier prochainement une note de service introduisant des dérogations aux restrictions de mouvements pour les jeunes animaux (veaux, porcelets, agneaux) qui ne pourraient attendre, sur la base de décision au cas par cas des DSV ».
Une réunion des chefs de services vétérinaires de l'Union européenne s’est tenue mardi 7 août. « Des informations complémentaires sur la situation et sur les mesures de traçabilité et de sécurisation mises en œuvre par les différents Etats membres pourraient permettre un nouvel assouplissement du dispositif français », conclut le directeur de la FNGDS, qui suit avec l’attention que l’on imagine, l’évolution de la situation.
Les principales mesuresUne note de service émanant du sous-directeur de la santé et de la protection animales précise les mesures et les restrictions. Les mesures pouvant évoluer au quotidien, nous invitons les propriétaires d’animaux à contacter leurs DSV pour les cas particuliers.
Les mouvements et rassemblements nationaux d’animaux vivants :
Les animaux qui auraient été rassemblés avant le 4 août 2007 doivent, pour les animaux d’abattage, être envoyés à leur abattoir de destination prévu. Pour les animaux d’élevage, être consignés sur place. En cas d’impossibilité avérée liée à des contraintes de bien-être animal, ces animaux peuvent rejoindre un élevage sous couvert d’un laissez-passer sanitaire, et doivent faire l’objet d’un isolement à destination pendant 10 jours.
Les autres rassemblements, expositions, manifestations, comices, corridas, courses landaises… sont et restent interdits.
Transferts de camion à camion :
La collecte d’animaux de boucherie de ferme à ferme reste autorisée. De la même façon, les transferts d’animaux de boucherie d’un camion de ferme vers un plus gros camion à destination de l’abattoir restent autorisés. Dans les deux cas, les camions doivent être nettoyés et désinfectés après déchargement des animaux.
Mouvements de veaux, porcelets, agneaux et chevreaux à destination d’autres élevages :
Le principe général reste celui de l’interdiction. Cependant, pour des raisons de bien-être animal ou/et de dépréciation économique très forte, peut être autorisé le transfert direct de ces animaux vers un autre élevage, sous couvert d’un laissez-passer. Dans l’absolu, des dérogations ne doivent être accordées par les DSV qu’en cas d’impérieuse nécessité et pour des situations qui ne peuvent attendre 8 jours. Il appartient donc à l’administration d’étudier au cas par cas les demandes qui seraient formulées.
Les échanges intra-communautaires d’animaux vivants :
Les mouvements d’animaux d’abattage en provenance d’un autre Etat membre sont autorisés sous réserve d’un transport direct sans passage par un centre de rassemblement en France. Les mouvements d’animaux d’élevage en provenance d’un autre Etat membre sont autorisés, sans passage par un centre de rassemblement en France, par dérogations des DSV qui s’assureront toutefois que ces animaux ne proviennent pas de Grande-Bretagne.
Les mouvements d’animaux d’abattage, d’élevage et d’engraissement à destination d’un autre Etat membre sont autorisés (sauf exigences particulières de celui-ci) sous réserve d’un transport direct sans passage par un centre de rassemblement.
Les transits d’animaux d’abattage, d’élevage et d’engraissement sur le territoire national sont autorisés sous réserve qu’en cas de passage par un point d’arrêt, le point d’arrêt soit nettoyé et désinfecté après le départ des animaux et d’éviter dans la mesure du possible la cohabitation de lots différents.
Les exportations et importations d’animaux vivants :
Les mouvements d’animaux d’abattage en provenance d’un pays tiers sont autorisés sous réserve d’un transport direct sans passage par un centre de rassemblement en France.
Les mouvements d’animaux d’élevage en provenance d’un pays tiers sont autorisés, sans passage par un centre de rassemblement en France, par dérogations des DSV.
Les mouvements d’animaux d’abattage, d’élevage et d’engraissement à destination d’un pays tiers sont autorisés (sauf exigences particulières de celui-ci) sous réserve d’un transport direct sans passage par un centre de rassemblement (excepté les ports d’embarquement de Sète et de Marseille). Les animaux rassemblés avant le 4 août en centre de quarantaine, peuvent être exportés à l’issue de la quarantaine. En revanche les nouvelles mises en quarantaine sont suspendues.
Les transits d’animaux d’abattage, d’élevage et d’engraissement sur le territoire national en provenance ou à destination d’un pays tiers sont autorisés sous réserve qu’en cas de passage par un point d’arrêt, le point d’arrêt soit nettoyé et désinfecté après le départ des animaux et d’éviter dans la mesure du possible la cohabitation de lots différents.
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