Le Jura Agricole et Rural
Les nouveaux défis des énergies vertes
Bilan énergétique, concurrence alimentaire, fiscalité, alimentation animale
Apasec
Publié le:  24 août 2007
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Devant l’Association des journalistes agricoles réunis en congrès à Nantes, Xavier Beulin a apporté un certain nombre de réponses aux questions soulevées par les énergies vertes et le biodiesel en particulier.

Deux nouvelles usines de diester à Montoir près de Saint-Nazaire en Loire Atlantique, ainsi que Le Mériot dans l’Aube devraient être opérationnelles, dès cette année, a indiqué Xavier Beulin, le président de Sofiprotéol à l’assemblée générale des journalistes agricoles (Afja), le 29 juin à Nantes. Ce qui permettra de faire passer de 5 % à 7 % le taux d’incorporation de biodiesel dans le gasoil, de façon banalisée dès l’an prochain. Plus précisément à Montoir, l’investissement porte sur 45 millions d’euros. Il permettra de transformer 500 000 tonnes de graines, ce qui représente la mobilisation de 150 000 hectares. Sans oublier une offre additionnelle de tourteaux de 250 000 à 300 000 t qui contribue à la réduction de notre déficit en protéines. Devant l’Afja, Xavier Beulin, le président de la Fédération des oléoprotéagineux et de Sofiproteol a procédé à un tour d’horizon des défis qui attendent la filière dans les années qui viennent. D’abord le défi environnemental et la lutte contre les gaz à effet de serre. Le rôle des biocarburants n’est guère contesté. Une tonne de diester consommée permet d’économiser 2,5 tonnes d’équivalent CO2. La carburation du biodiesel dans les moteurs ne fait que restituer dans l’atmosphère le CO2 capté par la plante pendant sa croissance.

Au final, le bilan est globalement neutre. Ce qui n’est pas le cas des énergies fossiles qui restituent dans l’air du carbone accumulé dans le sol, il y a des centaines de milliers d’années. Ce n’est pas le cas du bilan énergétique des biocarburants qui est souvent critiqué par les écologistes. Pour Xavier Beulin, ce bilan est déjà nettement positif. Il suffit d’une tonne d’équivalent pétrole pour produire trois tonnes d’équivalent pétrole en diester. Et d’ajouter qu’« il y a des marges de progrès », que ce rapport devrait être nettement amélioré, passer de 1 à 5 par l’installation d’un système de cogénération dans la fabrication du diester ainsi que par le remplacement du méthanol d’origine pétrolière par de l’éthanol dans le processus d’estérification.

Un bonus

En amont également, la filière diester réfléchit aussi à l’améliorer en jouant sur la fertilisation et sur le transport gros consommateurs de fuel. « Nous réfléchissons à l’établissement d’une charte pour améliorer le bilan énergétique dans le cadre de la contractualisation avec les agriculteurs avec une carotte à la clef » annonce Xavier Beulin. Autrement dit un bonus sur les prix serait accordé aux producteurs qui s’engageraient dans des pratiques respectueuses de l’environnement. Sur le plan fiscal, le reproche d’un dispositif coûteux pour les finances publiques ne tient pas non plus, estime le président de Sofiproteol. « Avec le différentiel actuel de 0,25 e/litre, l’équilibre des recettes est atteint, l’État retrouve ses billes avec des rentrées fiscales et sociales » tout au long de la filière. Sans parler des emplois créés ou maintenus, soit 30 000 à 35 000 emplois à l’horizon 2010. Reste le débat sur la concurrence avec l’alimentation humaine qui refait surface aujourd’hui. A court terme en France et eu égard aux objectifs fixés, (7 % de biocarburants en 2010) le problème ne se pose pas grâce à la mobilisation de la jachère. Jusqu’à présent l’expansion de la culture a été réalisée essentiellement sur ces surfaces gelées, et dans une moindre mesure au détriment des protéagineux et du tournesol, souligne Xavier Beulin.

Mais il ne cache pas qu’à plus long terme, « il faudra faire appel à une deuxième génération, voire une troisième génération de biocarburants à partir de la plante entière, si on veut dépasser les objectifs ». Quant à l’augmentation du prix des céréales et des tourteaux nécessaires à l’alimentation animale que les éleveurs subissent aujourd’hui, Jacques Lemaître, président de l’Institut du porc (Ifip) rappelle qu’elle pose de réelles difficultés aux éleveurs. « Le coût alimentaire est de 150 e/t il y a six mois, à 200 e/t aujourd’hui. Il va continuer à augmenter, il faut une répercussion ».

D’où la nécessité de convaincre les grandes surfaces de répercuter cette hausse des coûts de production sur le consommateur.


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