La hausse continue des prix du lait dans l’Union, qui crée de vives tensions au sein de la filière européenne, rend plus que jamais nécessaire une réflexion en profondeur sur l’avenir du régime laitier. Dans l’immédiat, la Commission européenne, comme prévu par la réforme de la Pac de 2004, souligne que certains Etats ont la possibilité d’accroître quelque peu leurs livraisons.
Qualifiant « d’injustifiée » la hausse des prix laitiers en Allemagne au vu de la situation générale de l’approvisionnement, Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’Agriculture, a indiqué le 2 août : « Nous réagissons avec les moyens dont nous disposons ». Aux termes de la réforme de la Pac de 2004, a-t-elle précisé, des augmentations de quotas de 0,5 % par an peuvent intervenir dans différents Etats membres durant la période 2006-2008 pouvant résulter en une augmentation de quelque 1,5 million de tonnes à la fin de cette période. En France, le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, n’a pas exclu de recourir à cette possibilité si les tensions devaient persister.
Pour le long terme, rappelant que le régime des quotas laitiers viendra à expiration à la fin 2015, Mariann Fischer Boel a souligné qu’elle lancerait d’ici la fin de l’année, dans le cadre du bilan de santé de la Pac, un débat en vue de faire un certain nombre de propositions au cours du premier trimestre 2008. A cette occasion, a-t-elle ajouté, « nous examinerons si des mesures transitoires sont nécessaires pour permettre un atterrissage en douceur du régime des quotas après 2015 ». Ces mesures transitoires pourront être une augmentation des quotas, une baisse du superprélèvement mais d’autres mesures sont envisageables. De plus, afin d’alimenter le débat, la commissaire a indiqué que ses services préparent un rapport sur la situation du marché laitier qui devrait être prêt d’ici à la fin de l’année.
Augmentation de 50 % des prix du beurre en Allemagne
Le lait en Allemagne, dont le prix est sujet à polémique, est payé depuis début août 4 à 8 centimes de plus le litre aux producteurs, ce qui coûtera 2 à 4 euros aux consommateurs. « Les producteurs ont droit à quelques centimes de plus pour leur lait mais je ne vois aucune raison de faire flamber les prix à la consommation comme le fait la grande distribution », a déploré le ministre allemand de l’Agriculture Horst Seehofer. Le prix de la plaquette de beurre a ainsi grimpé de 50 %. De son côté, la fédération des agriculteurs allemands (DBV) a appelé à « ne pas céder à la panique » et a relativisé les hausses de prix annoncées, rappelant que le prix du beurre rejoignait son niveau d’il y a vingt-cinq ans.
« Les hausses de prix sont une condition pour une amélioration de la rétribution des éleveurs. Les revenus des paysans doivent augmenter, pour récompenser à leur juste valeur la grande qualité de la production laitière », selon la DBV.
La demande croissante des pays asiatiques, surtout en Inde et en Chine, et la sécheresse en Australie sont les faits les plus fréquemment évoqués pour expliquer cette hausse.
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