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Un plan de lutte départemental est mis en place contre l’ambroisie, plante allergisante dont les pollens affectent une part importante de la population.
L’ambroisie à feuille d’armoise est une plante annuelle de la famille des Astéracées, comme le tournesol. Cette plante originaire d’Amérique du Nord est arrivée en France, dans l’Allier, dans les années 1860 avec des semences de trèfle. Par la suite son développement s’est amplifié sur toute la région Rhône Alpes. Les principaux vecteurs d’expansion sont les moissonneuses-batteuses, le matériel de travaux publics, les gravats et le réseau hydrographique. Aujourd’hui, l’ambroisie commence à se répandre en Franche-Comté, et plus particulièrement dans le Jura. Cette adventice gênante dans les cultures de printemps a en plus l’inconvénient d’émettre des pollens très allergisants qui touchent une part importante de la population (6 à 12%), ce qui en fait un problème de santé publique. C’est pour ces raisons qu’un plan de lutte départemental contre l’ambroisie est mis en place par l’Etat, le Conseil général du Jura et le Conservatoire botanique de Franche-Comté.
Toute personne rencontrant de l’ambroisie se doit de prévenir et d’agir selon la méthode explicitée plus loin dans cet article. Voici la description de cette plante par le Conservatoire botanique de Franche Comté : « L’ambroisie est une plante dressée de 20 à 120 centimètres adoptant un port de buisson lorsqu’elle dispose de place. Les feuilles, légèrement poilues, à contour ovale-triangulaire, sont profondément divisées jusqu’à la nervure en lobes dentés (polymorphisme possible voir photo ci-dessus). Elles sont opposées à la base des tiges et deviennent alternes, plus étroites, moins découpées et sessiles vers le sommet. Avec l’âge, la tige velue se ramifie à la base et devient souvent rougeâtre. Son inflorescence est constituée de nombreux capitules de petites fleurs unisexuées verdâtres, entourées d’un involucre à bractées soudées. Ces capitules sont disposés en épis terminaux dressés au sommet de la plante. Les capitules supérieurs regroupent entre 20 et 50 fleurs mâles. Les capitules inférieurs, moins nombreux, insérés à l’aisselle des feuilles supérieures, sont constitués d’une ou deux fleurs femelles sans pétale. Les fruits sont des akènes (fruits secs et indéhiscents à une seule graine) ovoïdes, lisses, longs de 3,5 millimètres environ, munis de 5 à 6 épines vers leur sommet. »
Cette plante opportuniste s’installe sur les espaces ouverts, par contre elle est très peu concurrentielle en présence d’autres plantes.
Il est possible de consulter le site du Conservatoire Botanique de Franche Comté (http://conservatoire-botanique-fc.org/ambroisie) qui présente des clichés pouvant aider à la reconnaissance de cette plante.
Informer
Il faut informer le Conservatoire de la présence de l’ambroisie, en remplissant le formulaire en ligne, disponible à la même adresse Internet (http://conservatoire-botanique-fc.org/ambroisie), ou en écrivant au Conservatoire Botanique de Franche-Comté, Porte Rivotte- 25000 Besançon
Lutter
L’identification est le point de départ de la lutte. Ensuite, il faut la détruire. Si la station est de petite taille, il faut procéder à l’arrachage de la plante, la mettre dans des sacs poubelles et l’emmener à l’incinération. Se protéger avec des gants et, au moment de la floraison, avec un masque pour éviter les allergies dues au pollen. En cas d’infestation plus importante dans les parcelles, l’interculture est une période privilégiée pour contrecarrer son expansion. En effet, une fois la moisson passée, les ambroisies contenues sous les cultures explosent abondamment puisqu’elles ne sont plus concurrencées. Le déchaumage ou la fauche permettent de détruire les plantes avant floraison (août — septembre) et de gérer le stock semencier. Pour une bonne efficacité, il faut effectuer un déchaumage superficiel à environ 5 cm afin de mettre les graines en position optimale de levée. Après une telle pratique, une seconde intervention, mécanique ou chimique, sera nécessaire, car l’ambroisie a la faculté de produire des graines même après une levée tardive. Un point important de la lutte est d’empêcher la production de semences, afin d’espérer, sur le long terme, épuiser le stock semencier de graines (durée de vie de 10 à 40 ans dans le sol).
Il est donc indispensable d’intervenir avant la fructification, c’est-à-dire durant la première quinzaine de septembre. Il a été observé qu’une intervention plus précoce même répétée n’empêchait pas la plante de repartir et de produire des graines rapidement. En revanche, au-delà de cette période, la plante repart mais n’a pas le temps de refaire un cycle de fleurs et de fruits. La limite de cette intervention unique est qu’elle n’empêche pas l’émission de pollen et d’éventuelles allergies. Si on veut éviter ces désagréments, il faudra faire deux passages mécaniques : avant la floraison et avant la fructification. Le risque étant que lors du second passage, les ambroisies soient difficiles à couper puisque ayant subi une première intervention, elles sont souvent petites et tapissantes mais tout de même porteuses de graines. Les traitements chimiques à base de glyphosate sont efficaces pour détruire cette espèce. Mais ils ne sont pas forcément recommandés d’un point de vue écologique, d’autant plus que des individus vigoureux et bien développés sèchent dans leur partie supérieure et peuvent repartir de la base en formant des rameaux florifères capables de produire des graines rapidement et tardivement. Les traitements en culture sont possibles sur maïs avec des produits comme Mikado, Callisto, Eclat. En ce qui concerne le tournesol des spécialités comme Nikeyl et Racer ME donnent de bons résultats. Une information plus précise sera donnée au printemps 2008 afin de définir plus précisément les programmes de désherbage à mettre en place.
Avec le concours de tous à ce plan de lutte, l’expansion de l’ambroisie peut être enrayée. L’essentiel étant une intervention au bon moment et régulière dans le temps : première quinzaine de septembre avec un optimal du 10 au 15.
Florian Bailly-Maître - Chambre d’Agriculture du Jura
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