Choisir ses variétés de blé à implanter pour la campagne suivante reste un exercice difficile, tant les critères de choix peuvent être multiples et expliquer des orientations différentes selon les exploitations. Dans nos régions de Bourgogne et de Franche-Comté, quelles variétés choisir pour la campagne à venir ? Tour d’horizon de quelques variétés de références et des nouveautés par Arvalis – Institut du végétal.
En premier lieu, il faut s’assurer que la variété choisie trouvera un débouché. De ce fait, il ne faut pas négliger les caractéristiques qualitatives d’une variété. D’autre part, afin de répartir les risques climatiques sur une exploitation, il est conseillé de ne jamais cultiver une seule variété. Trois à quatre variétés au minimum seront choisies selon trois critères : le potentiel, la qualité et la rusticité. Le potentiel doit être évalué sur plusieurs années. En effet, les années se suivent mais ne se ressemblent pas. Enfin, au-delà du rendement, le coût de la protection contre les maladies et la verse à engager pour cultiver la variété sont des facteurs essentiels à prendre en compte.
Des variétés 2007 à suivre
PREMIO affiche un très bon potentiel de rendement cette année, confirmant ainsi ce qui avait été vu à l’inscription. Avec un bon comportement vis-à-vis de la verse et des maladies du feuillage, sa note de 5 à la fusariose des épis semble également intéressante. Son PS est correct. Ses teneurs en protéines et son comportement en panification semblent plutôt bons, à confirmer. D’une productivité proche de celle de PREMIO, ALDRIC a toutefois montré plus d’irrégularité entre lieux cette année. Résistante à la mosaïque, elle est moyennement sensible aux maladies du feuillage mais sensible à la verse. Repérée par la meunerie, ses teneurs en protéines et son PS sont corrects.
ALTIGO a un potentiel de rendement légèrement inférieur aux deux précédentes, mais elle s’en sort mieux dans les essais en sols moyens et superficiels. C’est donc dans les petites terres à cailloux qu’elle pourrait le mieux trouver sa place, d’autant plus que c’est une variété à gros grains. D’un PS correct et résistante à la mosaïque, elle est peu sensible à la verse et est moyennement sensible aux maladies du feuillage. Malgré des teneurs en protéines correctes, son comportement en panification a toutefois semblé assez moyen, à confirmer.
Du côté des variétés récentes
APACHE est considérée comme la bonne surprise de l’année. Il est effectivement fort probable que le régime climatique de 2007 lui ait convenu : le sec du mois d’avril a freiné un tallage en tendance souvent trop exubérant. Toutefois, en rendement pluriannuel, elle est maintenant génétiquement dépassée par les nouvelles variétés. Restent son bon PS, l’absence de défauts agronomiques majeurs, ses bonnes teneurs en protéines. Enfin, c’est toujours la variété qui a le meilleur comportement vis-à-vis de la fusariose des épis, de telle sorte qu’elle est la variété à recommander en précédent maïs.
A l’inverse, SANKARA est la grosse déception de l’année dans de nombreuses situations. Une partie de ce mauvais résultat s’explique par une protection insuffisante à la rouille brune sur cette variété très sensible, en cette année 2007 à pression rouille brune comme rarement observée dans notre région. De plus, il est probable que les conditions climatiques de 2007 aient été défavorables à cette variété tardive qui a eu une durée de montaison plus courte que les autres variétés. Classiquement plus tardive que les autres variétés à épi 1 cm, les dates d’épiaison ont été regroupées car provoquées par la sécheresse et la chaleur du mois d’avril. Une durée de montaison courte à des conséquences en terme d’établissement du nombre d’épis/m2 et du nombre de grains/épis. De son côté, MENDEL, ainsi d’ailleurs que CAPHORN, réalise une année bien moyenne. Il n’en reste pas moins qu’en pluriannuel, MENDEL reste une variété de compromis entre un bon comportement vis-à-vis de la septoriose, résistante à la verse et une bonne qualité boulangère. Toutefois, son PS reste modeste.
Il est maintenant acquis que la variété CAPHORN est plutôt à réserver aux bonnes terres. En effet, elle talle peu et est vite pénalisée en terme de nombre d’épis/m2 dans les sols séchants. Ses caractéristiques boulangères restant moyennes, elle est limitée dans les mélanges boulangers, et doit trouver des partenaires tels que MENDEL.
Après deux années de test, RICHEPAIN, variété précoce à gros grains, apparaît comme une variété pouvant être essayée en petites terres où elle affiche de meilleurs résultats depuis 2 ans. Elle est moyennement sensible à la verse, et aux maladies et a un PS légèrement supérieur à celui de CAPHORN. Ses teneurs en protéines sont moyennes, sans plus.
MERCATO réalise cette année encore de bons résultats. De plus, avec un PS et des teneurs en protéines corrects, elle est assez peu sensible à la verse et aux maladies du feuillage. Elle semble en outre avoir un bon comportement vis-à-vis de la fusariose des épis.
Enfin, bien d’autres variétés peuvent rentrer dans l’assolement, car adaptées à des contextes particuliers, ou à la faveur de contrats spécifiques correspondant à des marchés de niche bien identifiés.
Nathalie Bigonneau – Luc Pelcé
Arvalis – Institut du végétal Bourgogne – Franche-Comté
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