Le Jura Agricole et Rural
Vers de nouvelles solutions de désherbage en colza…
Désherbage alternatif du colza
Cétiom
Publié le:  30 août 2007
Page 8 

Herse étrille 12 m sur colza à Aignay-le-Duc (21) : les passages précoces à l’automne sont les plus efficaces

Dans le cadre d’un partenariat Bourgogne – Franche-Comté, les Chambres d’agriculture, les instituts techniques, la FRCuma Bourgogne, les lycées agricoles, les SRPV, les FREDON et l’INRA travaillent conjointement à la recherche de solutions de désherbage mécanique et mixte.

Engagé à l’automne 2006, le programme interrégional « Désherbage alternatif des cultures et systèmes de culture » a pour objectif de tester la faisabilité de mise en œuvre de techniques de désherbage mécanique et mixte – au niveau agronomique, environnemental et économique. Le dispositif expérimental vise à faire des comparaisons en bandes représentatives de parcelles agricoles d’un hectare pour tester différentes modalités de désherbage : Modalité de désherbage chimique (référence), modalité de désherbage mécanique et, le cas échéant, modalité de désherbage mixte, associant mécanique et chimique Pour la campagne 2006-2007, un réseau de 19 parcelles sont testées pour les cultures suivantes : colza, blé, maïs, orge de printemps, tournesol, triticale. Ce réseau de parcelles a pour objectif d’évaluer l’efficacité des techniques de désherbage mécanique et mixte sur les mauvaises herbes, la sélectivité sur les cultures et le coût d’utilisation, au niveau annuel et également en pluriannuel à l’échelle du système de culture.

Colza : premiers résultats…

Les résultats présentés ci-dessous sont issus de 7 sites d’expérimentation : Aignay-le-Duc (21), Fenay (21), Asnières en Montagne (21), Demigny (71), Lycée de Vesoul (70), Hugier (70), Dollot (89). Les outils testés dans les modalités de désherbage mécanique et mixte sont : la herse étrille, la houe rotative, la bineuse.

Seul le site expérimental du lycée de Vesoul (70) comprenait les 3 types d’outils de désherbage mécanique. Ses résultats (présentés ci-dessous) seront complétés dans le texte par ceux des autres sites.

Efficacité et sélectivité des différents outils

Le niveau de salissement initial de la parcelle de limons sablo-argileux était globalement faible à l’automne (principalement chénopodes, repousses de céréales, liserons, renoncules, vulpins, euphorbes…), dû en partie aux déchaumages, qui ont permis de réaliser des faux semis, et au désherbage chimique de l’interculture. La houe rotative passée au stade cotylédons du colza présente une efficacité similaire au désherbage chimique. Pour obtenir une telle efficacité, il convient d’intervenir sur des adventices jeunes ; cette efficacité est améliorée lorsque l’outil pénètre bien le sol (pas trop sec) et à une vitesse d’avancement supérieure à 12 km/h. A ce stade du colza, la sélectivité de l’outil est dépendante des conditions d’intervention. Des pertes pouvant aller jusqu’à 10 % sont fréquemment observées. Ce niveau de perte n’est habituellement pas préjudiciable pour le colza qui tolère des peuplements faibles. L’expérience montre que la houe est sélective du colza, même aux tous premiers stades « plantules ». Son efficacité dépend surtout du stade de l’adventice, si bien qu’on préconise d’intervenir précocement juste après le semis (entre la pré-levée et 2 à 4 feuilles du colza) en 2 à 3 passages, dits « à l’aveugle ».

La herse étrille est efficace pour maîtriser les mauvaises herbes présentes dans les parcelles de colza (entre 76 % et 92 % suivant les situations). Les passages précoces à l’automne sont les plus efficaces, en particulier en raison des conditions climatiques plus favorables. En conditions de passage humide, les risques de « repiquage » des mauvaises herbes (comme les vulpins) ne sont pas à négliger. Attention : en situation avec des résidus de paille importants, le risque de bourrage des dents existe. La sélectivité de la herse étrille vis-à-vis du colza peut entraîner des pertes de 6 à 17 %. Cette perte de pieds n’entraîne pas forcément de diminution de rendement, en raison du pouvoir de compensation des colzas lorsqu’ils sont bien implantés.

Sur le site d’Aignay-le-Duc (21), la pratique du roulage en post-semis avant passage de herse étrille a montré une amélioration de la sélectivité, avec un colza mieux implanté, mais une agressivité plus faible des dents diminuant ainsi l’efficacité du désherbage mécanique. En effet, dans les conditions d’expérimentation, le roulage a rendu le sol « résistant » à la pénétration des dents de la herse, pénalisant l’effet « désherbage » du passage. Le roulage du rang seul avec un semoir équipé semble la bonne alternative.

Un semis à grand écartement (45-50 cm d’inter rang) améliore la sélectivité vis-à-vis de la culture (dont la densité sur le rang est augmentée) et l’efficacité du désherbage en autorisant un réglage plus agressif (augmentation de la pénétration des dents dans le sol), sans pénaliser le colza.

Différents types de bineuses existent avec des systèmes de guidage performants. L’efficacité d’un passage de bineuse sur les mauvaises herbes est bonne (comparable à la modalité « herse étrille » sur le site de Vesoul). Sur le site d’Asnières-en-Montagne (21), le binage seul ou associé à des solutions chimiques montre une meilleure efficacité sur les géraniums à feuilles rondes que sur les géraniums à feuilles disséquées ; pour la lampsane, la modalité mixte montre des résultats identiques à la modalité de référence. Le binage tardif ne présente – à confirmer dans d’autres situations - pas de gain d’efficacité sur les adventices et n’améliore pas la sélectivité du colza par rapport à un passage précoce (meilleur positionnement en raison d’un plus grand nombre de jours agronomiquement praticables). Le binage présente également d’autres intérêts : aération du sol, possibilité de rattrapage au printemps.

Ces premiers résultats seront complétés pour les autres cultures dès l’automne et consolidés à la prochaine campagne. Avec le suivi pluriannuel des différentes modalités à l’échelle du système de culture (sur les mêmes parcelles du réseau), l’évolution du salissement des parcelles par rapport à l’état initial sera estimée au cours de la campagne 2007-2008.

Pour utiliser les outils de désherbage mécanique, il apparaît nécessaire de :

- réaliser des faux semis (à différentes profondeurs de travail) en interculture,

- tenir compte des conditions d’intervention,

- adapter l’outil utilisé à la flore présente (espèce et stade)

- gérer la flore adventice à l’échelle de la rotation.

Pour cette dernière recommandation, vous pouvez vous appuyer sur le document « Lutte agronomique contre les mauvaises herbes à l’échelle de la rotation », élaboré par les Chambres d’agriculture de Bourgogne et transmis sur simple demande.

Groupe interrégional Bourgogne – Franche-Comté

Chambres d’Agriculture, Cetiom, Arvalis, ITB, FRCuma, DRAF-SRPV, Fredon, INRA

Lycées agricoles de Dijon-Quétigny, Fontaines, Vesoul

Action réalisée avec le soutien financier des Agences de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse, Seine-Normandie, Loire-Bretagne, du Conseil régional de Bourgogne et du CASDAR.


Newsletter GRATUITE
Sondage

Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?

  • Oui
  • Non
  • Ne sais pas

  • (C) Le Jura agricole et rural
    Partagez vos idées, écrivez-nous
    Webmaster